Décerné par un jury d’artistes, le Prix Joséphine s’est donné une mission claire : décloisonner les genres musicaux, faire émerger de nouveaux talents et célébrer les artistes déjà installé·es. Présidée cette année par Pomme, l’édition 2026 a retenu dix albums, jugés sur leur exigence, leur originalité et leur audace. Parmi eux, la jeune chanteuse R’nB Lynn, sélectionnée pour son premier album « La vie me va si bien », paru en janvier.
Introduction
Il lui aura fallu du temps pour comprendre qu’elle ne chantait pas que pour elle-même. Avec son disque néo-soul La vie me va si bien, Lynn, finaliste du prix Joséphine 2026, a appris à transformer sa pudeur en force, dans l’espoir que ses mots aident d’autres à se sentir moins seuls. Elle nous parle de ses inspirations.
Comment définirais-tu ta musique à quelqu’un qui ne te connaît pas encore ?
Ma musique est très introspective. Elle est intime et honnête, souvent très douce, mais elle peut aussi être assez brute. Un véritable éventail d’émotions en somme.
Quel a été le déclic pour te lancer dans la musique ?
J’ai toujours eu envie de faire de la musique au plus loin que je puisse me rappeler. Je pense que j’attendais juste qu’on me dise que je chante bien. À 10 ans, j’écrivais déjà des petites chansons, je m’enregistrais avec un petit Sony Ericsson. Quand mes copines ont commencé à me dire que je chantais bien, c’était la petite validation dont j’avais besoin.
Est-ce que tu as des inspirations, dans le domaine de la musique ou ailleurs ?
Je me suis inspirée d’énormément de monde. Parfois consciemment, parfois inconsciemment. Kelis, par exemple, est une figure qui m’a énormément marquée, du fait de la feminine energy qu’elle dégage, qui est assez exceptionnelle. Évidemment, j’ai aussi grandi avec Beyoncé, les Destiny’s Child, D’Angelo, Lauryn Hill, Amy Winehouse et Henri Salvador.
Quelle serait la collaboration dont tu rêverais ?
Il y en a beaucoup – surtout des artistes qui nous ont déjà quittés, malheureusement. Je dirais The Internet.
Avec ta musique, y’a-t-il un message que tu souhaiterais faire passer ? Quelle est ta ligne directrice ?
J’ai mis beaucoup de temps à me rendre compte que je ne m’adressais pas qu’à moi-même quand je faisais de la musique. Ça été un long travail que j’ai maintenant plaisir à partager.
Avec ma musique, j’ai envie que des personnes se sentent moins seules dans ce que je raconte, parce qu’encore une fois, je peux être très honnête et très brute dans ce que je dis. J’aime bien être un peu le bouclier et ne pas avoir peur de mettre des mots là où des gens n’osent pas le faire. J’aime bien être la grande sœur, en quelque sorte.
Enfin, que représente ta sélection au Prix Joséphine 2026 ?
Pour moi, c’est un gage de validation. La vie me va si bien est un premier album où on ne sait jamais trop à quoi s’attendre. Je sais que j’ai beaucoup travaillé pour, donc j’ai juste l’impression d’être récompensée. Je me sens au bon endroit, je suis très contente. Et j’ai hâte de la suite.
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