Après avoir conquis le public en animation, Vaiana débarque en live action dans les salles ce mercredi 8 juillet. Une adaptation fidèle et réussie, ou une déception face à l’original de 2016 ? Critique.
Introduction
Si le dernier projet de live action, à savoir Lilo & Stitch (2025), avait su surprendre et éveiller la curiosité, notamment grâce au cinéaste choisi pour cette adaptation en prise de vues réelle – Dean Fleischer Camp, réalisateur du merveilleux Marcel le coquillage (avec ses chaussures) (2021) –, l’annonce du projet d’adaptation de Vaiana a très vite effrayé bon nombre de fans de Disney.
La sempiternelle question qui se pose à chaque sortie d’un live action n’a pas manqué de nous assaillir une nouvelle fois : pourquoi un film en prise de vue réelle est-il nécessaire, hormis pour faire fonctionner la machine à cash de la firme aux grandes oreilles ?

Nécessité ou appât du gain ? Telle est la question… ou pas !
Si certains remakes, comme Blanche Neige (2025) ou La petite sirène (2023), tentaient au moins de justifier leur existence en proposant une relecture plus contemporaine de leur matériau d’origine – qu’il s’agisse d’adopter une approche plus féministe ou, dans le cas d’Ariel, de confier le rôle à Halle Bailey, un choix qui avait malheureusement déclenché une vague de haine raciste sur les réseaux sociaux –, Vaiana peine, lui, à démontrer la raison de son existence.
À peine dix ans après la sortie du film d’animation, cette adaptation en prise de vues réelle interroge avant tout sur les motivations qui ont conduit Disney à la produire. Une décennie est loin d’être un saut temporel suffisant pour justifier une nouvelle adaptation, qu’il s’agisse d’offrir une relecture d’une histoire devenue obsolète ou, tout simplement, de raviver une quelconque fibre nostalgique chez les spectateurs. Et ce nouveau film en est la preuve vivante.
Vaiana coule sans aucune possibilité de sauvetage (ou presque)
Dans cette adaptation, Vaiana doit, une nouvelle fois, restituer le cœur de Tefiti afin de rendre à la nature sa force et rétablir l’équilibre du monde. Le live action ne fait aucun pas de côté et s’immerge dans un film quasi copié-collé de la version initiale réalisée par Ron Clements et John Musker. Si la palette colorimétrique insufflait une vitalité débordante au film d’animation, mais aussi au propos véhiculé tout au long de celui-ci, le réalisme, censé humaniser davantage les personnages, mais aussi les thématiques écologiques, les affadit.
Le seul aspect qui pourrait donner envie aux spectateurs de se rendre dans les salles est bien évidemment cette transposition de l’animation dans le réel. Malheureusement, Disney semble faire l’économie des effets spéciaux et nous propose à maintes occasions des effets numériques qui oscillent entre le faux réalisme et une forme appuyant l’aspect artificiel du moment qui nous est présenté avec, par exemple, un océan trouble et une Tefiti qui semble intégralement conçue en images de synthèse aux couleurs criardes.

Du côté des chanson, orchestrées par Lin-Manuel Miranda, maître incontesté du 4e art chez Disney, on reste sur sa faim. Le film aurait gagné à proposer plusieurs morceaux inédits pour séduire davantage les admirateurs du dessin animé. Quant aux réarrangements, ils ronronnent bien trop en se calquant sur les musiques originales pour qu’on puisse être surpris et les apprécier.
L’un des avantages, et ils sont bien trop rares pour ne pas être mis en (bleu) lumière, réside majoritairement dans le duo formé par Catherine Laga’aia, qui joue l’incandescente et pétillante Vaiana, et Dwayne Johnson, qui, après lui avoir prêté sa voix en 2016, incarne Maui. Le duo parvient à rester fidèle aux personnages tout en proposant quelque chose de nouveau, parfois un peu lourdement dans le cas de The Rock, mais sans jamais trahir l’alchimie qui faisait déjà le sel de la relation du demi-dieu et de la jeune fille. Leur complicité, qui semble naturelle, permet de préserver en partie la magie de l’œuvre originale et insuffle assez de chaleur et de dynamisme pour faire oublier – par des instants, je le concède, bien trop courts – les nombreuses limites du film.
Le live action Vaiana mérite-t-il son label vert ?
Le long-métrage tente malgré tout de véhiculer, tout comme son prédécesseur animé, un message écologique qui n’est sans doute jamais assez rappelé et qui mérite d’être martelé : la nécessité pour mes êtres humains de vivre en harmonie avec la nature et de préserver les écosystèmes dans lesquels ils vivent. Pourtant, alors que les confinements de la pandémie de Covid-19 ont un temps laissé entrevoir une nature reprenant ses droits, avant que les activités humaines ne reprennent leur cours, le discours écologique, bien que toujours présent dans ce live action, demeure encore un brin timide et aurait gagné à être plus affirmé dans des scènes qui auraient pu être plus ambitieuses et mieux développées.
Vaiana, le remake en live action de trop ? Voilà déjà plusieurs années que Disney semble avoir franchi ce cap. Lilo & Stitch faisait figure d’exception, mais Vaiana ne fait que confirmer la règle.