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Prix Joséphine 2026 : on vous raconte la soirée qui a (doublement) sacré Camille Yembe

01 octobre 2026

Par Mathilde Herbiet

Illustration
©rgtalexzndre

Ce mercredi 30 septembre 2026, l’Olympia accueillait la 5e édition du Prix Joséphine, grand rendez-vous des pépites de la scène musicale. Entre envolées bossa nova, beats explosifs et émotions brutes, la cérémonie présidée par Pomme a consacré le talent éclatant de Camille Yembe, autrice d’un doublé historique. Retour sur trois heures de live intense.

Introduction

Ce 30 septembre, les célèbres lettres rouges de la façade de l’Olympia affichent « Prix Joséphine 2026 ». Peu avant 20 h 30, le public rentre dans la salle mythique parisienne, porté par l’excitation de découvrir le show des dix albums finalistes sélectionnés par un jury d’artistes sous la présidence de la chanteuse Pomme. Dans les rangs, certains chuchotent déjà les noms de figures bien identifiées comme Aupinard ou Camille Yembe, tandis que d’autres se laissent aller à la pure découverte.

Lorsque les lumières s’éteignent, les fondateurs du prix, Christophe Palâtre et Frédéric Junqua, posent le cadre : la soirée sera placée sous le signe de l’éclectisme, de la découverte et de la liberté artistique. Le maître de cérémonie, Voyou, embraye avec un discours engagé pour la préservation de la culture, alertant sur les menaces de l’intelligence artificielle. La foule s’anime, consciente des enjeux actuels pour la création artistique. Le ton est donné : place à trois heures d’immersion totale.

Prix Joséphine 2026 : le palmarès complet

15 15 – Mārara

Camille Yembe – Jeune & Laide

Gildaa – GILDAA

LinLin – Disco Inferno

Lynn – La vie me va si bien

Sarāb – Mīt warde

Jowee Omicil – sMiLes

Chassol – Funny How ?

Aupinard – splee. social club

23wa – AZ

Tension rock et hip-hop hybride à l’Olympia

La soirée s’ouvre sous une tension électrique. Le groupe Sarāb pose la première pierre avec Mīt warde (Cent roses) : guidés par la voix en arabe de Climène Zarkan et la guitare survoltée de Baptiste Ferrandis, leurs morceaux oscillent entre douceur et brutalité post-punk.

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Cette audace sonore trouve un écho immédiat dans la prestation de LinLin. Perchée sur d’immenses cuissardes rouges, la rappeuse insuffle une esthétique hip-hop hybride soutenue par des productions électroniques très « Daft Punk« . Son attitude sensuelle et déterminée finit d’ambiancer le parterre.

Dans cette même quête d’hybridation, le jeune 23wa, 22 ans, bouscule la scène en théâtralisant son entrée autour de bugs audio sortant d’un MacBook posé sur une table. Son univers, tiré de l’album AZ, déploie un univers sonore captivant : une tempête de sonorités punk, rock et d’envolées plus douces qui réussit le tour de force de rester cohérent sans jamais sombrer dans la dissonance.

Entre confession intime et théâtralité décalée

Au-delà des grosses productions, l’Olympia offre un terrain d’expression aux nuances émotionnelles. L’une des favorites de la soirée, Camille Yembe, confirme son statut d’emblée par une ovation du public. Après avoir enflammé la salle sur la pop groovy et mélancolique de Rien à fêter, la Belgo-Congolaise livre le sommet d’émotion du concert : assise sur une simple chaise pour interpréter Je ne l’ai jamais dit à personne, elle suspend le temps dans un moment de confessionqui saisit aussi bien ses fans que les spectateurs venus la découvrir.

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À l’opposé de cette gravité mais avec un sens tout aussi aigu du spectacle, la Franco-Brésilienne Gildaa prend l’auditoire à revers par l’humour. Libérée, théâtrale et sans filtre, elle envoie voler ses claquettes sur scène — la seconde finissant sa course directement sur la cymbale du batteur. Un numéro décalé qui n’empêche pas l’artiste de dévoiler une vulnérabilité touchante dans son interprétation. Dans les rangs, un spectateur lâche un « intéressant » admiratif : la preuve que sa singularité a fait mouche.

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Du jazz intimiste à la bossa nova d’Aupinard

La programmation fait également la part belle aux improvisations et aux sonorités douces. En maître du lâcher-prise, Jowee Omicil débarque chargé de six instruments, et commence avec le plus petit d’entre eux. Il fait chanter la salle en chœur avant de descendre jouer directement au milieu du parterre. À cette liberté répond le raffinement de Lynn. Dans une longue robe rouge, la chanteuse insuffle une couleur néo-soul francophone d’une grande élégance, métamorphosant un temps l’Olympia en club de jazz intimiste porté par le groove de ses musiciens.

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Le voyage se poursuit sur des fréquences conceptuelles et lointaines. Avec Funny How?, Chassol déploie un abum inspiré du stand-up américain, croisant soul, R’n’B et comédie musicale. Rejoint par ALA.NI à la voix douce chantant en anglais, le pianiste prend tout de même le temps d’éclairer le sens de son œuvre en fin de passage.

Enfin, le collectif 15 15 emmène le public faire un détour vers la Polynésie française. Leur prestation polyglotte (français, anglais, tahitien) mêle dancehall, R’n’B et électro, enrichie de sifflements proches du beatbox.

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Pour clore ce panorama, Aupinard fait son entrée sous une ovation chaleureuse. Dans une mise en scène épurée, accompagné de deux musiciens, le Bordelais impose sa classe naturelle et son attitude décontractée. Sa bossa nova envoûtante, portée par le succès du titre P&P, captive instantanément la salle, scellant une soirée qui aura tenu toutes ses promesses de diversité et d’audace artistique.

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Camille Yembe : un doublé historique au Prix Joséphine 2026

Après trois heures de concert et ce voyage à travers dix univers bien distincts, l’heure des révélations a sonné. Le palmarès débute avec le Prix Joséphine des 18-20 ans, attribué à Camille Yembe pour son album Jeune & Laide. Un premier succès salué par les applaudissements du public.

L’artiste monte alors sur scène pour livrer le discours qu’elle avait préparé dans le train, « au cas où » elle l’emporterait ce soir. Elle en profite pour remercier chaleureusement l’équipe avec laquelle elle a bâti le projet, ainsi que tous ceux qui ont cru en elle et en sa musique dès le début.

Artistes Palmarès et Jury d'artistes sur scène_@rgtalexzndre

Les artistes du palmarès et le jury du Prix Joséphine 2026

Puis la présidente Pomme s’avance pour annoncer le Prix Joséphine du jury. La salle suspend son souffle, suspendue aux lèvres de la présidente. Et là, coup de théâtre : Camille Yembe est appelée une deuxième fois sur scène ! 

« Le plus important pour moi est de rester sur mon chemin. » Camille Yembe

C’est la toute première fois qu’un même artiste réalise le doublé en remportant les deux récompenses de la cérémonie. Saisie par la surprise, tout comme le public, elle n’a plus de discours en réserve et choisit d’improviser. À la fin de la soirée, la grande gagnante nous confie dans un sourire : « Je suis très compétitrice dans l’âme donc j’espérais gagner un prix, mais deux, je ne savais même pas que c’était possible ». Relancée sur la suite de son parcours après cette nuit de triomphe, elle conclut avec humilité : « Le plus important pour moi est de rester sur mon chemin. » Un chemin qui, ce soir, l’a menée tout en haut.

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Article rédigé par

Rédactrice L'Eclaireur

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