Porté par Ethan Hawke, Les contrebandiers est attendu dans les salles de cinéma françaises le 16 septembre. Un thriller aux allures de western efficace bien qu’il ne renouvelle pas la formule. Critique.
Introduction
On l’a connu dans la peau d’un jeune garçon sensible et timide dans Le cercle des poètes disparus (1989), puis dans le rôle de Vincent Freeman dans le film de science-fiction Bienvenue à Gattaca (1997). Mais quand il ne joue pas les bleus face à Denzel Washington dans Training Day (2001) ou bien le romantique Jesse dans la trilogie de Richard Linklater Before, Ethan Hawke s’illustre aussi dans des propositions cinématographiques comme American Nighmare (2013), Black Phone (2021) et même À couteaux tirés: Glass Onion (2022).
Bref, Ethan Hawke est un véritable touche-à-tout. Et pour son retour au cinéma, ce 16 septembre, l’acteur américain a choisi de se frotter une nouvelle fois au western ; un genre qu’il avait déjà toucher du doigt dans le remake des Sept Mercenaires (2016) ou dans le très rock The Kid (2019). Plus poisseux et ténébreux que ces films, le premier long-métrage en tant que réalisateur de Padraic McKingley suit Samuel Murphy durant la Grande Dépression aux États-Unis. Veuf, il élève seul sa fille Penny mais peine à joindre les deux bouts. Les choses vont s’empirer quand Murphy est envoyé dans un camp de travail dans l’Oregon après avoir agressé par erreur un policier.
Condamné à plusieurs mois de travaux forcés, le détenu va se voir proposer un marché par Clancy (Russell Crowe), son directeur de prison : en échange de sa liberté, Murphy est chargé de transporter secrètement de l’or. Aux côtés d’autres prisonniers, notre héros va donc devoir traverser la forêts en espérant échapper aux dangers qui les guettent.
Un thriller efficace
Imaginé à la fois comme un western, un thriller et un road-movie à travers les bois de l’Oregon, Les contrebandiers apparaît particulièrement efficace. Loin de la mise en scène spectaculaire de The Revenant — auquel il est souvent comparé — le film repose avant tout sur l’interprétation impeccable de son acteur principal et l’atmosphère sombre que le réalisateur est parvenu à installer.
Ainsi, le long-métrage rappelle à nos mémoires un autre classique du genre, Délivrance de John Boorman, chef-d’œuvre de 1972 qui voyait une bande d’amis traverser la Caroline du Nord et la Géorgie en canoë entre aléas du milieu naturel et dangers humains.
En montrant avec difficulté et violence le long voyage de Murph et de ses acolytes, Padraic McKingley parvient à installer une atmosphère pesante et à faire de son casting d’ensemble de véritables proies. Car au-delà des dangers de la nature, l’or pourrait faire perdre la tête à ceux qui le transporte. Pire encore, il pourrait attirer les convoitises de rôdeurs.
Ethan Hawke mérite l’or
Si la démonstration des Contrebandiers peine parfois dans son rythme, le film peut ainsi compter sur son ambiance. Bien que le long-métrage apparaisse parfois répétitif dans les péripéties auxquelles se frottent nos personnages, sa distribution d’ensemble apparaît convaincante. Présenté dans plusieurs festivals dont la Berlinale et le Sundance cette année, Les contrebandiers peut surtout compter sur la performance aussi habitée que physique d’Ethan Hawke.
L’acteur américain porte sur ses épaules le film délivrant une performance à la fois humaine et captivante. Un mélange complexe entre torpeur et horreur face à un Russell Crowe fidèle à son charisme légendaire bien que trop absent du film.
Les contrebandiers bien qu’il ne renouvelle pas le genre apparaît comme un thriller efficace. À travers son premier long-métrage, Padraic McKingley est parvenu à offrir une aventure fidèle aux films des années 1970, âpre et immersive. Bien que les rebondissements soit attendus et que la tension peine parfois à atteindre une certaine puissance, la mise en scène et l’interprétation d’Ethan Hawke permettent au film d’avoir une réelle empreinte. Intéressant !