Critique

De la Comédie-Française : en coulisses avec Pauline Clément

20 juillet 2026

Par Lisa Muratore

Illustration
“De la Comédie-Française”, en salle le 22 juillet 2026. ©Atelier de production/Comédie-Française/France 2 Cinéma

Lauréat de plusieurs prix au Festival de l’Alpe d’Huez en début d’année, De la Comédie-Française débarque le 22 juillet au cinéma. L’occasion pour Bertrand Usclat et Martin Darondeau de nous inviter dans les coulisses du théâtre le plus célèbre de France pour une comédie tendre et irrévérencieuse.

Introduction

Entrez dans les coulisses de la Comédie-Française. Le 22 juillet, Martin Darondeau et Bertrand Usclat nous font pénétrer dans la plus grande institution théâtrale de notre pays à quelques heures de l’ouverture de Macbeth mis en scène par Nina (Pauline Clément). Une première pour la jeune femme qui, entre coups de stress, problèmes techniques, retards et ego, va tout faire pour que le rideau se lève.

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Reparti triomphant du Festival de l’Alpe d’Huez – avec notamment le prix du Jury et du Public – De la Comédie-Française raconte sous la forme d’un huis clos les pérégrinations de Nina et de sa troupe dans les couloirs de la Comédie-Française. On y croise ainsi un ouvreur passionné de théâtre, un agent de sécurité un peu trop zélé joué par Guillaume Gallienne et même la réincarnation de Molière lui-même, interprété par Benjamin Lavernhe.

Entre parodie et hommage

Ensemble, les réalisateurs convoquent les sociétaires de la Comédie-Française, mais aussi tout son « folklore » afin de rendre hommage à l’un des lieux les plus symboliques de la culture française. Pour autant, le duo n’oublie pas d’y apporter son humour aussi tendre qu’irrévérencieux, presque parodique, pour dynamiter l’image solennelle de la Maison de Molière.

En utilisant le ton qui faisait déjà le succès de leur shortcom, Broute, Bertrand Usclat et Martin Darondeau brisent le secret autour de cette institution, jouant toujours sur le contraste entre le sérieux de la Comédie-Française, ses traditions et un aspect déjanté bienvenu.

Pauline Clément incarne Nina dans De la Comédie Française.©Atelier de production/Comédie-Française/France 2 Cinéma

Un casting drolatique

Cela offre ainsi un rythme inédit au film, peuplé en majeure partie de sociétaires de la Comédie-Française. Au casting, on retrouve en effet Laurent Stocker, Julien Frison, Marina Hands, Adeline d’Hermy ou encore Danièle Lebrun – au pouvoir comique certain. Ensemble, ils forment une troupe aussi drôle qu’égocentrique, le film interrogeant, outre son sublime écrin, le fameux « melon des acteurs ». Avec humanité et légèreté, les réalisateurs posent un regard moqueur, mais jamais acerbe, sur les sociétaires de la Comédie-Française.

Et au milieu, Pauline Clément, muse de Bertrand Usclat. En incarnant Nina, elle porte sur ses épaules la troupe, mais surtout le film, lui offrant toute son émotion, entre doutes de la première et excitation du lever de rideau. Au-delà des gags, De la Comédie-Française donne à voir tout l’investissement d’une artiste dans son œuvre, Nina/Pauline Clément navigant tant bien que mal dans les couloirs du théâtre.

La bande-annonce De la Comédie Française.

C’est d’ailleurs ce mélange entre fiction et réalité qui donne tout son sel au long-métrage. En nous invitant dans les coulisses de la Comédie-Française, Bertrand Usclat et Martin Darondeau interrogent l’institution, ses codes, mais nous invitent aussi à comprendre le métier d’acteur et d’actrice, entre intimité et drôlerie.

En mélangeant tradition et humour dans l’écrin que représente le bâtiment Richelieu, le film est un huis clos tendre et mordant sur l’art du théâtre ainsi que sur le collectif. En filmant les épreuves de Nina, les cinéastes proposent une comédie bourrée de fraîcheur. Bien que certains moments aient du mal à décoller – on regrette parfois que le film n’aille pas dans de plus grands éclats –, il reste de De la Comédie-Française une proposition cinématographique (et théâtrale) amusante, jamais gratuite, et parfois même profonde sur le métier d’acteur, l’art vivant et sa légitimité.

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Article rédigé par

Journaliste