Récompensée à Annecy et déjà remarquée par la presse, la nouvelle série animée d’Arte transforme une colocation cabossée en terrain d’observation générationnel.
Introduction
Avec son trait noir sur fond blanc et ses épisodes courts, Les Groos avance forcément dans l’ombre bienveillante de Samuel. Disponible sur arte.tv depuis le 25 mai, la série animée française créée par David Mirailles reprend plusieurs ingrédients du succès d’Émilie Tronche : une forme minimaliste, une écriture personnelle, une diffusion pensée pour la plateforme comme pour les réseaux sociaux. Déjà récompensée par le prix du public au Festival d’Annecy, elle a de quoi nourrir la comparaison.
De quoi parle cette drôle d’amitié ?
Les Groos se décline en 12 épisodes de quelques minutes. On y suit Seb et Adam, amis d’enfance devenus colocataires, deux vingtenaires qui découvrent l’âge adulte dans un appartement abîmé. Seb travaille dans la robotique ; Adam rêve de devenir comédien de doublage d’anime. Tous deux parlent manga, Donjons & Dragons, projets au Japon, galères de boulot, amours contrariées et fidélité fraternelle.

France Inter y voit « un réjouissant éloge de l’amitié entre deux jeunes adultes » et salue « une série très esthétique », dont le dessin « s’empare des codes des mangas ». Dans un épisode consacré à une cabane improvisée dans le salon, le média relève même un moment « bouleversant », avant de résumer la série comme « un magnifique éloge de l’amitié autour de cette question fondamentale : c’est quoi être un bon ami ? ».
Pourquoi la presse est-elle séduite ?
Les retours sont globalement tous très favorables. Télérama évoque un programme « plein d’humour et de tendresse », « une chronique générationnelle intime, plus subtile qu’elle n’y paraît ». « Derrière la familiarité, l’amitié au masculin se met à nu », juge le magazine.

« Cette courte série qui rappelle Samuel […] par sa simplicité et sa tendresse, fait un bien fou », ajoute Le Monde de son côté. Le quotidien y voit le récit d’un âge fragile, celui de « l’indépendance mais aussi des premières grandes désillusions », auquel la série répond par « l’humour, la célébration de l’amitié comme antidote à la morosité et une vision sensible de la masculinité ».
Libération se montre moins enthousiaste. Le journal reproche à cette célébration d’une amitié masculine débarrassée de sa toxicité une forme de confort trop sage :« un peu trop bienveillante, la série sur Adam et Seb fait bâiller ». La critique vise moins l’intention que son exécution, jugée « franchement atone ».
Les grands frères de Samuel ?
Le lien avec Samuel paraît évident : même diffuseur, même brièveté, même noir et blanc. « Samuel aurait-il des grands frères ? », demande même Télérama. La différence tient à l’âge regardé : Samuel replongeait dans l’enfance tandis que Les Groos observe le moment où l’on devient adulte sans avoir tout à fait cessé d’être un enfant.