Entretien

Prix Joséphine 2026 : l’inclassable 23wa se livre sur ses expérimentations musicales

01 septembre 2026

Par Joséphine B.

Illustration
©Prix Joséphine

Décerné par un jury d’artistes, le Prix Joséphine s’est donné une mission claire : décloisonner les genres musicaux, faire émerger de nouveaux talents et célébrer les artistes déjà installé·es. Présidée cette année par Pomme, l’édition 2026 a retenu dix albums, jugés sur leur exigence, leur originalité et leur audace. Parmi eux, le jeune 23wa, sélectionné pour « AZ », paru en juillet 2025.

Introduction

« Je pense que c’est une anomalie, je ne comprends pas », lâche 23wa, de son vrai nom Ethan Crespi, au sujet de sa sélection au prix Joséphine 2026 pour AZ. Solfège délaissé, FL Studio installé à 14 ans, rock psychédélique japonais en tête : l’artiste a construit son univers seul, sans jamais viser la reconnaissance. Il nous en dit plus sur ses multiples inspirations et son parcours. 

Comment définirais-tu ta musique à quelqu’un qui ne te connaît pas encore ? 

Ma musique est quelque chose de très éclectique, qui pousse un peu tout au maximum, dans les limites de ce qui est possible musicalement parlant – sans être trop prétentieux, bien sûr.

Ce que je veux dire, c’est que ma musique est personnelle, propre à elle-même, cherche toujours à surprendre et à explorer, sans forcément entrer dans l’idée purement brouillon et expérimentale. C’est vraiment quelque chose de concret et tangible, en quelque sorte. 

Quel a été le déclic pour te lancer dans la musique ? 

Je grandis avec la musique depuis très jeune. Quand j’avais quatre ans, j’ai suivi des cours de piano. J’ai toujours eu cette envie de créer depuis tout petit. Ça a toujours été une part de moi. Je suis passé par plein d’étapes, comme le solfège, mais ça ne me plaisait pas, parce que je ne créais pas. Moi, à côté, je fais du graphisme, je touche beaucoup à l’art, et faire de la musique, ça a été naturel.

Quand j’avais 14 ans, j’ai installé FL Studio, le logiciel pour faire de la musique, et c’est parti tout seul. J’ai fait des sons tout le temps, tous les jours. J’ai sorti des albums, parce que j’avais envie de le faire. J’ai travaillé, je n’ai pas arrêté de travailler. Et aujourd’hui, je suis là pour ça, j’imagine.

Est-ce que tu as des inspirations, dans le domaine de la musique ou ailleurs ? 

Une de mes plus grosses inspirations est le groupe de rock japonais Boredoms, qui est un groupe expérimental. J’admire surtout le travail de l’artiste Yamantaka Eye qui est derrière et qui, à l’époque, a aussi fondé un groupe de noise qui s’appelle Anatarash.

Boredoms est un de mes groupes préférés, parce qu’à la base, ce sont des gens du rock qui ont mélangé et rassemblé plein d’éléments, qui ont utilisé plusieurs techniques différentes. En termes purement techniques, ils m’inspirent beaucoup. C’est très psychédélique – c’est ce qu’on appelle le psychédélique rock. 

Ils ne se donnent pas de limites. Ce sont des morceaux qui durent parfois 30 ou 40 minutes. Il n’y a pas de limite dans le format. C’est clairement quelque chose qui me parle, parce que c’est complètement barré, et c’est génial.

Quelle serait la collaboration dont tu rêverais ? 

Pourquoi pas travailler avec Boredoms, justement. Mais actuellement, je suis à un stade où j’ai travaillé avec des gens que j’adorais. Je pense notamment à une amie à moi qui s’appelle Hakushi Hasegawa, qui était une grande inspiration pour les albums plus anciens. Sur AZ, elle joue certains instruments.

Mes amis sont ces gens avec qui j’aurais aimé collaborer. Aujourd’hui, je suis à ce point culminant où je ne cherche pas à avoir des featurings de rêve. L’idée, c’est juste de travailler avec des personnes qui vont jusqu’au bout. Ce n’est pas une question de popularité, d’icône ou de statut – mais plutôt d’humanité.

Avec ta musique, y’a-t-il un message que tu souhaiterais faire passer ? Quelle est ta ligne directrice ?

La ligne directrice, c’est ma vie, ce sont les choses qui arrivent, les gens que je rencontre, les lieux que je découvre. C’est juste la découverte, la passion. C’est le fait d’être vivant chaque jour, de découvrir des choses, des nouvelles musiques, des nouvelles personnes. La curiosité de manière générale.

Je ne sais pas s’il y a vraiment un message derrière, parce qu’à chaque fois, les thèmes sont différents. Ça dépend de ma vie personnelle, de ce que je traverse en tant qu’artiste. Aujourd’hui, je dirais que ma musique parle aux gens qui sont aussi barrés que moi. 

Enfin, que représente ta sélection au Prix Joséphine 2026 ?

Je pense que c’est une anomalie, je ne comprends pas. Je trouve ça fou. Moi, je viens de nulle part. J’ai un peu une vie de dingue où il s’est passé plein de trucs à gauche à droite, mais des événements comme le Prix Joséphine, c’est assez exceptionnel.

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Je suis plus qu’honoré d’être là.  Et j’ai un peu ce syndrome d’imposteur, mais je suis comme un gosse, en fait. C’est juste trop bien. Et puis, ça cultive cette envie de découvrir et de rencontrer. C’est trop bien.

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Article rédigé par

Rédactrice fnac.com

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