Rediffusée ce 12 août à la faveur de l’éclipse, la mini-série événement de France 2 qui mêle drame familial et thriller rural, divise la presse.
Introduction
Programmer une série intitulée L’éclipse le jour d’une éclipse, c’est le genre de coup marketing qui nous fait sourire, mais qui fonctionne plutôt bien. France 2 ressort ainsi ce 12 août l’une de ses fictions qui avaient marqué l’année 2024, une mini-série policière en six épisodes co-écrite par Hélène Duchateau (Les saisons) et Baptiste Filleul (Week-end Family). Au casting, on retrouve Anne Charrier (Maison close), Claire Keim (The Girl) ou encore Hubert Delattre (Il était deux fois).
Quelle est l’intrigue de L’éclipse ?
L’histoire se déroule sur le haut plateau de l’Aubrac. Un soir d’éclipse, Luca, 17 ans, tire accidentellement avec l’arme de service de sa mère gendarme, Manue, sur sa petite amie Nour. Le temps qu’il parte chercher des secours, la jeune fille disparaît. Manue et sa collègue Johanna, toutes deux gendarmes et mères des adolescents impliqués dans le drame, mènent l’enquête au sein d’une communauté paysanne en pleine mutation.

Ce qui commence comme une simple disparition dérape vite vers quelque chose de plus vaste. À mesure que les deux femmes creusent, elles déterrent des rivalités locales, des conflits d’intérêts et des secrets de famille qui agitent cette communauté de paysans confrontée aux bouleversements du monde rural. Et l’affaire finit par percuter leurs propres proches, brouillant la frontière entre l’enquêtrice et la mère.
La série ne se contente pas de dérouler son intrigue policière. En filigrane affleurent les problématiques agricoles, les difficultés à s’intégrer, ou encore les incompréhensions entre générations. C’est là que se joue l’ambition du projet : un polar de la ruralité qui cherche à explorer une arène de fiction rarement visitée.
Qu’en pensent les critiques ?
Un pari qui a séduit une partie des critiques, mais agacé l’autre. Le Parisien accorde quatre étoiles sur cinq à la série et salue « cette fiction bien construite [qui] met en scène une communauté paysanne complexe, sans chercher à forcer le trait ni à dramatiser ». Un compliment qui vise précisément la retenue, souvent le point faible des fictions ancrées dans un terroir.

Même enthousiasme du côté d’Allociné, qui met en avant l’atmosphère autant que l’intrigue. « Si l’enquête policière est particulièrement bien ficelée, la force de la série réside aussi dans son atmosphère unique », écrit le média, avant de souligner que « au cœur de l’Aubrac, L’éclipse nous plonge dans des décors bruts et sauvages qui se transforment en personnages à part entière ».
Allociné insiste également sur la mécanique du récit, une trame qui « multiplie alors les rebondissements, créant dès lors un suspense de nature à tenir les téléspectateurs en haleine tout du long ». Télé-Loisirs, tout aussi conquis, met en avant « des thématiques rares », une écriture « soignée et appréciable, car pas dans la surenchère » et « la justesse du casting ».
Que reproche-t-on à la série ?
Le son de cloche est nettement plus sévère chez Télérama. Le magazine reconnaît l’intérêt du postulat de départ, mais déplore l’exécution. Selon le média, l’idée « se heurte d’emblée à une exécution trop sage », qui laisse « plus de place à une investigation mécanique qu’aux personnages, prisonniers de leurs costumes, de prétextes et de dialogues aussi explicatifs que des surligneurs jaune fluo ». Et de regretter le rendez-vous manqué : « les grandes mutations du monde paysan et la crise qu’il affronte auraient mérité plus et beaucoup mieux. Dommage… »

Entre les deux camps, Le Figaro résume assez bien le sentiment général, celui d’une série honnête qui remplit son contrat sans casser les codes. « Elle ne révolutionne pas le genre mais répond avec efficacité à ce que le public » en attend, note le quotidien. C’est peut-être là que se situe L’éclipse, une mini-série qui mise sur un décor fort et une intrigue familiale ramassée plutôt que sur l’audace formelle.