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Après Le mage du Kremlin, Giuliano da Empoli confie le pouvoir aux maîtres de l’IA

25 août 2026

Par Louise Lepense

Illustration
“L'heures des prédateurs” par Giuliano da Empoli. ©Gallimard

Après les rouages du Kremlin, l’écrivain italo-suisse explore la puissance des géants de la tech dans Le fondateur, attendu le 15 octobre chez Gallimard.

Introduction

Quatre ans après avoir pénétré les coulisses du pouvoir poutinien, Giuliano da Empoli change de cour. Son deuxième roman, Le fondateur, délaisse les palais russes pour les quartiers généraux de la tech, où la maîtrise des données promet une puissance autrefois réservée aux États. Gallimard publiera le livre le 15 octobre, dans sa collection « Blanche ».

Que raconte Le Fondateur ?

Le récit suivra G., un conseiller politique déchu dont la trajectoire bascule lorsqu’Alexander Zimmer l’engage. Cet entrepreneur dirige Panoptik, une gigantesque société de surveillance fondée sur l’intelligence artificielle, dont le projet serait de « venir à bout des humains ». G. abandonne Rome pour Marbella, où l’entreprise a établi ses quartiers au milieu d’une communauté de fondateurs et de puissants.

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Gallimard n’a pour l’instant attribué aucun modèle réel au fondateur de Panoptik. Rien ne permet donc d’en faire le double officiel d’Elon Musk, Peter Thiel ou Sam Altman. Le personnage semble plutôt réunir plusieurs traits associés aux milliardaires de la tech : ambition planétaire, puissance transnationale et conviction que l’IA peut corriger, voire dépasser, les limites humaines.

Le nom Panoptik évoque par ailleurs le panoptique imaginé au XVIIIe siècle par le philosophe Jeremy Bentham : une architecture carcérale permettant à un gardien d’observer tous les détenus sans être vu. Michel Foucault en a fait ensuite le symbole d’une société organisée par la surveillance.

Après Poutine, le pouvoir technologique ?

Le fondateur prolonge les préoccupations de L’heure des prédateurs, essai paru en 2025. Da Empoli y décrivait l’alliance entre chefs autoritaires et seigneurs de la tech, de Donald Trump à Musk, ainsi que l’émergence d’entreprises numériques capables de concurrencer les États.

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Le dispositif rappelle également celui du Mage du Kremlin. Publié en 2022, le livre adoptait la voix de Vadim Baranov, conseiller fictif inspiré de Vladislav Sourkov, l’un des principaux idéologues de Vladimir Poutine. Récompensé par le Grand Prix du roman de l’Académie française et finaliste du Goncourt, ce premier roman a ensuite été adapté au cinéma par Olivier Assayas, avec Paul Dano et Jude Law.

Qui est Giuliano da Empoli ?

Né en 1973 à Neuilly-sur-Seine, cet écrivain italo-suisse connaît intimement les antichambres qu’il met en scène. Ancien adjoint à la culture de Florence, il a conseillé Francesco Rutelli puis Matteo Renzi avant de quitter la politique. Avant de devenir romancier, il a publié plusieurs essais sur les transformations du pouvoir, parmi lesquels La peste et l’orgie, Le Florentin et surtout Les ingénieurs du chaos, enquête consacrée aux stratèges numériques des populistes.

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