Dans cette nouvelle série d’Apple TV, le quotidien d’une mère au bord de l’épuisement bascule peu à peu dans une spirale criminelle. Portée par l’actrice d’Orphan Black, Plaisir maximum garanti séduit par son rythme et son étrangeté, sans tout à fait dépasser le stade de l’agréable divertissement.
Introduction
Avec Plaisir maximum garanti, Apple TV mise sur un drôle d’objet : une série criminelle à la fois grave, absurde, nerveuse et domestique. Avec la sortie du premier épisode programmé ce 20 mai, la plateforme offre cette comédie noire qui, certes, ne révolutionne rien, mais trouve assez de personnalité pour retenir l’attention.
Quand le quotidien devient un piège
Paula a tout d’une mère ordinaire : un divorce encore douloureux, une bataille pour la garde de sa fille, un travail de journaliste sous pression, une promotion en ligne de mire… Loin de la figure de la grande héroïne, le récit se centre sur cette femme au bord de la saturation, encore debout parce qu’elle n’a pas vraiment le luxe de s’effondrer.

Sa dégringolade commence par une relation virtuelle avec Trevor, un camboy dont elle est cliente régulière. Un soir, elle assiste en direct à ce qui ressemble à une agression du garçon. Convaincue, elle se lance dans une enquête qui l’aspire peu à peu dans une affaire mêlant chantage, violence et mensonges en cascade.
C’est dans cette accumulation que Plaisir maximum garanti trouve son rythme. La série fonctionne comme un étau : chaque problème en entraîne un autre. Les voitures, les travaux, les cris d’enfants, les gouttes d’eau, les sonneries : tout participe à créer une sensation d’encombrement mental (et sonore).
Une mise en scène de la suffocation
La mise en scène accompagne agilement cette impression d’asphyxie. Les plans se resserrent sur les visages, les regards, les gestes nerveux. La caméra colle à Paula comme si elle ne lui laissait plus d’espace. La série prend son intrigue au sérieux, mais y colle une ironie noire, circulant partout, et née de ce contraste entre la banalité d’une vie de mère et l’accumulation de crimes sordides.

La série bénéficie surtout de Tatiana Maslany. Révélée dans les années 2010 par Orphan Black, où elle incarnait avec brio une galerie de clones aux identités multiples, l’actrice retrouve ici un rôle qui exige une grande plasticité. Paula est tour à tour drôle, épuisée, coupable, maladroite, courageuse, irrationnelle et lucide. Maslany occupe l’écran sans forcer, capable de faire sentir en un regard l’épaisseur d’une femme qui tente de rester fonctionnelle alors que tout s’écroule autour d’elle.
Des interprétations solides
Face à elle, Jake Johnson constitue l’autre visage connu de la série. Difficile, évidemment, de ne pas penser à Nick Miller, son personnage brouillon, drôle et attachant dans New Girl. Mais ici, le comédien s’éloigne de la désinvolture comique qui a fait une partie de son charme, avec un rôle moins immédiatement séduisant, moins léger et bien plus dramatique. Il s’en sort avec solidité, même si l’on sent que son éclat naturel reste plus vif dans la comédie.

Le reste du casting donne aussi de la tenue à l’ensemble. Jon Michael Hill et Dolly de Leon forment l’équipe policière chargée de démêler cette affaire de plus en plus alambiquée. La seconde, remarquée notamment dans Sans filtre, apporte une présence singulière au personnage de Sofia Gonzalez. Sa policière évite le cliché de la flic américaine cynique ou obtuse ; elle doute, observe, résiste aux évidences trop faciles et donne à l’enquête une densité bienvenue.
Une bonne série, pas une grande surprise
Plaisir maximum garanti a aussi ses limites. L’histoire est plaisante, efficace, mais ne renverse jamais vraiment la table. Le suspense donne envie d’aller au bout, les épisodes de 30 minutes évitent l’essoufflement et la mise en scène garde une vraie tenue, sans pour autant créer ce déplacement qui transforme une bonne série en vraie surprise.
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Sans être indispensable, elle possède donc de solides arguments. Bien menée, parfois très maligne, mais pas inoubliable. En somme : un plaisir réel, mais pas tout à fait maximum.