Critique

Evil Dead Burn : un carnage minutieux

08 juillet 2026

Par Robin Negre

Illustration
“Evil Dead Burn”, en salle le 8 juillet 2026. ©Metropolitan

Le nouveau film de la saga revient aux fondamentaux et à ce qui a fait le succès des premiers films Evil Dead, avec une personnification efficace du mal à l’état pur. Critique.

Introduction

Toutes les sagas horrifiques des dernières décennies ont droit à leur suite, remake ou reboot. Evil Dead, référence parmi les références du genre, connaît également un nouveau souffle cette année avec Evil Dead Burn, trois ans après le réjouissant Evil Dead Rise et avant Evil Dead Wrath en 2028.

Cette fois, c’est au tour du réalisateur français Sébastien Vaniček (Vermines, 2023) de s’emparer du mythe et… de revenir à l’essentiel : un huis clos, une violence déchaînée et aucun répit. Terriblement efficace.

Evil Dead Burn.©Metropolitan

Evil Dead est un monument de la culture cinématographique. Les trois premiers films réalisés par Sam Raimi sont entrés dans l’inconscient collectif et sont plébiscités par les amateurs du genre.

Grâce au langage cinématographique développé par le cinéaste, à son personnage culte (Ash) et à l’inventivité d’un postulat aussi simple qu’imparable (un livre des morts et l’apparition, littérale, du mal), Evil Dead est devenu culte. Dans Evil Dead Burn, Sébastien Vaniček s’intéresse à une famille endeuillée, rassemblée dans un manoir isolé en forêt à la suite de funérailles. Quand les forces du mal font leur apparition, les masques tombent et l’horreur commence. Au cœur du film, l’actrice Souheila Yacoub (impressionnante, dans l’intensité constante) tente de survivre.

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Carnage absolu

Avec son nouveau long-métrage, Sébastien Vaniček se lâche complètement. Le réalisateur a bien compris l’exercice. La saga Evil Dead n’a aucune limite, aucun tabou et les films peuvent aller dans l’horreur graphique et insoutenable. Inventif dans la réalisation ainsi que dans la mise en scène du carnage total, le cinéaste revient à l’essence thématique de la saga. Les humains ne peuvent pas résister au mal. Quand les ténèbres jaillissent de la Terre et prennent contrôle des hommes et des femmes, l’espoir disparaît, seule la violence prévaut et la bassesse ressort.

Sadique, brutal, sans concession… Evil Dead Burn est un body horror aux mises à mort imparables. Issu du monde des clips et des courts-métrages, Sébastien Vaniček propose de nombreuses séquences qui s’apparentent à de petits films. Ces derniers s’articulent autour d’un lieu précis (la voiture, l’escalier, la cuisine…) et ont un enjeu clair, entre un protagoniste et son antagoniste. Le tout est imaginé au service du gore grâce à des mouvements de caméra inspirés.

Evil Dead Burn.©Metropolitan

Sébastien Vaniček + Florent Bernard

C’est probablement le point de fort d’Evil Dead Burn. Si Sébastien Vaniček réalise le film, il le coécrit avec Florent Bernard (Nous, les Leroy, 2024). Les deux artistes ont des références différentes. Sébastien Vaniček ne s’en cache pas. Il a découvert Evil Dead grâce au film ultraviolent de Fede Álvarez sorti en 2013. Florent Bernard lui, a été influencé par la trilogie de Sam Raimi. Ces deux portes d’entrée distinctes permettent au film de trouver sa voie.

Car si Evil Dead a toujours représenté l’horreur, le gore et l’effroi, les films de Sam Raimi sont emplis d’humour et d’absurde. C’est cet équilibre audacieux qui a fait de la saga une référence du genre. Sébastien Vaniček apporte l’hémoglobine, Florent Bernard contre-balance avec sa connaissance intrinsèque de la franchise et son second-degré. La mythologie emblématique est respectée (avec un point de départ très intéressant), tandis que la rencontre entre le gore et l’absurde permet aux scènes de s’élever.

Evil Dead Burn.©Metropolitan

Ceci étant dit, on pourrait reprocher au film sa photographie un peu terne, surtout dans sa première partie, qui rappelle trop certaines propositions d’horreur un peu fauchées des années 2000. Dans la seconde partie, néanmoins, elle prend tout son sens grâce à la mise en valeur des lieux et des décors.

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Evil Dead Burn est un exutoire violent et fatal. Face aux forces des ténèbres, les personnages deviennent des marionnettes corruptibles qui cèdent les unes après les autres.

Évoquant les peurs primaires associées aux forêts isolés et aux manoirs délabrés, le long-métrage de Sébastien Vaniček conserve tout le charme de la saga tout en étant ancré dans la modernité, avec des protagonistes ambigus et complexes. Le film rappelle une vérité des plus pessimistes : quand le mal fait son apparition, c’est que l’être humain lui a ouvert la porte.

La bande-annonce d’Evil Dead Burn.

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