Caroline Hinault transforme une épidémie d’aphasie en réflexion sur l’école et le pouvoir des mots. Ce nouveau roman paraîtra le 19 août.
Introduction
Que reste-t-il lorsque le langage commence à se dérober ? Dans Ce qui se joue, Caroline Hinault fait de cette inquiétude le moteur d’un roman d’anticipation où l’école devient l’épicentre d’un mal aussi étrange que révélateur. Attendu le 19 août aux Éditions du Rouergue, le livre mêle fiction politique, réflexion sur la transmission et exploration littéraire. Le roman figure dans la sélection du Prix du roman Fnac 2026.
Que raconte Ce qui se joue ?
Le roman met en scène l’apparition du Fatum, un virus qui provoque une forme progressive d’aphasie. Les personnes touchées perdent peu à peu la capacité de parler, de comprendre ou de manier les mots. Les enseignants figurent parmi les premières victimes, plaçant immédiatement l’institution scolaire au centre de la crise.
Pour comprendre l’origine de l’épidémie, Reverdy, fonctionnaire rattaché au cabinet de la ministre, est envoyé dans un lycée considéré comme le lieu d’apparition du patient zéro. Il y observe la classe de Monia Boukary, une professeure énergique confrontée à un phénomène qui dépasse rapidement le cadre médical. À mesure que la langue se défait, c’est aussi l’ordre social qui vacille.
Le Fatum agit comme une menace, mais aussi comme une métaphore. La disparition des mots fragilise la pensée, l’identité et les relations humaines. Caroline Hinault ne traite toutefois pas cette question par le seul récit : le roman joue lui-même avec les formes, en passant de la prose à la poésie, du dialogue au théâtre, du grave au burlesque.
Qui est Caroline Hinault ?
Née en 1981 à Saint-Brieuc, Caroline Hinault est agrégée de lettres modernes et enseigne la littérature à Rennes. Elle publie en 2021 Solak, un premier roman noir situé dans une base isolée au nord du cercle polaire. Elle reçoit plusieurs récompenses, dont le prix Michel-Lebrun.
En 2022, In carna, fragments de grossesse explore plus intimement le corps, la maternité et les transformations liées à la grossesse. Deux ans plus tard, Traverser les forêts poursuit son travail sur les frontières, l’effondrement et la reconstruction. Le roman obtient en 2025 le prix littéraire de la Porte Dorée.