Trois ans après Reflets, l’artiste est de retour avec un album sincère et optimiste, à découvrir dans les bacs dès le 18 septembre.
Introduction
Grand Corps Malade est un artiste complet. Après son précédent album studio, Reflets, sorti en 2023, Fabien Marsaud de son vrai nom est passé par le cinéma pour réaliser le biopic Monsieur Aznavour (2024). Deux ans après, place au slam et à la musique avec Voir la mer, un disque particulièrement lumineux et doux, qui s’inscrit tout de même dans une thématique récurrente depuis quelques années : évoquer les souvenirs et le temps qui passe pour mieux concevoir le futur, sans oublier d’évoquer des sujets engagés et la société actuelle.
Un album doux et reposant ?
Dès le premier titre de l’album, J’en ai pas encore fini, Grand Corps Malade pose l’ambition de son album et affirme son envie de vie et son besoin de continuer à s’exprimer à travers la musique et l’art. Déjà dans son précédent disque, le chanteur avait un discours à peu près similaire, comme s’il faisait maintenant partie des vétérans du genre, surpris d’être encore sur le devant de la scène après toutes ces années.
Fort de 20 ans d’expérience, Grand Corps Malade poursuit son exploration artistique avec la même verve, la même inventivité et la même authenticité. Le talent n’a pas besoin de permission.
Voir la mer se distingue également grâce à son instrumental. Outre l’interprétation toujours aussi forte et nuancée de Grand Corps Malade, l’album se repose en grande partie sur des mélodies douces. Le piano est souvent présent (les instruments live également, entre guitare et basse) et les différentes rythmiques ne sont jamais agressives (sauf dans Pas de fatalité, le morceau le plus engagé de l’album).
L’ambiance feutrée ressentie à l’écoute rejoint finalement les couleurs apaisantes de la pochette et la direction artistique générale du disque. Voir la mer est un album doux, soyeux, qui participe à la rêverie et à la découverte de ses propres sentiments — en parallèle avec ceux de Grand Corps Malade —, tout en abordant des sujets forts et importants.
Plusieurs genres musicaux
L’artiste évoque la vie dans son ensemble, entre amour, famille, nostalgie, projets et vie récente à Montréal (dans L’hiver ou Voir la mer). Il parle aussi de la société dans son ensemble, de ses évolutions et ses paradoxes (Drôle de lettre). Enfin, Grand Corps Malade traite de la création artistique et fait le bilan de tout ce qu’il a accompli en 20 ans (neuf albums, trois films et deux livres).
Comme toujours, Grand Corps Malade se met à nu. L’interprète, discret dans l’espace médiatique, offre tout dans sa musique. Il se dévoile, exprime son fond intérieur et ses sentiments, entre émotion, humour et sincérité.Voir la mer lui permet également de s’essayer à différents genres musicaux. Le slam habille plusieurs styles, entre pop, funk (Les failles), disco (J’sais pas faire sans toi) et rap. Et comme à son habitude, Grand Corps Malade invite d’autres artistes pour certaines chansons : SDM sur Traces, Mentissa avec le morceau Ça ira, Styleto pour Le prochain rêve et enfin Cœur de Pirate sur L’hiver, faisant de cet opus un disque particulièrement complet et dense.
Le constat est le même depuis 20 ans. Grand Corps Malade est un artiste unique dans le paysage musical français et chaque nouvel album confirme son talent et son importance dans l’industrie. Voir la mer est un disque somme : un point d’étape après deux décennies de création et de vie, enveloppé dans un écrin aussi sensible et doux qu’engagé et fort.