Avec son remake de La petite maison dans la prairie, Netflix ravive un imaginaire très en vogue : celui du « cottagecore », entre refuge rural, nostalgie et désir de ralentir.
Introduction
Des champs dorés, une maison en bois, une famille à reconstruire et l’horizon de l’Ouest américain. Ce 9 juillet, Netflix ressuscite La petite maison dans la prairie avec une nouvelle adaptation. La plateforme ne présente pas seulement un remake de la série culte mais une relecture des livres semi-autobiographiques de Laura Ingalls Wilder, publiés à partir des années 1930. Une matière idéale pour le « cottagecore », cette esthétique qui romantise la vie rurale et le retour aux choses simples.
Ce remake, qui suit Laura, Charles, Caroline et Mary Ingalls, est composé de huit épisodes. Déjà renouvelée pour une deuxième saison, l’œuvre conserve la matrice : famille, survie, apprentissage. Mais elle arrive dans une époque qui ne regarde plus la prairie comme un simple décor d’innocence.
Qu’est-ce qu’une série « cottagecore » ?
Né sur les réseaux sociaux, le « cottagecore » est moins un genre cinématographique qu’une ambiance, une grammaire visuelle : longues robes, potagers, pain chaud, fleurs sauvages, animaux… À l’écran, il donne souvent des récits de refuge où l’on quitte la métropole pour une ferme, un village, une petite communauté.

Ces histoires racontent le plus souvent des réparations : refaire famille, surmonter un deuil, reprendre racine, apprendre à habiter un lieu. En bref, le « cottagecore » cherche à transformer la campagne en promesse de consolation.
Quelles séries ont préparé ce retour ?
Netflix a déjà trouvé l’héroïne idéale de cette tendance avec Anne with an E, adaptation d’Anne… la maison aux pignons verts. Lancée en 2017 sur Netflix, la série suivait une orpheline recueillie dans une ferme de l’île du Prince-Édouard. Dans un registre contemporain, Virgin River a pris le relais dès 2019 sur la même plateforme : une infirmière quitte Los Angeles pour une petite ville du nord de la Californie. À l’ombre des magnolias reprend également cet imaginaire dans le Sud américain, autour de trois amies soudées.

Mais le « cottagecore » ne se limite pas à Netflix. À la télévision britannique, Toutes créatures grandes et petites, relancée en 2020 et disponible en France sur M6+, en offre une version presque canonique : un jeune vétérinaire dans le Yorkshire des années 1930, des villages de pierre, des collines, des animaux. Dans La folle aventure des Durrell, diffusée dès 2016 et disponible sur Prime Video, une veuve quitte l’Angleterre avec ses enfants pour reconstruire leur vie sur une île grecque.
On peut aussi citer Downton Abbey, lancée en 2010, plus aristocratique que rustique, mais attachée à la nostalgie des demeures, des saisons et d’un monde réglé par les rituels. Retour à Sullivan’s Crossing reprend, lui, le motif du retour aux racines depuis 2023 sur TF1+ et Netflix, avec une neurochirurgienne contrainte de revenir en Nouvelle-Écosse. Même Nouvelle vie à Ransom Canyon, arrivée l’an dernier sur Netflix, plus proche du western romanesque, travaille cet attrait pour les terres, les héritages et les grands paysages.