Adaptée d’une nouvelle de Manuel Gonzales, la comédie noire portée par Elizabeth Banks et Matthew Macfadyen transforme un accident scientifique en satire conjugale.
Introduction
La guerre conjugale change d’échelle. Diffusée à la télévision américaine ce printemps, Miniature Wife arrive en France le 9 juillet sur Canal+ avec ses dix épisodes. Créée par Jennifer Ames et Steve Turner, d’après une nouvelle de Manuel Gonzales, elle transforme un accident de laboratoire en comédie noire sur le mariage.
Lindy, romancière frustrée interprétée par Elizabeth Banks, traverse une crise avec Les, scientifique mégalomane joué par Matthew Macfadyen. Au cours d’une dispute, l’expérience de miniaturisation de ce dernier tourne mal : Lindy est réduite à la taille d’une figurine. Le gag façon Chérie, j’ai rétréci les gosses devient alors une image frontale du couple.
Pourquoi on aime ?
Les avis favorables saluent une métaphore efficace. « Le fantastique agit comme un révélateur brutal du réel » et « la métaphore est simple mais rarement simpliste », juge VL Media. La série « navigue constamment entre humour et inconfort », avec un rire qui sert souvent à « accentuer le malaise ». Variety reconnaît également le plaisir initial de cette mécanique conjugale. « L’évidence de l’analogie […] n’entrave en rien le plaisir », ajoute le média.

Le même journal estime qu’« Elizabeth Banks excelle dans ce registre », capable de faire coexister « ironie mordante, vulnérabilité et colère rentrée ». Face à elle, Matthew Macfadyen compose « un mari à la fois attachant et profondément agaçant ». Télérama reconnaît que les admirateurs de l’acteur « seront ravis de le retrouver […] aussi drôle, émouvant et maladroit que d’habitude ». Variety cite aussi Zoe Lister-Jones parmi les bonnes surprises, la décrivant en « méchante fabuleuse, digne d’un James Bond ».
Que reproche-t-on à la série ?
La principale critique concerne la durée. Télérama juge que l’adaptation, « étirée sur dix épisodes d’une quarantaine de minutes, […] s’épuise très vite », alourdie par « des sous-intrigues qui n’en finissent plus ». « Il leur aurait fallu davantage de matière pour justifier une telle durée », ajoute The Guardian. « Pour une histoire sur une femme qui rétrécit, Miniature Wife semble incapable de saisir les avantages de rester petite », complète Variety.
VL Media évoque « des longueurs, dont des flash-back trop étendus et non nécessaires », ainsi qu’un concept qui « perd aussi en intensité sur la durée ». The Guardian regrette enfin que la série oublie « cette idée de départ prometteuse » pour privilégier « une ambiance de plus en plus loufoque ».