Actu

La diva argentine Moria Casán s’offre un biopic à sa démesure sur Netflix

14 août 2026

Par La rédaction

Illustration
“Moria”, le 14 août 2026 sur Netflix. ©Netflix

Diffusée sur la plateforme depuis le 14 août, cette série argentine retrace en huit épisodes le destin haut en couleur de Moria Casán. Narrée par la star elle-même, cette œuvre romancée embrasse sans détour la carrière d’une icône indomptable.

Introduction

On n’en attendait pas moins d’elle. Pour célébrer ses 80 ans, la figure emblématique du show-business argentin s’est offert un cadeau à son image : totalement démesuré. Disponible ce 14 août sur Netflix, cette série en huit épisodes ne cherche ni la vérité historique stricte, ni le documentaire classique. Moria Casán préfère s’improviser marionnettiste de sa propre existence.

Il s’agit d’un récit romancé qui assume ouvertement ses libertés avec la chronologie. La star ne se contente pas de raconter 50 ans de carrière au cinéma, au théâtre ou à la télévision ; elle met en scène la trajectoire d’une femme qui a fait de la transgression un moyen de survie. Un hommage vibrant à la culture populaire argentine, raconté avec autodérision.

Pour incarner « La One » à différentes étapes de sa vie, la production a misé sur un casting à la hauteur de l’événement. Trois actrices se partagent le rôle : la propre fille de l’icône, Sofía Gala Castiglione, Griselda Siciliani (Envieuse) et Cecilia Roth (Tout sur ma mère).

Qui était Moria Casán ?

Fille unique d’un officier de l’armée et d’une mère au foyer, elle entame des études de droit à l’université au sortir de l’adolescence. Mais l’appel de la scène étouffe rapidement ses ambitions juridiques. Elle plaque tout. À la fin des années 1960, le public du Teatro El Nacional découvre une jeune femme au tempérament de feu dans la pièce Cuando la abuelita no era hippie. Sous le nom de scène de Moria Casán, elle s’impose très vite comme l’une des figures majeures du théâtre de revue, ce mélange si particulier de danse, d’humour et de sketches très populaire en Amérique latine.

Moria.©Netflix

Les années 1970 la propulsent au rang de sex-symbol. Comédies érotiques, tournées internationales… Son charisme lui ouvre les portes de Las Vegas en 1975. Sur place, elle s’offre le luxe d’enregistrer une émission spéciale pour la chaîne américaine NBC et tape dans l’œil de magazines de mode prestigieux, comme Harper’s Bazaar et Vogue.

L’Argentine bouscule les normes conservatrices de son temps. Elle s’impose progressivement comme une figure qui revendique une place centrale dans un univers jusque-là largement dominé par les hommes.

Moria.©Netflix

Cette audace trouve son apogée sur le petit écran. Au début des années 1990, elle invente un concept télévisuel improbable avec A la cama con Moria. Le principe ? Interviewer des politiciens en pleine campagne électorale, en déshabillé, installée sur un grand lit. L’impudeur devient sa marque de fabrique. Plus tard, les années 2000 lui ouvrent les portes de la téléréalité où son franc-parler fait des étincelles au sein de divers jurys.

Une femme d’affaire et de polémiques

L’hyperactivité de la star ne se limite pas aux plateaux de tournage. Femme d’affaires redoutable, elle multiplie les projets au fil des décennies. Elle inaugure un restaurant, fonde une académie de danse en 2007, et lance même une boutique de vêtements pour vendre ses propres tenues de scène et accessoires. Elle se frotte également à la politique. En 2005, après avoir apporté son soutien à l’ancien président Carlos Menem, elle se présente comme candidate à la députation pour le parti du Mouvement du Centre fédéral, mais échoue dans les urnes.

Moria.©Netflix

Ce sont pourtant ses frasques qui nourrissent la presse à scandale. Ses violentes passes d’armes avec d’autres vedettes locales, de Susana Giménez à Graciela Alfano ou Mirtha Legrand, font la une des tabloïds. Sa vie privée l’amène parfois sur un terrain très glissant et ses liaisons dangereuses la poussent devant les tribunaux pour témoigner dans une affaire de meurtre.

Cependant, le véritable coup de tonnerre éclate hors de ses frontières. Lors d’un voyage promotionnel au Paraguay en 2012, les autorités l’accusent d’avoir dérobé des bijoux estimés à 80 000 dollars. Elle quitte le pays, puis décide d’y retourner trois ans plus tard pour régler ses comptes judiciaires. Cueillie par Interpol à sa descente d’avion, l’actrice aggrave son cas : les douaniers découvrent un peu plus d’un gramme de cocaïne dans son portefeuille.

À partir de 19,95€

En stock

Acheter sur Fnac.com

La vedette troque les strass pour l’uniforme carcéral. Placée en détention provisoire dans une cellule commune de la prison pour femmes de Buen Pastor à Asunción, elle y reste enfermée pendant huit jours, avant d’être libérée le 23 décembre 2015. Une épreuve qui aurait pu pulvériser la carrière de n’importe quelle célébrité. Au lieu de ça, la native de Buenos Aires s’est relevée, prouvant que sa gouaille restait définitivement intacte face aux tempêtes médiatiques.

À lire aussi

Article rédigé par
Pour aller plus loin