Après dix ans de succès en librairie, le félin le plus ingrat de la bande dessinée débarque sur Arte. Une adaptation courte et fidèle, dont la presse salue déjà l’humour noir et l’efficacité.
Introduction
Dix ans après avoir fait de Moustique un petit tyran de librairie, Putain de chat passe à l’écran sans chercher à l’assagir. Disponible depuis le 6 juillet sur arte.tv puis diffusée sur la chaîne à partir du 13 juillet, la série adapte en 30 épisodes très courts la bande dessinée créée par Lapuss’ et Tartuff. Réalisée par Christophe Gautry, elle confie notamment les voix de Moustique et de Stéphane aux humoristes GuiHome et Alex Vizorek.
Pourquoi la BD a-t-elle séduit les lecteurs ?
Stéphane pense avoir adopté un chat, mais ce dernier voit en lui un serviteur chargé de remplir sa gamelle, d’ouvrir les portes et de subir ses caprices. Le matou commente chaque contrariété avec une mauvaise foi souveraine, dans des planches épurées, construites autour d’une chute rapide.
Pour son adaptation, Arte a choisi la fidélité. Le noir et blanc, les décors réduits à l’essentiel et les expressions très lisibles sont conservés. Les épisodes développent des situations familières : une chatière difficile à installer, une litière high-tech refusée par Moustique, un collier à clochette ou des objets poussés au bord d’une table. Leur durée, généralement proche de trois minutes, respecte le rythme des strips et évite d’étirer les intrigues.
Que gagne Putain de chat à l’écran ?
Pour Télérama, le passage à l’animation préserve l’efficacité visuelle de la BD. La série est décrite comme « drôle et expressive », tandis que ses 30 épisodes forment de « courts instantanés » du quotidien de Stéphane et de son chat. La critique insiste surtout sur l’incarnation de Moustique, « un diablotin tout noir et bavard » qui « cause », « raille »,« gouaille » et « râle ». Le doublage et le mouvement semblent ainsi prolonger la personnalité du félin.

Le Nouvel Obs rappelle que les albums sont composés de gags occupant généralement une page, souvent découpée en quatre cases, et rapproche cette brièveté de celle des épisodes. Le journal salue une adaptation située « aux antipodes de l’attendrissement gnangnan », qui conserve donc la cruauté et l’humour noir de la bande dessinée.
Le média résume son appréciation en trois mots : « Drôle, cruel et irrésistible. » Le magazine estime même que la série peut séduire aussi bien les amoureux des chats que ceux qui ne voient en eux que « des pestes ingrates ». Télérama évoque de son côté « les irrésistibles méfaits d’un félin diabolique » et met en avant la « voix malicieuse d’Alex Vizorek ».