Avec Adieu monde cruel, le scénariste du film d’animation Arco, Félix de Givry, présente son premier long-métrage en tant que réalisateur. Un récit d’apprentissage porté par Milo Machado-Graner en demi-teinte.
Introduction
Otto Vidal a disparu. Mais avant de partir, l’adolescent de 14 ans a envoyé une lettre à sa classe dans laquelle il raconte le harcèlement qu’il a subi et qui l’a poussé à se donner la mort. Sauf que tout ne va pas se passer comme prévu et la tentative d’Otto va échouer. Bien décidé à faire croire, malgré tout, à sa disparition, le jeune garçon va alors errer dans les rues de la ville jusqu’à être reconnu par Léna, une fille de son lycée. Cette dernière va l’aider à se cacher ; le point de départ de leur idylle.
Réalisé par Félix de Givry, Adieu monde cruel met en scène Milo Machado-Graner (Anatomie d’une chute, 2023) face à Jane Beever. Ensemble, ils donnent corps à ce récit d’apprentissage pas comme les autres. Car en filmant la fuite et les secrets de ces deux adolescents, le réalisateur présente une nouvelle histoire sur la trajectoire d’un garçon perdu, secouru par une jeune fille, à l’instar de ce que racontait Arco (2025), le film d’animation primé au Festival d’Animation d’Annecy, que Félix de Givry avait co-scénarisé avec Ugo Bienvenu.
Une démonstration décevante
Cependant à l’univers futuriste et coloré d’Arco, le réalisateur préfère ici offrir un film sombre, inspiré des drames noirs des années 1970 dans lequel la nuit et les couleurs bleuâtres fondent la mise en scène. Une patine qui apporte une identité au long-métrage mais dénote par rapport à la contemporanéité des décors. Surtout, cela interroge l’intérêt scénaristique.
Car outre cette histoire d’amour débutante, Adieu monde cruel manque terriblement de rythme ou de réels enjeux. Si parfois le duo d’acteurs ressemble à un Roméo et Juliette des temps modernes, le film peine à convaincre par son ancrage semblant préférer la forme plutôt que le fond.
Il en ressort un film en demi teinte. Car si une certaine poésie se dégage parfois d’Adieu monde cruel, le long-métrage présenté au Festival de Cannes 2026 à l’occasion de La semaine de la critique peine à convaincre par son rythme et une démonstration trop intellectuelle d’un certaine cinéma d’auteur français. Malgré un sujet chargé et un personnage complexe — presque amoral — le premier film de Félix de Givry ne parvient pas vraiment à nous saisir. Restera l’interprétation de son duo : le touchant Milo Machado-Graner et la magnétique Jane Beever.