Adaptée d’un fait divers, cette série déplace le regard du crime vers ceux qui lui ont survécu et explore les traces laissées par le drame.
Introduction
Avec Sous ses yeux, Netflix revient sur le meurtre de Rachel Nickell, un fait divers qui a profondément marqué le Royaume-Uni au début des années 1990. La jeune femme a été tuée en 1992 à Wimbledon Common, à Londres, alors qu’elle se promenait avec son fils Alex, âgé de deux ans. Disponible ce 4 juin, cette mini-série britannique en trois épisodes choisit moins de reconstituer le crime que d’en suivre les répercussions, à travers le parcours d’un enfant témoin de l’impensable et d’un père confronté au deuil.
Pourquoi la presse salue-t-elle son approche ?
La série suit André Hanscombe, le compagnon, devenu père célibataire. Son fils Alex est le seul témoin direct de l’attaque. Autour d’eux gravitent la police, la presse et une enquête très médiatisée. Plusieurs critiques soulignent d’abord le refus du spectaculaire. « Le désir […] n’est pas de se concentrer sur la catastrophe, mais sur les ravages causés par la tempête », note Allociné, qui insiste sur l’absence volontaire des « poncifs habituels de la série adaptée d’un fait divers » pour mieux placer le spectateur face au « souvenir du meurtre : invisible, mais toujours présent ».

The Guardian salue de son côté une « perspective nouvelle et bouleversante ». Même constat dans The Telegraph, qui estime que la série « aurait pu être sordide, sensationnaliste et déplaisante », mais « choisit une voie plus sobre et plus poignante ». « Moins The Witness [titre en VO, NDLR] nous en montre, plus le récit devient poignant », poursuit le média britannique.
Que disent les critiques du casting ?
La presse relève la performance de Jordan Bolger, qui incarne André Hanscombe. The Telegraph évoque une « performance exceptionnelle », portée par « une immense vulnérabilité, une grande dignité et une profonde retenue ». Allociné met aussi en avant les « performances bouleversantes des comédiens ». Face à lui, Max Fincham, dans le rôle d’Alex adolescent, est décrit comme « un garçon qui cherche désespérément à ne pas être défini par le meurtre » (The Telegraph).

Que reproche-t-on à la série ?
L’accueil n’est toutefois pas totalement dénué de nuances. The Guardian juge que « Bolger peine parfois à donner de la profondeur à un rôle qui exige de lui une tristesse et un stress permanents ». Le journal relève aussi que le volet policier, notamment l’enquête ultérieure, « semble superficielle », même s’il offre « un étrange répit face au calvaire d’André et d’Alex ».

« Lorsque l’action se déplace de Hanscombe vers l’enquête policière, The Witness s’essouffle un peu », estime également The Telegraph. Le média juge aussi que le scénario « verse parfois dans la simplicité et la facilité », tout en reconnaissant qu’il « aborde ce sujet délicat avec finesse ».