Solaire et envoûtante, Naïka, artiste aux origines franco-haïtiennes, s’impose comme l’une des voix les plus prometteuses de la pop actuelle. Son premier album, « Eclesia », sorti en février 2026, révélait un univers musical métissé à l’identité assumée qui ne nous donnait qu’une envie : en savoir plus. Portrait.
Introduction
Naïka, de son vrai nom Victoria Naïka Richard chante aussi bien en français, qu’en créole haïtien ou qu’en anglais, glissant d’une langue à l’autre au gré de ses émotions. Née le 2 mars 1995 à Miami, cette 3rd culture kid passe son enfance à parcourir le monde, déménageant de la France, à la Guadeloupe, en passant par le Kenya, l’Afrique du Sud, les États-Unis et même le Vanuatu.
Voir cette publication sur Instagram
Et la jeune femme revendique cette pluralité culturelle. Sa musique, mélange de pop, de R&B et de kompa haïtien, nous transporte vers un ailleurs chaud et solaire, où il est question d’identité, de reconstruction et de racines multiples. Zoom sur cette artiste éclectique aux projets enivrants.
1. Elle s’est formée au prestigieux Berklee College of Music
Chez Naïka, la musique s’invite tôt. Dès ses douze ans, elle griffonne ses premiers textes, se met à composer, et participe, le temps d’une chanson, à la chorale improvisée de l’un de ses professeurs kényans.
Des souvenirs et une envie intrinsèque qui l’amèneront à rejoindre le Berklee College of Music de Boston, l’une des écoles de musique les plus réputées au monde. Et comme si la jeune femme essayait de nous prouver qu’elle n’était pas là par hasard, elle est partie, dès sa première année, en tournée aux côtés du chanteur Michael Bolton. Rien que ça.
2. Vous l’avez sûrement déjà entendue sans le savoir
Nul besoin d’attendre son premier album pour croiser la voix de Naïka. En effet, l’artiste de 31 ans s’est subtilement glissée un peu partout, et il est possible que vous l’ayez déjà entendue sans même le savoir.
Si on vous dit FIFA 21, ça vous dit quelque chose ? Eh bien, son titre Water a habillé la bande-son du célèbre jeu vidéo. Autre occurrence ? Sauce, sorti en 2021, s’est retrouvé dans une publicité pour l’iPhone 12 d’Apple. Alors, avez-vous déjà fredonné l’un de ses morceaux ?
3. Elle a vécu une histoire d’amour avec le rappeur Saint Levant
« I know that one plus one is three with you » De l’amour, on en veut, on en a. Entre juillet 2023 et septembre 2025, Naïka partage la vie du rappeur franco-palestinien Saint Levant, une romance qui infuse directement leur musique.
En 2024, elle grimpe sur la scène de Coachella à ses côtés pour interpréter en duo une chanson alors inédite. Et l’année suivante, elle est créditée comme co-autrice du titre DIVA de l’album Love Letters, devenant, au passage, l’égérie de la collection de vêtements du rappeur.
Leur séparation, annoncée fin 2025, se fait sans esclandre, les deux artistes restant en bons termes.
4. C’est une voix engagée
Une image vaut mille mots, mais pour autant, Naïka ne se contente pas d’illustrer et porte bien haut l’étendard d’une pop qui refuse de se taire.
Dans son titre What a Day, l’artiste franco-haïtienne ne détourne pas le regard face aux différentes situations mondiales et pointe, tour à tour, sur un rythme upbeat, le conflit en Palestine, l’exploitation minière au Congo, les crises que traverse Haïti ou encore le réchauffement climatique.
Le clip, quant à lui, pousse la démonstration encore plus loin : la jeune femme y évolue choyée, maquillée, insouciante, tandis que des images d’actualité viennent se superposer en fond, comme pour rappeler que le monde continue de tourner, ailleurs, dans l’indifférence générale. Un contraste éminent qui, de manière habile, dénonce la distance confortable entre le glamour et la tragédie.
5. Eclesia, son premier album, réunit tout ce qu’elle est
Il aura fallu une poignée de singles et trois EP pour que cette artiste aux multiples facettes nous livre Eclesia. Le 20 février 2026 sortait alors l’album tant attendu. Composé de 13 titres, parmi lesquels One Track Mind et Blessings, le projet doit son nom à une suggestion de son père, Eclesia, un mot qui, en grec ancien, désigne un rassemblement de personnes.
Une définition qui eut l’effet d’une révélation pour Naïka. L’artiste confiait au média Numéro, en avril 2026, que sa musique n’était que le prolongement d’elle-même, ambitionnant de « rassembler les gens à travers les cultures et les frontières ».
6. One Track Mind, son titre devenu hymne féministe
Extrait d’Eclesia, One Track Mind s’impose vite comme LE tube de l’artiste. Le morceau raconte une relation à sens unique dans laquelle la chanteuse s’épuise pour un partenaire centré sur lui-même. Le pont, chanté en créole haïtien, marque le vrai tournant du titre : Naïka s’y adresse à elle-même comme le ferait une amie, se rappelant qu’il est temps de dire au revoir à ce garçon et de prendre conscience de sa propre valeur.
Repris en masse sur les réseaux sociaux par des femmes du monde entier, One Track Mind dépasse la simple chanson de rupture pour devenir une déclaration de force et de reconstruction personnelle. Naïka a d’ailleurs prolongé le succès du titre, en sortant le 16 juillet 2026 un remix avec la chanteuse canadienne Jessie Reyez. Un titre trilingue mélangeant anglais, espagnol et créole haïtien, dans lequel les deux artistes ne prennent plus de gants : exit la nostalgie, on ne perd plus une seconde avec ceux qui ne les méritent pas.