Portée par un sujet douloureux et une interprétation très remarquée, la fiction de Léa Fazer avait suscité des critiques globalement favorables lors de sa première diffusion.
Introduction
Une procureure qui tire sur un homme sans expliquer son geste : Sacha fait de cette énigme le point de départ d’un récit sur l’emprise et les violences sexuelles. La mini-série franco-suisse en six épisodes est de nouveau disponible gratuitement sur arte.tv jusqu’au 14 août. Diffusée sur la RTS en novembre 2021, après une présentation au Geneva International Film Festival, la fiction avait ensuite été programmée en France sur Arte en hiver 2022. Réalisée par Léa Fazer (Maestro), elle est librement inspirée du parcours de Nicole Castioni, ancienne magistrate et députée genevoise, également coscénariste.
Pourquoi Anne Dupraz a-t-elle tiré ?
À Genève, Anne Dupraz, procureure incarnée par Sophie Broustal, est placée en garde à vue après avoir abattu le propriétaire d’une pizzeria. Elle reconnaît les faits mais tait leur mobile. Les interrogatoires font peu à peu ressurgir Sacha, la jeune femme qu’elle fut, prise dans une relation d’emprise et la prostitution. Le récit alterne présent judiciaire et flashbacks, tandis qu’une enquête parallèle sur la disparition d’une jeune femme dévoile un réseau criminel.

La série avait-elle convaincu la presse ?
Lors de sa première diffusion, plusieurs critiques avaient insisté sur la puissance émotionnelle de série. TV Magazine évoquait « une œuvre bouleversante ». La RTS parlait, elle, d’une « nouvelle série haletante », portée par « la bouleversante Sophie Broustal » et le « brillant Michel Voïta ». La Croix louait surtout la précision du propos. Le journal relevait aussi une « jolie trouvaille de mise en scène », lorsque l’héroïne dialogue avec les différentes versions d’elle-même.

Le jeu de Sophie Broustal a concentré les éloges. La Croix la juge « remarquable », tandis que Télérama souligne le fait qu’elle offre à son personnage « stature et vulnérabilité ». « L’interprétation est parfaite », abonde TV Magazine.
Les réserves sont plus marquées chez Télérama, qui reproche à Léa Fazer de « dilapide[r] la force du matériau en l’affublant des oripeaux d’une énième enquête policière ». Le magazine regrette que l’inceste ne soit pas davantage placé au centre, avant de reconnaître que la série atteint « une émouvante puissance d’évocation » lorsqu’elle aborde « la violence du silence, l’onde de choc de l’enfance saccagée ».
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