La plus célèbre saga des studios Pixar continue de s’imposer comme une référence incontournable de l’animation.
Introduction
On pensait la saga Toy Story terminée en 2010 avec la sortie du très émouvant Toy Story 3. Puis, Pixar a remis les célèbres jouets vivants sur le devant de la scène avec Toy Story 4, en 2019, faisant entrer la franchise dans une nouvelle ère.
Et si Toy Story était finalement destiné à continuer « éternellement », interrogeant la pertinence des jouets old-school à mesure que les années avancent ? AvecToy Story 5, la réponse devient limpide : Toy Story est le joyau de la couronne Pixar et chaque nouveau film parvient à se démarquer en étant totalement ancré dans son époque.

Un nouveau monde
Tout se passe au mieux pour Jessie, Buzz et les autres. Bonnie est une enfant à l’imagination débordante qui joue quotidiennement avec ses jouets. Seulement, la jeune fille a du mal à se faire d’autres amis. Pour l’aider à s’intégrer, ses parents décident de lui offrir une tablette tactile connectée, Lilypad. L’arrivée d’un jouet high-tech dans la chambre de l’enfant va alors changer la dynamique. Jessie tente de régler la situation et fait face à un tout nouveau monde, fait de tablettes et de réseau internet.
Après Vice-Versa 2 en 2024, Pixar aborde une nouvelle fois l’enfance et les changements liés à l’âge. S’il ne s’agit pas, cette fois-ci, du passage de l’enfance à l’adolescence, l’histoire de la petite Bonnie est marquée par un tiraillement interne : se détourner de ce qu’elle aime et de ce qu’elle est pour correspondre à la norme et être acceptée. Toy Story 5 est peut-être le film de la saga le plus centré sur un enfant. Dans les précédents films, ce dernier était en arrière plan. Désormais, Bonnie est l’une des protagonistes majeures du film. Mais ce changement de paradigme n’oublie pas de mettre en avant les jouets et de renouer avec tout ce qui fait le charme de la saga.

Jessie prend les rênes
On associe principalement Toy Story à Woody et Buzz, les deux héros emblématiques du premier film. Or, ce cinquième long-métrage innove en offrant à Jessie, apparue dans Toy Story 2, le rôle principal. Le film fait ainsi un lien avec le passé de la cowgirl et le traumatisme lié à son abandon. Déterminée à ne pas perdre une nouvelle enfant, elle incarne désormais une leader, surtout depuis que Woody vole de ses propres ailes. Jessie porte en elle la responsabilité du bien-être de Boonie tout en luttant, encore, avec son passé douloureux.
C’est grâce à Jessie que l’émotion née. Ce nouveau Pixar, très drôle au demeurant – un Buzz « premier degré » fait son grand retour –, n’oublie pas non plus la fragilité et la douceur grâce au lien entre Bonnie et Jessie. La première fait face à la violence des enfants et la seconde tente de trouver sa place dans un monde qui l’a trop souvent rejetée. Symbole de ce point de vue recentré sur Jessie, la chanson de Taylor Swift I Knew It, I Knew You illustre l’état d’esprit de la protagoniste, tout en revenant à l’ambiance country de la chanteuse.
Jessie est au cœur du propos et des thèmes du film, mais Buzz et Woody ne sont pas bien loin également. Les deux héros de Toy Story sont certes plus secondaires, mais Pixar joue avec succès la carte de l’iconisation, faisant d’eux l’essence même de la saga.
Entre les retrouvailles et les chamailleries, la relation Woody-Buzz est touchante et rappelle que l’ensemble de la saga s’est construite sur ce duo. Ensemble, ils convoquent la nostalgie du spectateur.

Un propos ancré dans son époque
Quelle place doit avoir la technologie auprès des plus jeunes ? Comment évoluer avec son temps, sans compromettre le développement et le bien-être des enfants ? L’imagination peut-elle survivre dans un monde qui accapare notre attention à chaque seconde ? Pixar s’attaque à un vaste sujet et apporte des réponses sensées et équilibrées. Sans se perdre dans un manichéisme qui rejetterait la technologie à travers un discours moralisateur – alors même que la société d’animation doit son existence à l’invention des ordinateurs et de la 3D –, Toy Story 5 recentre le propos sur l’humain et sur la façon dont ces nouveaux outils sont utilisés.
Le parallèle avec le premier Toy Story en devient intéressant. Les objets – jouets ou tablettes – ne sont pas bons ou mauvais. Tout dépend de l’intention de l’utilisateur. Dans Toy Story (1995), Sid utilisait ses jouets pour s’adonner à ses penchants cruels. Dans Toy Story 5, Lilypad est présentée comme une antagoniste, mais le film montre que la bonté ou la méchanceté d’un objet dépendant encore une fois de ceux qui l’utilisent : les enfants.
Voir sur Fnac.com
Toy Story 5 arrive à point nommé. Après une première trilogie consacrée à Andy et un quatrième film qui semblait un peu à part, tout prend désormais sens. Toy Story 4 était le début d’une nouvelle histoire (une nouvelle trilogie ?), permettant au héros emblématique qu’est Woody de prendre ses distances pour se concentrer sur une autre enfant, Bonnie, et sur d’autres jouets. Après la Bergère dans le précédent film, place à Jessie.
Le cinquième opus prouve que la saga est en mesure d’exister aussi longtemps que Pixar le voudra, tant la qualité demeure. Elle évolue simplement avec son temps, avec ses nouvelles problématiques et continue de parler des émotions humaines, à hauteur de jouets.

Malin et sensible, émouvant et ancré dans les questionnements actuels, Toy Story 5 ouvre une nouvelle porte pour la saga. On pensait que la force de la franchise résidait dans le fait que les jouets pouvaient disparaître à tout moment, remplacés par du neuf.
Le cinquième long-métrage prouve que, même s’ils sont obsolètes, ils continueront d’exister, visibles ou cachés, mais d’autant plus essentiels, surtout si le monde estime qu’ils sont trop vieux. Plus que jamais, Toy Story est profondément tourné « vers l’infini et au-delà… ».