Critique

Kraken : pourquoi faut-il voir ce film d’horreur sanglant ?

29 septembre 2026

Par Lisa Muratore

Illustration
“Kraken“, en salle le 30 septembre 2026. ©MARVELOUS PRODUCTIONS – RIGGINS FILMS – PROD LAB – N9NE STUDIO – KABO - ALLIANCE DE PRODUCTION

Attendu ce mercredi 30 septembre dans les salles obscures, Kraken symbolise une nouvelle proposition d’horreur française, intelligente et terriblement violente. Critique.

Introduction

Le cinéma de genre français se met, déjà, à l’heure d’Halloween. En effet, quelques semaines avant la célèbre fête païenne, Mohamed Chabane et Théo Jourdain Rhodes proposent, ce mercredi 30 septembre dans les salles obscures, Kraken, un huis clos sanglant imaginé au cœur d’une tour. Alors que celle-ci alimente les rumeurs, une série de disparitions va pousser cinq jeunes à retourner dans l’immeuble. Ensemble, ils vont découvrir qu’un mal rôde et qu’il leur sera bientôt impossible de sortir.

Imaginé dans les décors de la cité de la Grande Borne, à Grigny, Kraken renvoie bien sûr à la figure mythologique, celle qui vous dévore. Mais ici le monstre tentaculaire laisse place à une bête de béton, obscure et dangereuse. Un personnage à part entière qui favorise un ancrage dans le réel. C’est d’ailleurs ce qui fait la force du long-métrage : à la menace mystique le duo de réalisateurs préfère ici la brutalité de la réalité.

Manon Bresch dans Kraken. ©MARVELOUS PRODUCTIONS – RIGGINS FILMS – PROD LAB – N9NE STUDIO – KABO - ALLIANCE DE PRODUCTION

Une menace plus vraie que nature

Pour cela, Mohamed Chabane et Théo Jourdain Rhodes ont imaginé un slasher plus vrai que nature qui s’inscrit dans son époque, son pays et qui apparaît — métaphore du cinéma de genre oblige — proche des considérations sociales liées aux cités. Les cinéastes déforment ainsi l’image de « cette chose » autant psychologiquement que physiquement pour en faire un mal absolu, presque immortel.

Malgré cette bête infatigable, l’ancrage dans le réel vient appuyer le graphisme des mises à mort. Ainsi, Kraken n’hésite pas à sombrer dans le gore et le viscéral ; un choix artistique qui donne toute sa force visuelle au long-métrage et qui rappelle des propositions comme Resident Evil ou bien Evil Dead Burn.

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Kraken s’inscrit, par ailleurs, dans le cinéma de genre et d’horreur français qui émerge depuis quelques années sur nos écrans. Il rappelle ainsi un certain Vermines de Sébastien Vaniček qui plaçait également nos personnages dans la tour d’une cité alors qu’ils devaient faire face à une invasion d’araignées. On pourrait également évoquer La tour (2023) film d’épouvante fantastique réalisé par Guillaume Nicloux ou encore La horde (2009) dans un registre plus zombiesque.

Kraken poursuit son exploration du cinéma de genre en choisissant pour décor celui des cités. Un argument scénaristique qui le distingue de ces prédécesseurs et l’inscrit dans un réalisme brut et une efficacité certaine.

Porté par Manon Bresch, Alassane Diong et Bilel Chegrani, Kraken peut également compter sur La Mano 1.9 et Gazo dans leur premier rôle au cinéma pour donner vie à cette vision des banlieues intelligente, loin d’être manichéenne. Si par moments le rythme s’essouffle et la tension laisse place à peu de surprise, le premier film de son duo de réalisateurs représente avant tout une proposition de cinéma de genre intéressante, comme la France, depuis quelques années, en a le secret.

La bande-annonce de Kraken.

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