Ils ont l’énergie de leur vingtaine, la tête sur les épaules, des étoiles dans les yeux et 400 dates dans les pattes. Après « Don’t Be Boring » en 2024, les Dynamite Shakers sortent un deuxième opus explosif, » Marilyn », dans les bacs ce 28 août 2026. Un tournant qui devrait offrir au quartet rock français une belle rampe de lancement et la perspective de grossir le rang de ses fans.
Introduction
Évidemment que pour un vieux briscard comme moi, ce sont instinctivement les légendaires Flamin’ Groovies, X, Dogs, Gun Club, White Stripes, Jon Spencer et autres combos de la même trempe qui me sont venus spontanément en tête quand j’ai mis la main et mes oreilles sur le premier album de Dynamite Shakers.
Enregistré en 2024 avec le concours de Jim Diamond, grande carcasse yankee installée désormais en France (et petite légende de la scène punk-rock garage de Detroit), Don’t Be Boring a fait son petit effet.
Vendée Side Story
L’histoire encore toute fraîche de Dynamite Shakers commence comme toutes ces histoires de camaraderie que le rock adore. Une histoire qui laisse espérer quelques beaux chapitres à venir. Aussi réjouissant que celui qui démarre ces jours-ci.
Des copains ados qui bricolent des trucs sur leurs guitares d’apprentis musiciens, cours de musique pour les uns, tuto YouTube pour les autres. Le lycée, les rencontres, l’ennui qui mène à s’ennuyer ensemble, l’envie qui pousse à avoir envie ensemble. Suite logique : la formation d’un groupe qui se met à composer des titres qu’on devine influencés par tout un tas de groupes d’hier et d’aujourd’hui.
Ces groupes pleins d’énergie que l’on range — parce que c’est bien pratique — dans la grande famille du rock garage et autres cousinades (powerpop, punk, grunge…). Ces groupes qui au fil des générations se sont construits sur des bases solides, celles réduites au line-up élémentaire du rock : guitare / basse / batterie / voix. Fondamental pour tendre un minimum vers quelque chose qui déferle et qui percute l’auditeur. On sonne difficilement « garage » avec un ukulélé et des maracas.
Répéter ensemble et poster des titres sur des plateformes de streaming c’est bien, mais se confronter au public en direct, c’est mieux.
C’est d’ailleurs mon collègue Bertrand, disquaire à la Fnac Quimper et qui s’occupe également de la programmation du festival God Save The Kouign (à Penmarc’h) qui nous racontait cela il n’y a pas si longtemps.
« En 2023, pour le festival God Save The Kouign à Penmarc’h, désistement d’un groupe. Un client de la Fnac me dit : « On a un petit groupe qui commence à faire parler chez nous en Vendée, ils s’appellent les Dynamite Shakers ». J’écoute, coup de cœur direct ! Du haut de leurs 20 ans, ils ont mis le feu, au point de revenir l’année suivante pour ouvrir le festival ! Ce sont nos petits chouchous. »
Parlez-vous français ?
Pour leur premier opus, on pourrait penser que c’est l’influence de leurs idoles du rock anglo-saxon qui a conduit les Dynamite Shakers à chanter intégralement dans la langue de Shakespeare. Mais pour leur nouvel album Marilyn — dans les bacs ce 28 août 2026 — changement de cap : vous trouverez a contrario une majorité de titres interprétés en français… et à deux voix.
Pour ce nouveau tour de piste, la voix de Lila-Rose (basse) se greffe donc à celle d’Elouan (guitariste) avec ce léger vibrato qui souligne parfaitement la tension et la nervosité de leurs compositions et du souffle rock’n’roll qui les caractérise.
C’est simple — et déjà vu diront les mauvaises langues. Peut-être bien, mais c’est diablement réussi et d’une efficacité redoutable.
Un producteur américain pour le premier album (Jim Diamond donc), un Français pour le second (Lionel Limiñana) : voilà peut-être la raison de ce changement linguistique.
Dans un cas comme dans l’autre, qu’importe la langue tant que ça sonne bien finalement. Et dsur Marilyn, ce qui nous bluffe encore une fois, c’est ce rendu final qui en fait un album qui pourrait plaire à un large public rock. Des titres nerveux, hyper dynamiques et rarement au-dessus des 3 min 30 (typique format 45 tours single dont le groupe a l’air friand).
Ni trop pointu ou partisan du lo-fi comme le rock peut l’être parfois, ni trop sage et un peu formaté comme l’avait été la mode éphémère (et très parisienne) des « baby rockeurs » des années 2005-2010 — BB Brunes et compagnie.
Avec un remarquable travail de mixage et des idées d’arrangements qu’on ne voit pas si souvent dans les productions hexagonales, voici l’une des meilleures sorties de rock « made in France » de 2026, assurément.
De la dynamite, mais pas besoin de se mettre aux abris cette fois. On tournera plutôt le volume à fond.
A noter que dans la foulée de leur concert à Rock en Seine le 29 août, la Fnac vous donne rendez-vous le 12 septembre : les Dynamite Shakers présenteront leur nouvel album en showcase à la Fnac Bercy-Village. Par ailleurs, le groupe se produira en grande pompe au Trianon à Paris le 27 février 2027. A vos places !