Couronnée de deux Golden Globes en 2026, la mini-série débarque ce 1er juillet sur TF1. Porté par Sarah Snook et Dakota Fanning, ce thriller psychologique sur fond d’enlèvement d’enfant suscite autant l’enthousiasme que l’agacement des critiques.
Introduction
Le point de départ d’All Her Fault est le cauchemar absolu de tout parent. Marissa Irvine, une gestionnaire de patrimoine fortunée de Chicago, se présente à l’adresse où son fils Milo, 5 ans, devait passer l’après-midi. Mais la femme qui lui ouvre la porte n’est au courant de rien, les SMS échangés émanent d’un numéro non attribué et le bracelet électronique de l’enfant est retrouvé brisé. Le garçon s’est volatilisé.
Adaptée du roman de l’autrice irlandaise Andrea Mara publié en 2021, cette production en huit épisodes écrite par Megan Gallagher et réalisée par Kate Dennis et Minkie Spiro a, dans un premier temps, été diffusée sur la plateforme Peacock en novembre 2025. Proposée en clair sur TF1 dès ce 1er juillet, cette série prometteuse a reçu des retours très variés de la presse internationale.
Pourquoi on aime ?
Pour une grande partie de la critique, le point fort de cette adaptation réside dans sa dimension sociologique et son regard féroce sur la parentalité moderne. Dans les colonnes du Guardian, on crie au chef-d’œuvre, affirmant que ce « thriller terrifiant est un pur régal à regarder ». Le quotidien britannique salue l’équilibre remarquable d’un récit qui, à la manière de White Lotus, interroge l’aisance financière de la classe moyenne américaine et les dérives qu’elle encourage, tout en brossant une riche galerie de suspects au fil d’une intrigue palpitante.

Le Figaro est tout autant séduit par ce qu’il qualifie de « thriller aux accents de peinture sociale qui rend hommage aux femmes ». Le journal souligne que la série dépasse le simple fait divers pour explorer le paradoxe des injonctions contradictoires faites aux mères actives dans notre société, tout en restant très méticuleuse et fidèle à l’enquête du livre. Une analyse partagée par Télérama, qui qualifie l’œuvre de « thriller efficace qui n’a pas peur de flirter avec la misandrie ».

Pour la journaliste, le show s’avère particulièrement mordant lorsqu’il s’attaque à la culpabilisation des mères qui travaillent, tout en dressant un portrait à charge de ces « pères discrètement démissionnaires » qui ignorent tout du quotidien de leur progéniture. Le casting y est d’ailleurs jugé impeccable, de la bouleversante Sarah Snook (pour son grand retour depuis Succession) à Dakota Fanning, sans oublier Jake Lacy, passé maître dans l’art de camper les « têtes à claques ».
Pourquoi on zappe ?
Cependant, tout le monde ne crie pas au miracle devant ce déploiement de secrets de famille. Du côté des Échos, on tempère l’enthousiasme en évoquant « un thriller un brin caricatural mais prenant ». Une tiédeur qui se transforme en franche hostilité chez plusieurs titres américains, à commencer par Variety.

Le magazine spécialisé balaie la série d’un revers de main, la rangeant au rayon des œuvres moyennes du genre « rich mom mystery ». Pour le média, All Her Fault tente de copier la formule de Big Little Lies en mélangeant luxe ostentatoire et critique sociale, mais s’enlise dans un « rythme laborieux » et une intrigue maladroite, sans jamais réussir à apporter la moindre légèreté.
Le couperet le plus sévère vient sans conteste du Time, qui signe une critique assassine. Pour le célèbre hebdomadaire, la production est tout simplement « mal conçue et si mal réalisée, à tous les niveaux ». Le journal fustige une écriture mécanique, un rythme décousu qui cherche visiblement à gagner du temps à coup de fausses pistes inutiles, et une fâcheuse tendance à se montrer si « moralisatrice et maladroite qu’elle en devient ennuyeuse ».

Entre la peinture sociale féministe et le mélodrame policier un peu lourd, le public de TF1 devra désormais choisir son camp. De notre côté, le choix est fait : on va clairement se laisser porter (et happer) par ce thriller psychologique qui nous accompagnera, sans aucun doute, cet été.