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Qui est Adéla, la chanteuse slovaque qui réinvente les codes de la pop ?

21 août 2026

Par Joséphine B.

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©Spotify

Qui a dit que pop et hypersexualité ne pouvaient pas triompher ? Pas Adéla, en tout cas. À 22 ans, la jeune chanteuse originaire de Slovaquie bouscule la sphère pop internationale, de son look provocateur à ses chorégraphies suggestives, en passant par sa détermination sans faille et sa vision ultra-féministe. À l’occasion de la sortie de son premier album, « Prima », ce 4 septembre 2026, zoom sur une artiste qui casse (véritablement) les codes.

Introduction

À l’image de sa chevelure fuschia éclatante, Adéla fait sensation sur la scène pop mondiale. Extrait de Prima, son premier album studio attendu le 4 septembre, Ain’t In LA s’est hissé à la 85e place du Billboard Hot 100 US – une prouesse inédite pour une artiste slovaque.

Mais à seulement 22 ans, la jeune femme ne se contente pas simplement de battre des records. Esthétique léchée, postures lascives, provocation totale : Adéla casse les codes d’une pop sage, au service de l’industrie, pour défendre une approche féministe et innovante. Et cela s’annonce déjà comme un franc succès.

De ballerine à popstar : l’appel des icônes des années 2000

À l’origine, rien ne prédestinait Adéla Jergová – de son vrai nom – à faire carrière dans la musique. C’est par le ballet qu’elle fait ses premiers pas sur scène, un choix de raison plus que de cœur : en Europe de l’Est, c’est la danse classique – et non la musique – qui ouvre une vraie trajectoire. Elle suit alors cette voie, d’abord à Moscou, puis à Vienne et à Londres.

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Mais son imaginaire, lui, se construit bien ailleurs. Fan absolue de Hannah Montana, la série Disney Channel portée par la toute jeune Miley Cyrus, elle se retrouve biberonnée aux figures pop anglo-saxonnes des années 2000, telles que Madonna, Beyoncé ou encore Britney Spears. Tenues extravagantes, performances endiablées, audace franche : leur attitude la fascine, au point d’en faire ses égéries absolues.

En 2023, Adéla tente sa chance dans Dream Academy, une compétition de chant et de danse produite par les labels HYBE et Geffen pour Netflix – qui donnera naissance au girl group KATSEYE. Si elle n’est pas retenue, ce n’est pas par manque de talent, bien au contraire : le jury la voit briller en solo. Un pronostic qui ne surprend pas vraiment, tant son identité singulière s’impose déjà comme une évidence.

Une esthétique de rupture au service de l’innovation

« Mon style est, je crois, audacieux, un peu grunge et pas trop girlie. Je ne porte pas vraiment de robe, ou si j’en porte une, je l’accompagne de grosses bottes. J’aime bien garder un côté un peu étrange et brutal« , confie Adéla au magazine Numéro.

Car oui, derrière ce look soigné et peu conventionnel se lit d’abord tout un univers. Une esthétique de la rupture fièrement revendiquée, façonnée avec son styliste et directeur artistique Chris Horan – qui habille également Charli XCXreine de la pop hors limite.

« Mon style est, je crois, audacieux, un peu grunge et pas trop girlie. Je ne porte pas vraiment de robe, ou si j’en porte une, je l’accompagne de grosses bottes. J’aime bien garder un côté un peu étrange et brutal. » Adéla

Dans le clip de Superscar, paru sur l’EP The Provocateur (2025), elle enfile combinaison en latex, bottes hautes et collants déchirés pour dénoncer un système qui la modèle à sa guise – le vêtement moulant son corps comme l’industrie sculpte son artiste. De son côté, SexOnTheBeat dévoile une Adéla ultra-sensuelle, entre chorégraphies brûlantes et gémissements évocateurs – le tout accompagné, une nouvelle fois, d’un body et de talons hauts, symbole d’une hypersexualité affichée sans détour.

Dans KGB, premier extrait de son album à venir Prima, fourrure, tulle et plumes accompagnent un virage plus affirmé : la ballerine se mue en figure puissante, désormais maîtresse de son corps et de ses choix. Le dernier morceau publié, lui, adopte une dimension plus vaporeuse, presque nostalgique. En hommage à sa ville natale de Bratislava, Ain’t In LA balaie l’idée que le succès n’appartiendrait qu’à Los Angeles, en célébrant celles et ceux qui, comme elle, ont dû se réinventer loin de leur pays d’origine.

D’un titre à l’autre, le vestiaire d’Adéla suit ainsi la courbe de son propos : portée par une électropop rugissante, la chanteuse s’affranchit des diktats pour imposer sa propre vision, à son image et selon ses termes.

Une pop hypersexuelle et féministe assumée

Dans un milieu où les femmes doivent en permanence jongler avec des injonctions contradictoires – jolies sans être trop sexy, séduisantes sans jamais paraître aguicheuses –, l’équilibre s’avère difficile. La jeune Slovaque, elle, en a payé le prix bien avant de diffuser le moindre clip.

Lors de Dream Academy, sa participation très suivie l’a exposée à une vague de haine en ligne, vécue en direct, sous le regard du public. Mais, plutôt que de se retirer par crainte des représailles, Adéla en a fait un moteur, refusant les carcans de perfection qu’elle avait connus jusque-là : « Je voulais être parfaite mais je me sentais un peu coincée par les limites à ce que les gens trouvent beau. J’ai l’impression qu’être un peu bizarre volontairement me donne la liberté de ne pas devoir répondre à certaines attentes », avoue-t-elle à Numéro.

« Je voulais être parfaite mais je me sentais un peu coincée par les limites à ce que les gens trouvent beau. J’ai l’impression qu’être un peu bizarre volontairement me donne la liberté de ne pas devoir répondre à certaines attentes. » Adéla

Une bizarrerie qui s’érige en arme d’affirmation, autant politique que visuelle – irriguant jusqu’à sa musique, où la sexualité devient un geste artistique à part entière. Entre positions suggestives, paroles explicites et scènes quasi érotiques, elle revendique cette hypersexualité comme une reconquête de sa propre image : « La sexualité féminine a été tellement tiraillée entre toutes les directions, principalement parce que, historiquement, les femmes n’étaient pas aux commandes », explique-t-elle.

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À 22 ans, Adéla fait bien plus que de la pop : entre provocation, bizarrerie et hypersexualité, elle réécrit les règles d’un genre encore trop souvent victime de sexisme, pour lui offrir une facette résolument féministe.

Pour celles et ceux qui souhaiteraient plonger au au cœur de son univers, elle foulera la scène du Bataclan le 22 janvier 2027. Vertige garanti.

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Article rédigé par

Rédactrice fnac.com

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