Critique

Un grand raccourci : chronique d’une jeunesse bretonne

12 août 2026

Par Lisa Muratore

Illustration
“Un grand raccourci”, en salle le 12 août. ©UFO Distribution

Avec Un grand raccourci, Armand Foëx et Clément Devilliers dressent le portrait d’une jeunesse bretonne désireuse de trouver sa place, dans un premier film drôle et émouvant. Critique.

Introduction

C’est l’histoire de deux passionnés de cinéma qui se sont lancés le défi d’écrire, produire et monter leur premier film ensemble. Ce mercredi 12 août, leur rêve se réalise : Armand Foëx et Clément Devilliers dévoilent dans les salles obscures Un grand raccourci.

Originaire de Nantes, le duo a choisi de raconter l’histoire de deux cousins – Grégoire (François Le Bris) et Corentin (Jules Porier) – qui libèrent des rats dans un village de Bretagne en espérant que leur entreprise de dératisation décolle. Au même moment, deux jeunes femmes, Maeva (Louise Labèque) et Louise (Sara Montpetit), tentent de truquer un concours de beauté local. Leurs chemins vont finir par se croiser alors qu’ils et elles tentent de s’en sortir et de trouver leur place.

Sara Montpetit et Louise Labèque dans Un grand raccourci.©UFO Distribution

Une comédie sociale

En racontant l’histoire de ces quatre parvenus, c’est un peu leur propre parcours qu’Armand Foëx et Clément Devilliers mettent en image. À seulement 22 ans, les deux amis, qui se sont rencontrés sur le banc du collège il y a dix ans, ont eu le cran de monter leur premier film avec seulement 200 000 €, aidés par une distributrice rencontrée, en 2025, au Festival de Cannes.

À force de persévérance et de débrouillardise, les deux cinéastes ont réussi à offrir un premier film avec du cœur. En racontant en miroir le destin de ces quatre personnages, ils donnent non seulement à voir des scènes aussi drôles qu’absurdes, mais entourent également leur film de sujets plus profonds. L’enfance en milieu rural, la difficulté pour la jeunesse de s’en sortir ou le deuil sont autant de thèmes qui parcourent le long-métrage par touche, sans jamais tomber dans le pathos.

François Le Bris et Jules Porier dans Un grand raccourci. ©UFO Distribution

Car il ressort avant tout d’Un grand raccourci un film lumineux sur les liens qui comptent et ceux que l’on tisse. À la manière d’un récit d’apprentissage, Armand Foëx et Clément Devilliers offrent un coming-of-age movie amusant et émouvant, filmé à la hauteur de la jeunesse.

Un récit d’apprentissage made-in Bretagne

La représentation de cette dernière peut d’ailleurs compter sur un séduisant casting. Un quatuor tour à tour pudique, maladroit et touchant – profondément humain, en somme. Sans jamais tomber dans la caricature, le film capture avec sincérité les hésitations, les élans et les fragilités de cet âge, offrant un portrait à la fois vrai et sensible. Ensemble, les comédiennes et comédiens profitent d’une alchimie certaine, parfois décalée, mais toujours convaincante.

On saluera d’ailleurs l’attention portée aux personnages plutôt qu’aux gags. En effet, là où l’on aurait pu redouter une franche comédie, Un grand raccourci choisit de s’aventurer sur le terrain de la chronique sociale avec humour, son point de départ complètement absurde donnant l’occasion de dépeindre ces jeunes Bretons aux solutions improbables.

La bande-annonce du film Un grand raccourci.

Il faut dire qu’Armand Foëx et Clément Devilliers savent de quoi ils parlent. En bricolant ce premier long-métrage, on pourrait penser que les deux réalisateurs se mettent en scène et insufflent dans leurs personnages leurs propres doutes. Un jeu presque méta qui donne toute son énergie au long-métrage.

Grâce à son cœur, son humour absurde et son regard tendre sur une jeunesse en quête d’avenir, Un grand raccourci, entre chronique sociale et comédie décalée, met en scène des personnages attachants dans une Bretagne à la fois rude et chaleureuse. Le film s’impose comme une œuvre fraîche et sincère. En somme, un premier film très prometteur, à découvrir le 12 août au cinéma.

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Article rédigé par

Journaliste

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