À la question « KATSEYE est-il un groupe de K-pop ? », personne ne semble détenir la réponse. Piloté par le géant sud-coréen HYBE – label de BTS –, le girls band au succès phénoménal, basé à Los Angeles et composé de membres venues des quatre coins du monde, brouille visiblement les pistes. À l’occasion de la sortie de leur troisième EP, « WILD », le 14 août 2026, l’heure est à la mise au point.
Introduction
Avec WILD, attendu le 14 août, les filles de KATSEYE promettent un retour des plus alléchants. Paru le 24 juillet, leur single Animal pose déjà les bases d’un projet ambitieux : meilleur démarrage Spotify de leur carrière, plus de 30 millions de vues sur YouTube, et même une entrée dans le top 10 mondial.
Derrière les chorégraphies synchronisées et l’esthétique léchée, difficile de ne pas y voir de la K-pop – ce genre qui séduit des millions de fans dans le monde entier. Mais en s’y penchant de plus près, rien n’est si simple.
Des codes empruntés à la K-pop…
En 2023, le label américain Geffen Records s’associe à HYBE, agence sud-coréenne qui a notamment propulsé le groupe BTS, pour lancer The Debut : Dream Academy, une émission de télé-réalité diffusée sur YouTube. L’objectif ? Façonner le prochain girls band international, construit sur le modèle des phénomènes K-pop. Le casting, lui, est titanesque : plus de 120 000 candidatures récoltées via des auditions organisées dans quinze villes à travers le monde, de Bangkok à Buenos Aires.
Parmi les vingt finalistes, six candidates sont retenues : Sophia (Philippines), Daniela (Venezuela/Cuba), Yoonchae (Corée du Sud), Lara (Inde), Megan (Chine/Singapour), Manon (Italie/Ghana/Suisse).
Une fois sélectionnées, elles intègrent un système d’entraînement calqué sur celui des plus grandes agences coréennes, entre cours de chant et de danse, ou encore media training – un parcours intensif immortalisé par Netflix dans le docu-série Pop Star Academy: KATSEYE, sorti en août 2024.
Les décors, les tenues, la précision chorégraphique : à première vue, rien ne distingue la formation d’un girls band né à Séoul. Et pourtant.
… Mais un groupe qui façonne son propre univers
À l’issue de Dream Academy, les six finalistes donnent officiellement naissance à KATSEYE (aujourd’hui composé de quatre membres actives ; Manon et Sophia étant en pause pour préserver leur santé mentale) – dont le nom fait directement référence à l’œil-de-chat, une pierre précieuse aux reflets changeants selon l’angle de vue. Fruit du hasard ? Pas vraiment pour cet ensemble multiculturel.
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Contrairement à la quasi-totalité des groupes de K-pop, les filles ne s’installent pas dans la capitale sud-coréenne mais à Los Angeles, où elles s’entraînent sans relâche. Elles chantent d’ailleurs très majoritairement en anglais – un choix loin d’être anodin pour HYBE, qui a répliqué cette même recette pour Santos Bravos (Amérique latine) ou DearALICE (Royaume-Uni).
Dans leur musique, là encore, l’ancrage occidental se fait ressentir : avec SIS (Soft Is Strong), leur premier EP paru en août 2024, KATSEYE pose les bases d’un son résolument pop, loin de l’alternance rap/chant et des refrains taillés pour les chorégraphies. Un an plus tard, Beautiful Chaos, avec son mélange d’influences latines et de touches R’n’B, confirme ce parti pris.
Et la recette fonctionne : au-delà de sa quatrième place au Billboard 200, le disque reste 53 semaines consécutives dans ce classement – un record inégalé pour un groupe féminin depuis les Pussycat Dolls, vingt ans plus tôt.
Ce triomphe, néanmoins, n’empêche pas le doute : et si, derrière cette réussite, KATSEYE n’était en réalité qu’une simple copie K-pop made in USA ?
WILD : une déclaration d’indépendance ?
Sur les réseaux sociaux, certain·es internautes reprochent aux chanteuses de s’approprier les codes de la K-pop sans jamais en reconnaître l’héritage. D’autres, au contraire, y voient un nouveau modèle de l’industrie musicale, sans étiquette figée.
Au milieu de ces interrogations paraît WILD – une sortie qui pourrait bien relancer le débat. Avec ce troisième EP, KATSEYE annonce un virage vers une identité plus affirmée, tournée vers l’introspection et l’affranchissement des attentes extérieures. Un choix artistique qui, loin des formules calibrées prêtées aux formations à succès, s’apparenterait presque à une déclaration d’indépendance.
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Pour l’accompagner, le groupe frappe fort avec KATSEYE: WILD HEARTS, leur premier film événement, en salles le 12 août 2026. Réalisé par Nadia Hallgren, ce projet mêle images inédites, interviews intimes et contenus envoyés par les EYEKONS, leur fanbase. De quoi affirmer davantage leur univers avant même que les premières notes de WILD ne retentissent – et rappeler qu’elles ne se laissent enfermer dans aucune case.
Cette indépendance revendiquée résonne pourtant sur fond de zones d’ombre. Le 7 août dernier, Sophia a annoncé faire une pause pour préserver sa « santé mentale et son bien-être », cinq mois après une décision similaire de Manon. Deux départs qui, dans une industrie réputée pour ses cadences éprouvantes, nourrissent les spéculations des fans quant à la pression exercée par les maisons de disques sur leurs jeunes artistes.
KATSEYE sera en concert à l’Accor Arena de Paris le 9 septembre, dans le cadre de leur tournée « The Wildworld Tour », dont toutes les dates affichent déjà complet.