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En pleine pénurie de RAM, cet autre composant essentiel des smartphones va faire grimper les prix

28 juillet 2026

Par Pierre Crochart

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©Samsung

La hausse des coûts des composants, portée par l’explosion de l’IA, va affecter directement le prix des smartphones de nouvelle génération dès septembre.

Introduction

Le secteur de la technologie traverse une période de tension industrielle sans précédent. Entre la pénurie de RAM, de mémoire flash et la demande massive pour l’infrastructure d’intelligence artificielle, les fabricants de matériel se retrouvent face à un dilemme : absorber les coûts croissants ou les répercuter sur le consommateur. On a déjà pu observer que la plupart des constructeurs de smartphones avaient déjà choisi la seconde option depuis le début de l’année. Maintenant, on s’attend à ce que la facture s’alourdisse d’autant plus à partir de la rentrée, à cause du prix des futures puces de Qualcomm.

La hausse des tarifs Qualcomm : un coup direct sur les smartphones

Bloomberg rapporte que Qualcomm, leader incontesté des processeurs pour smartphones avec sa gamme Snapdragon, a informé ses clients d’une augmentation de ses tarifs à partir du 1er septembre 2026. Cette décision fait suite à une incapacité à absorber les coûts de ses propres fournisseurs, malgré des tentatives pour diversifier ses sources d’approvisionnement. Le composant principal des téléphones va ainsi coûter au moins 10 % de plus pour les produits expédiés après la rentrée.

Le véritable coupable derrière cette inflation est la construction frénétique de data centers consacrés à l’IA. Cette demande vorace s’approprie la majeure partie des stocks de mémoire et sature les capacités de production des usines de semi-conducteurs. En conséquence, des puces comme la future Snapdragon 8 Elite Gen 6 Pro pourraient atteindre un prix unitaire dépassant les 300 $, contre environ 280 $ pour la génération actuelle.

Les constructeurs de smartphones – notamment Samsung, Xiaomi, Honor et Oppo – sont en première ligne. Pour le futur Galaxy S27 Ultra, cette « double peine » (mémoire plus chère et puces plus coûteuses) menace de faire grimper le prix de lancement, déjà plus élevé sur la génération S26 tout juste lancée. Les marques pourraient tenter d’absorber une partie de la note, mais il est fort probable que le consommateur final voie les prix s’envoler ou que les constructeurs soient contraints de sacrifier la qualité d’autres composants (comme la RAM, ou en recyclant des puces d’ancienne génération et en les maquillant derrière des optimisations logicielles difficilement vérifiables).

Un goulot d’étranglement mondial pour la tech

Cette crise dépasse le simple cadre des smartphones. Qualcomm est l’un des principaux clients de TSMC à Taïwan, le leader de la production de puces en sous-traitance. Actuellement, TSMC est devenu le goulot d’étranglement pour l’industrie électronique mondiale. Alors que des concurrents comme Samsung ou Intel peinent à prouver qu’ils peuvent produire des puces haute performance à grande échelle, la demande d’Apple, Nvidia et Qualcomm crée une tension qui affecte aussi bien les smartphones que les superordinateurs et les véhicules dernier cri.

On le documente depuis des mois sur L’Éclaireur Fnac : tous les produits tech commencent déjà à coûter plus cher qu’un an plus tôt. Le cas des consoles de jeu est d’ailleurs assez illustrateur de la situation ubuesque que l’on traverse : les PS5 et Xbox Series coûtent aujourd’hui plus cher qu’à leur lancement, en 2020. Une première dans l’industrie. Même Nintendo a dû annoncer une hausse du prix de sa Switch 2 au 1er septembre 2026, alors que sa console vient juste de fêter son premier anniversaire.

De son côté, Apple, qui fait office de boussole tarifaire pour de nombreux marchés tech, a également annoncé une augmentation généralisée sur tous les produits, ou presque, de son catalogue.

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