Sélection

Ces pièces de théâtre sont devenues des films cultes

06 juillet 2026

Par Lucile B.

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©Happiness

Alors que le Festival d’Avignon pointe le bout de son nez, on ne peut que se souvenir des fois où le cinéma a emprunté au théâtre ses plus beaux chefs-d’œuvre. Pour accompagner l’événement théâtral le plus célébre de l’Hexagone, qui se tiendra du 4 au 25 juillet 2026, place à une sélection de films mettant en avant cet art de la scène. Des tragédies shakespeariennes aux comédies de boulevard incontournables, il y en aura pour tous les goûts.

Introduction

Avignon, son palais des Papes, son célèbre pont muse de comptine d’enfant, et évidemment… son festival ! Du 4 au 25 juillet 2026, la ville deviendra le théâtre de mille et une pièces, l’occasion parfaite pour passer en revue les meilleures adaptations théâtrales au cinéma. Alors trois coups de brigadier et que le rideau se lève !

12 hommes en colère, Sidney Lumet (1957) – Adapté de la pièce de Reginald Rose

Dans une salle de délibération, douze jurés doivent statuer à l’unanimité sur le sort d’un jeune homme accusé de parricide. Alors que onze d’entre eux votent coupable, le juré n°8 (Henry Fonda) pointe les failles de l’enquête et refuse d’envoyer le suspect à la chaise électrique sans analyser pleinement l’affaire, poussant ainsi le groupe à s’interroger.

Quel plaisir de découvrir la force de la pièce de Reginald Rose par l’intermédiaire du film de Sidney Lumet. Premier long-métrage du cinéaste, 12 hommes en colère est un huis clos magistral démontant un à un les préjugés et les failles du système. Un chef-d’œuvre intemporel, mais surtout, un véritable plaidoyer pour la justice humaine.

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La Cage aux folles, Édouard Molinaro (1978) – Adapté de la pièce de Jean Poiret

Sous le soleil de Saint-Tropez, Renato Baldi (Ugo Tognazzi) et son compagnon Albin Mougeotte (Michel Serrault), vedette du cabaret Zaza Napoli, voient leur quotidien imploser quand Laurent (Rémi Laurent), le fils de Renato, leur annonce son mariage avec la fille d’un député ultra-conservateur (Michel Galabru).

Une scène de biscotte inoubliable et nous voilà avec un sourire scotché au visage. Porté par un duo d’acteurs légendaires et un sens du vaudeville jubilatoire, La Cage aux folles, adaptation de la pièce de Jean Poiret, fait indéniablement partie des classiques de la comédie française.

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Les salauds dorment en paix, Akira Kurosawa (1960) – Librement inspiré d’Hamlet de William Shakespeare

Afin de venger son père poussé au suicide par des hauts fonctionnaires corrompus, Koichi Nishi (Toshirō Mifune) s’infiltre sous une fausse identité dans la puissante entreprise Dairyu Corporation, allant jusqu’à épouser Yoshiko (Kyōko Kagawa), la fille du vice-président Iwabuchi (Masayuki Mori).

Une funeste pièce montée, réplique parfaite de l’immeuble de Dairyu Corporation, avance avec, en son septième étage, une rose plantée : évidemment qu’entre les mains d’Akira Kurosawa, la tragédie shakespearienne ne pouvait que nous laisser sans voix. Bien que librement adapté d’Hamlet, Les salauds dorment en paix tient grandement de son pair tant il continue de nous hanter, comme un certain fantôme sur les remparts d’Elseneur…

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Macbeth, Orson Welles (1948) – Adapté de la pièce de William Shakespeare

Au Moyen Âge, trois sorcières prophétisent au général écossais Macbeth (Orson Welles) qu’il deviendra roi d’Écosse. Dévoré par l’ambition et poussé par son épouse, Lady Macbeth (Jeanette Nolan), il assassine le roi Duncan (Erskine Sanford) et s’empare du trône. Mais la culpabilité, couplée à une nouvelle prédiction, fera basculer Macbeth dans la folie.

Un château troglodyte, des grottes et des brumes envahissantes : aucun doute, vous êtes bien entrés dans l’œuvre de Shakespeare. Tourné en seulement 23 jours avec un budget minuscule, Macbeth est une démonstration pure du génie d’Orson Welles. Une œuvre brute, soulignant l’engrenage tyrannique et la déchéance de l’âme, qui pave la voie aux plus grandes tragédies modernes.

