Décryptage

Phoebe Bridgers : pourquoi son retour avec « Lost Weekend » s’impose comme l’événement de l’année

13 août 2026

Par Joséphine B.

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Il aura fallu attendre six ans pour que Phoebe Bridgers fasse son grand retour – et quel retour. Attendu le 14 août 2026, son troisième album « Lost Weekend » est déjà salué par la critique comme l’un des disques les plus ambitieux de sa carrière. De ses débuts remarqués à son explosion au sein du supergroupe Boygenius, l’artiste de 31 ans affiche un parcours parmi les plus brillants de sa génération. Et rien n’indique qu’elle compte s’arrêter en si bon chemin.

Introduction

« Pleurant en costume-cravate. Mais tu devrais voir l’autre gars. » Sur ces premières paroles du titre d’ouverture de Lost Weekend, The Outside, Phoebe Bridgers donne le ton – sa voix méconnaissable sous vocodeur. Entre humour noir et douleur brute, la chanteuse s’adresse en réalité à son père, disparu en janvier 2023. Une scène de deuil aussi poignante qu’ironique, à l’image de cet album qui a déjà conquis la critique.

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Rolling Stone y voit son disque le plus long et le plus audacieux à ce jour, tandis que The Guardian salue un opus « enivrant, puissant, parfois déchirant, mais parsemé d’optimisme ». Sur Metacritic, l’ensemble culmine à 92/100. Un accueil unanime, donc, que Variety résume d’une formule : un projet qui « vaut l’attente de six ans » – à la hauteur d’un parcours qui, depuis ses débuts, n’a cessé de susciter l’admiration.

Une carrière solo prometteuse

Avant de se laisser porter par l’indie folk américaine – dont elle deviendra l’une des voix les plus marquantes –, Phoebe Bridgers fait ses armes dans le groupe punk Sloppy Jane. Au fil de ses rencontres, elle publie un premier single en 2015, Killer, avant de signer chez le label indépendant Dead Oceans en 2017.

La même année sort Stranger in the Alps, porté par des morceaux comme Motion Sickness ou Funeral, dont Pitchfork souligne d’emblée la singularité d’écriture : « Les personnages les plus intéressants de l’histoire de Bridgers sont ceux qu’elle met elle-même sur le papier. »

Paru trois ans plus tard, Punisher marque un véritable tournant dans son parcours. Habité par les thèmes du deuil et de l’isolement, il se positionne en 43e place du classement Billboard – son meilleur classement solo – et décroche quatre nominations aux Grammy Awards 2021, dont celle de Meilleur nouvel artiste. Une ascension aussi rapide que maîtrisée – loin d’être terminée.

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L’aventure Boygenius, ou l’apogée avant le silence

En parallèle de sa carrière solo, la jeune femme forme avec Julien Baker et Lucy Dacus le supergroupe Boygenius en 2018, avec qui elle sort un EP la même année. Mais c’est en 2023 que le trio alternatif franchit un cap avec son premier album complet, The Record, qui se hisse à la 4e place du Billboard, emmené par des titres comme Not Strong Enough et Emily I’m Sorry.

Aux Grammy Awards 2024, Phoebe Bridgers repart avec pas moins de quatre trophées – trois pour Boygenius, un pour sa collaboration avec SZA sur Ghost in the Machine. Le plus gros palmarès de la soirée, tous·tes artistes confondu·es.

Mais après ce sommet, silence radio. La chanteuse annonce une pause et s’éclipse presque totalement des radars médiatiques en 2024 et 2025 – une absence marquée par le deuil de son père, disparu en janvier 2023.

De cette parenthèse semble alors émerger une sorte de renaissance, tant progressive que déroutante : concerts pop-up sans téléphone, show surprise au Madison Square Garden en juin 2026… soit les prémices de son come-back avec Lost Weekend, l’un des disques les plus personnels de sa carrière.

Ce grand retour, aussi prometteur soit-il, ne se limite cependant pas à la sphère musicale.

Des premiers pas (très) attendus au cinéma

Peu de temps avant la sortie de son album, l’interprète de Scott Street surprend son public en annonçant son tout premier rôle au cinéma – et pas des moindres : elle rejoint le casting de Primetime, produit par A24 et réalisé par le documentariste Lance Oppenheim, aux côtés du prolifique Robert Pattinson. L’acteur y incarne Chris Hansen, célèbre animateur américain à l’origine de l’émission To Catch a Predator, dont le film retrace la genèse controversée en 2006.

Un virage à 180 degrés pour celle qui n’avait, jusqu’ici, jamais posé un pied devant une caméra. Dévoilée le 6 août, la bande-annonce officielle a déjà enflammé les réseaux sociaux – les internautes étant séduit·es par le casting prestigieux (et inattendu).

Primetime débarquera en salles le 25 septembre 2026 – en pleine tournée The Lost Tour. Après quelques années loin des projecteurs, Phoebe Bridgers reprendra la route de septembre à décembre 2026, entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Europe, avec une étape très prisée à l’Adidas Arena de Paris le 4 décembre.

Du studio à la scène, en passant par le grand écran, l’artiste de 31 ans opère visiblement une totale réinvention. Et ce n’est pas pour déplaire.

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Article rédigé par

Rédactrice fnac.com

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