En 2026, Disney ressuscite « Camp Rock », sa saga culte des années 2000 avec Demi Lovato et les Jonas Brothers. Mais entre nostalgie forcée, intrigue expédiée et redites, ce troisième volet manque cruellement de charme. Était-ce vraiment une bonne idée ?
Introduction
Le troisième volet du téléfilm Camp Rock a débarqué cet été. Et on ne sait pas trop si on devrait s’en réjouir. Pour poser les bases, Camp Rock, c’est LA saga de comédies musicales télévisées pour ados qui a marqué la fin des années 2000. Le premier volet était sorti en 2008 et le second en 2010, tous deux diffusés (en boucle) sur Disney Channel. Le troisième, lui, vient de débarquer le 13 août 2026 directement sur Disney Plus. Soit seize ans après. Mais était-ce vraiment une bonne idée de ressusciter ce teen drama ?
L’histoire originale ? On y suit Mitchie Torres (incarnée par Demi Lovato), une lycéenne un peu solitaire et timide, mais dotée d’une voix incroyable. Son rêve absolu : intégrer « Camp Rock », une colo d’été musicale ultra-réputé pour avoir déniché des stars comme le célèbre groupe « Tous pour 1 » (les Jonas Brothers dans la vraie vie).
C’est là qu’intervient Shane Gray (Joe Jonas), le chanteur vedette du groupe, un brin énigmatique et arrogant. Envoyé au camp contre son gré pour y donner des cours et redorer son image, il doit aussi trouver l’artiste avec qui enregistrer son prochain duo. Il est accompagné par ses frères et coéquipiers (Nate et Jason, joués par Nick et Kevin Jonas), même s’ils sont plus en arrière-plan dans le premier opus.
Contre toute attente (ou pas), c’est de Mitchie, la fille impopulaire sans réseau ni privilèges, que Shane va tomber amoureux. Et ce, au grand dam de Tess, l’ennemie jurée de Mitchie, qui se voyait déjà filer le parfait amour avec lui grâce à sa notoriété (ou plutôt celle de sa mère, superstar de la pop). Heureusement, Mitchie peut compter sur Caitlyn (Alyson Stoner, révélée dans Sexy Dance), la meilleure amie fidèle toujours prête à la soutenir.
En deux films, cette saga un tantinet mièvre a complètement façonné la pop culture de la Gen Z. Aujourd’hui encore, elle squatte les fils TikTok avec des reprises virales, notamment la chanson Wouldn’t Change A Thing et son fameux « You ? Me ? » face-à-face ou détourné derrière des portes ou des abribus.
Soyons honnêtes. Quand Camp Rock 1 est sorti en 2008, on était toutes et tous là, collés à notre écran de télé, à chanter le tube This Is Me à pleins poumons dans notre salon en imaginant qu’on était Mitchie Torres. Le carnet jaune à chansons, Shane Gray et sa mèche rebelle, Tess (Meaghan Jette Martin), la fille populaire bitchy qui mène ses trois copines à la baguette: tout cela a des airs de madeleine de Proust aujourd’hui.
Alors quand Camp Rock 2 a débarqué avec ses chambres climatisées, sa guerre des camps et l’ex-diva hautaine qui trahit tout le monde pour rejoindre Camp Star, on a quand même suivi. Et maintenant, il y a un troisième volet. Mais on reste pour le moins dubitatif.
Le copier-coller assumé
Parce que Camp Rock 3 reprend absolument tous les codes des précédents. La danse en ligne du camp ? Elle est là. La chorégraphie avec le clap de mains sous les genoux qui a marqué pour la vie tous les ados des années 2000 ? Présente. Les chansons ? Pour la plupart des reprises des deux premiers volets. Connie Torres, la mère de Mitchie, qui est passée de cuisinière du camp à directrice en l’espace de deux films (sans qu’on comprenne vraiment comment) ? Elle est là aussi. Les Jonas Brothers ? Évidemment. Tout comme le fameux carnet jaune à chansons de Mitchie qui a — ce n’est pas une blague — plus de temps d’écran dans ce troisième film que Demi Lovato elle-même.
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Si la nouvelle méchante n’est plus blonde, mais rousse, le trope de la rivalité reste strictement identique. Elle est super connue, super populaire, tout le monde veut devenir son amie. Les autres sont d’ailleurs officiellement appelés « les super mégas extras losers », comme dans les précédents.
La recette sans les ingrédients secrets
Ce qui manque cruellement dans ce troisième volet, c’est le charme bancal et sincère des débuts. Il y avait quelque chose d’attachant et de frais dans les petits défauts et les clichés de Camp Rock 1. La fille timide qui inventait une vie de star à sa mère pour plaire aux élèves populaires, le garçon star incompris, les tenues improbables (l’empilement T-shirt orange, legging zébré vert sous un pantacourt kaki), les blagues pas drôles accueillies par des rires à gorge déployée. C’était simple, réconfortant, et on pouvait facilement s’y retrouver.
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Camp Rock 3, lui, est trop lisse. Pas un cheveu qui dépasse, tout s’enchaîne à toute vitesse comme si on regardait une suite de vidéos TikTok, et cette perfection paradoxalement lui retire toute son énergie brute. Il y a bien quelques efforts de modernisation (problèmes d’addiction aux téléphones et des réseaux sociaux, la mode des jeans baggy, plus de diversité à l’écran), mais cela ne suffit pas à recréer ce charme indéfinissable qu’avaient les deux premiers téléfilms.
L’enjeu central du film tourne autour de la première partie des « Tous pour 1″/Jonas Brothers. Le camp doit organiser un grand concours pour désigner l’élève qui aura l’honneur de la faire. Une intrigue classique, mais expédiée ici en deux temps trois mouvements, où tous les obstacles se résolvent comme par magie et sans le moindre effort.
Et c’est bien là le problème. Camp Rock sans maladresse, sans vraie tension dramatique, sans la mèche mythique de Shane et sans la voix cachée de Mitchie au fond de la cuisine qui nous avait tous retourné·e·s dans le premier, c’est un Camp Rock sans âme.
Alors oui, c’est toujours aussi cringe. Oui, on a quand même regardé jusqu’au bout. Et oui, on a quand même chantonné. Mais soyons honnête : ce troisième volet ressemble surtout à un épisode de trop, produit uniquement pour surfer sur la nostalgie d’une franchise qui cartonnait. Et le carnet jaune à chansons de Mitchie méritait mieux que ça.