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Mort de Tony Gatlif : 6 films phares d’un poète nomade du cinéma

04 septembre 2026

Par Arthur

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©Princes Production

Le réalisateur français Tony Gatlif est décédé ce 2 septembre 2026 à l’âge de 77 ans. Cinéaste de l’errance, de la marge et de la liberté, il aura marqué le 7ᵉ art par sa mise en scène organique, poétique et révoltée. Du portrait brut des cités aux road-movies à travers le monde, retour sur six films majeurs qui incarnent la fougue et la beauté de son cinéma.

Introduction

Le monde du cinéma et de la musique est en deuil. Le cinéaste, scénariste, acteur et compositeur français Tony Gatlif s’est éteint à Arles à l’âge de 77 ans. Né à Alger sous le nom de Boualem Dahmani, d’un père kabyle et d’une mère gitane, il aura consacré plus de quarante ans de carrière à célébrer la marginalité, l’errance, la liberté et l’énergie brute de la culture gitane.

Raconter le cinéma de Tony Gatlif, c’est parler d’un cinéma du corps, du rythme et de la musique, où la caméra danse au même titre que les personnages. Pour lui rendre hommage, retour sur 6 films emblématiques qui ont marqué sa filmographie vibrante.

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Les Princes (1983)

Premier éclat majeur dans la carrière de Tony Gatlif, Les Princes pose les fondations de toute son œuvre à venir. Le film dresse le portrait poignant et sans fard de Roms vivant dans une cité HLM en banlieue parisienne. Loin des clichés romantisés comme du misérabilisme, Gatlif montre avec une fureur poétique le choc entre tradition, marginalité et modernité. C’est le film qui a révélé son style brut, authentique et sans concession.

Latcho Drom (1993)

Véritable chef-d’œuvre poétique et musical, Latcho Drom (« Bon voyage » en romani) est une ode documentaire à l’épopée du peuple rom. Du désert du Rajasthan aux collines de l’Andalousie, en passant par l’Égypte, la Roumanie et la France, le film retrace l’histoire des Roms uniquement par la musique, le chant et la danse. Sans commentaire ni dialogue explicatif, Gatlif laisse la musique raconter le voyage, les souffrances et la fierté d’un peuple.

Gadjo Dilo (1997)

Dernier volet d’une trilogie consacrée aux Roms (après Les Princes et Latcho Drom), Gadjo Dilo (« Le fou d’étranger ») fait exploser la notoriété de Tony Gatlif auprès du grand public. Le film suit Stéphane (incarné par un jeune Romain Duris), un Français qui parcourt la Roumanie à la recherche d’une chanteuse inconnue et finit par s’immerger dans un village rom auprès du génial Izidor. Rempli d’une énergie communicative, d’humour, de drame et de mélodies inoubliables, le film devient culte.

Vengo (2000)

Avec Vengo, Tony Gatlif pose ses caméras en Andalousie et livre un hymne passionné au flamenco. À travers une histoire de vengeance familiale et de fraternité, le réalisateur capte la transe, le fado de l’âme et la fureur de vivre portée par le danseur espagnol Antonio Canales. Le film a été récompensé par le César de la meilleure musique de film en 2001, soulignant à quel point le son et la bande originale sont indissociables de la mise en scène du cinéaste.

Exils (2004)

Récompensé par le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 2004, Exils est un road-movie intime et vibrant. Zano (Romain Duris) et Naïma (Lubna Azabal), deux jeunes de la banlieue parisienne, décident de faire le chemin à travers la France et l’Espagne jusqu’en Algérie, sur les traces des racines oubliées de leurs parents. Une quête identitaire portée par un rythme effréné, entre électro et musiques traditionnelles soufies.

Liberté (2009)

Inspiré de faits historiques réels, Liberté (connu aussi sous le titre Korkoro) rend hommage à la mémoire méconnue des Roms durant la Seconde Guerre mondiale. Le film, qui met en scène Marc Lavoine et Marie-Josée Croze, aborde le drame de la sédentarisation forcée et de l’internement des Tsiganes en France sous le régime de Vichy. Gatlif signe un film humaniste et politique sur le refus de la soumission et la soif inextinguible de liberté.

Article rédigé par

rédacteur série TV sur Fnac.com

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