Le huitième album studio de la chanteuse, sorti le 31 juillet 2026, marque un tournant important dans sa carrière.
Introduction
Il ne fait aucun doute qu’Ariana Grande est en pleine transition artistique. Petal, son huitième album studio, paru ce 31 juillet 2026, en est l’un des symboles. En 2026, Ariana Grande s’inscrit dans le sillon post-Wicked et se tourne de plus en plus vers la comédie, que cela soit au cinéma ou sur les planches.
Ainsi, la musique gravite autour des nouvelles envies de l’artiste et son disque, libre et intime, en ressort grandit. Avec Petal, Ariana Grande dit ce qu’elle a sur le cœur, pose un regard acerbe sur l’industrie, laisse derrière elle les histoires d’amour stériles et se renouvelle tant dans la forme que dans le fond.
12 morceaux inédits, le single Hate that i made you love me, aucune collaboration avec d’autres artistes et des textes principalement écrits par Grande elle-même… Petal est un album d’émancipation, mais aussi un album de rage et de colère, sans filtre. La chanteuse n’a jamais semblé aussi directe dans ses mots, que cela soit autour des nombreuses allusions sexuelles — très explicites — ou dans ses invectives.
L’album tourne autour de la notion de fleur. La fleur qui peut encore éclore, qui va libérer son potentiel et ses couleurs, mais aussi la fleur fanée, utilisée et dont les pétales sont jetés sur le pavé tant que le succès est au rendez-vous. Le disque se permet une liberté qu’Ariana Grande n’a peut-être jamais osée. Tournée vers de nouveaux horizons, elle ne manque pas, avec Petal, d’expérimenter. Moins pop acidulée que ses prédécesseurs, plus électronique, avec des touches de funk, de R&B et de midtempo, le disque mêle plusieurs genres artistiques et références musicales.
Ambiance euphorique et… horrifique
Dans le style musical et dans la construction de l’album, Petal posséde une ambiance à la fois euphorique et horrifique. Avec Kiss me (une introduction très réussie), ou Oh well, on retrouve la sonorité laconique d’Eternal Sunshine (2024) et des morceaux qui pourraient ne jamais s’arrêter. Avec Freak ou Like I do, l’album devient plus étrange et inquiétant. L’opus est définitivement le plus sombre de toute la carrière d’Ariana Grande. Deux thématiques phares guident les chansons : la violence de l’industrie et les relations qui ne mènent à rien.
Ariana Grande évoque son rapport à la célébrité, son lien avec les fans et son regard sur les critiques, qu’elles soient artistiques ou physiques. La chanteuse, après avoir parlé d’amour et de rêves dans ses précédents disques, traite des histoires contrariées qu’elle ne regrettera pas, du partenaire qu’elle n’aura pas de mal à oublier mais qui restera, lui, hanté par son souvenir intarissable. Plus mature, plus confiante, elle fait de Petal un disque d’émancipation à tous les niveaux. La rage et la colère d’Ariana Grande permettent au disque de se démarquer. D’autant plus que ces émotions semblent controlées et acceptées. La pochette de l’album en atteste. Ariana Grande y apparaît sans sa queue de cheval traditionnelle, grand sourire sur le visage, les yeux fermés.
Voix hypnotique
Si un élément reste inchangé à travers toute la discographie d’Ariana Grande, c’est la force de sa voix. Chaque chanson met en avant la justesse vocale de la chanteuse, qui atteint encore des notes improbables avec une clarté envoutante. Que cela soit sur le single Hate that I made you love me, l’étrange morceau Petal ou le puissant Never get over me, Ariana Grande se sert de sa voix comme de son instrument le plus important.
La minutie de son interprétation rend le ton de l’album d’autant plus intéressant. Malgré la colère ouverte et les propos acerbes, tout demeure limpide et clair, tel du cristal aiguisé qui tranche la chair. Le dernier morceau de l’album se démarque. Nowhere, nobody est la chanson la plus touchante du disque. Une ballade douce accompagnée d’une guitare électrique qui évoque enfin les thèmes de l’espoir et de la résilience. Ariana Grande conclut son huitième album en regardant vers l’avenir : l’histoire est terminée et il faut l’accepter.
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Les 12 morceaux de Petal s’imposent dès la première écoute. Plus resserré, plus précis, plus direct, le nouveau disque d’Ariana Grande ne s’embarrasse pas d’extras ou de fioritures dispensables. Chaque son est là pour insister sur une idée, pour appuyer une thématique et pour permettre à la chanteuse de se libérer complètement dans la musique et dans une industrie qui a trop souvent voulu la contrôler.
Entre Kiss me, Oh well, Big feelings, Warning sings (interlude), Nowhere, nobody et d’autres, on voit déjà les morceaux qui ne demandent qu’à être ré-écoutés plusieurs fois. Après l’excellent Eternal Sunshine, Petal s’impose comme l’un des meilleurs disques de la chanteuse. Un vrai renouveau dans sa discographie.