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Hamlet, Kenneth Branagh (1996) – Adapté de la pièce de William Shakespeare

Sur les remparts d’Elseneur, le jeune prince Hamlet (Kenneth Branagh) voit apparaître le spectre de son père. Le fantôme lui révèle alors une terrible vérité : il a été lâchement assassiné par son propre frère, Claudius (Derek Jacobi), qui lui a ravi sa couronne et épousé sa veuve, la reine Gertrude (Julie Christie).

Après le librement adapté, place à l’adaptation tout court. Et quel pari fou que de s’attaquer à la totalité du texte de Shakespeare ! Porté par des plans larges somptueux et un casting royal, Kenneth Branagh signe avec Hamlet son plus grand – et long, on parle tout de même de quatre heures de film – chef-d’œuvre.

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Le Dîner de cons, Francis Veber (1998) – Adapté de sa propre pièce

Tous les mercredis, Pierre Brochant (Thierry Lhermitte) et ses amis organisent un dîner cruel : chacun doit amener le « con » le plus spectaculaire possible pour s’en moquer. Ce soir-là, Brochant exulte en pensant avoir déniché LA perle rare avec François Pignon (Jacques Villeret), un comptable au ministère des Finances passionné par les maquettes en allumettes.

« Il est mignon monsieur Pignon, il est méchant monsieur Brochant ! » Un timing comique réglé comme une horloge et des larmes aux yeux garanties, aucun doute, il s’agit bien du Dîner de cons. En transposant son triomphe théâtral sur grand écran, Francis Veber nous offre un monument d’humour féroce et l’une des comédies les plus cultes de notre patrimoine cinématographique.

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8 femmes, François Ozon (2002) – Adapté de la pièce de Robert Thomas

Dans les années cinquante, au cœur d’une grande demeure isolée, une famille s’apprête à fêter Noël. Mais le matin du réveillon, le maître de maison est retrouvé poignardé dans son lit. Coupées du monde, les huit femmes de son entourage se retrouvent suspectées.

Quand Cluedo rencontre Agatha Christie. En s’appropriant la pièce de Robert Thomas, le réalisateur François Ozon signe avec 8 femmes un huis clos théâtral absolument jouissif. Le tout en mariant avec une précision folle le polar et le vaudeville. Applaudissement.

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Incendies, Denis Villeneuve (2010) – Adapté de la pièce de Wajdi Mouawad

À la mort de leur mère, les jumeaux Jeanne (Melissa Désormeaux-Poulin) et Simon (Maxim Gaudette) se voient remettre deux enveloppes. L’une destinée à un père qu’ils pensaient mort, l’autre à un frère dont ils ignoraient l’existence. Débute alors un voyage au Moyen-Orient leur permettant de lever le voile sur le passé de leur lignée.

En adaptant la pièce coup de poing du talentueux Wajdi Mouawad, Denis Villeneuve nous offre un chef-d’œuvre absolu. D’une force tragique et émotionnelle rarement égalée au cinéma, Incendies, quête mémorielle étouffante au dénouement assourdissant, marque inévitablement nos esprits.

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Le Prénom, Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte (2012) – Adapté de leur propre pièce

Vincent (Patrick Bruel), la quarantaine, s’apprête à devenir père pour la première fois. Invité à dîner chez sa sœur Élisabeth (Valérie Benguigui), la bonne humeur générale disparaît lorsqu’il dévoile le prénom choisi pour le futur bébé.

Une blague de mauvais goût à l’apéro et la soirée bascule dans un grand déballage de non-dits. Adapté de la pièce de théâtre d’Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, Le Prénom transforme un canular grinçant en un comique jeu de massacre. Jubilatoire.

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Juste la fin du monde, Xavier Dolan (2016) – Adapté de la pièce de Jean-Luc Lagarce

Après douze ans d’absence, Louis (Gaspard Ulliel), jeune écrivain, retourne dans son village natal dans l’objectif d’annoncer à sa famille sa mort prochaine. Des retrouvailles difficiles ravivant querelles, rancœurs et frustrations.

Étouffant, clivant et brut, Juste la fin du monde rend un hommage vibrant au génie de Jean-Luc Lagarce. Porté par un casting cinq étoiles (Nathalie Baye, Vincent Cassel, Marion Cotillard, Léa Seydoux et le regretté Gaspard Ulliel), ce drame familial, ballet de cris, de balbutiements et de silences pesants, s’affirme comme une œuvre viscérale capturant avec grâce l’incommunicabilité humaine.

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Article rédigé par

Rédactrice fnac.com

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