Entretien

On a rencontré Dynamite Shakers, les Vendéens qui mettent le feu au rock français

04 septembre 2026

Par Julien D.

Illustration
©Adam Lesommer

Une présence sur scène qui met non seulement le feu, mais aussi toutes les générations d’accord. Pour « Marilyn », leur deuxième (et excellent) album, on s’attend à ce que le rock des jeunes Dynamite Shakers séduise autant la Gen Z que les quinquas amateurs de riffs. Rencontre avec ce quartet vendéen explosif.

Introduction

Tout en quadrillant l’Hexagone et même quelques contrées voisines, le quartet français Dynamite Shakers a assuré les premières parties de Nick Cave & The Bad Seeds dans de somptueux endroits cet été comme le Théâtre antique de Vienne et les arènes de Nîmes ou encore celle d’Offspring dans la gigantesque Paris La Défense Arena.

Ce qui ne les empêche de jouer — désormais à guichets fermés — dans le formidable réseau de petites salles où l’on prend physiquement le souffle de leur rock bien aiguisé en pleine poire. Des espaces où les groupes en devenir affûtent leurs armes et leurs accords de guitare avant que s’y intéresse le (plus) grand public. Typiquement l’histoire des Dynamite Shakers.

L’une des meilleures sorties rock « made in France »

Accro au live et portés par ce public qui s’élargit logiquement, les jeunes Vendéens sont aussi de cette trempe de groupes à pouvoir effectuer un grand écart vertueux en étant présents dans des petits festivals indépendants ou associatifs (Farmer Fest, Fête du Bruit, God Save The Kouign…) que lors des grands rendez-vous nationaux (Rock en Seine, Beauregard, Eurockéennes…).

La vingtaine à peine passée, le quartet rock paraît avoir tous les atouts pour gagner la partie. Un équilibre parfait dans les influences allant du rock garage sixties brut de décoffrage à des vibrations plus sophistiquées, plus écrites. Chant français/anglais/masculin/féminin parfaitement dosé et ce nouvel album Marilyn qui, on en est convaincu, s’avère être l’une des meilleures sorties de ce rock « made in France » de l’année.

Les quatre trublions de Dynamite Shakers nous en disent plus sur leur parcours et leurs ambitions. Interview.

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À l’écoute de votre musique, on pense instinctivement aux grands noms des années qu’on qualifie de fastes : Dogs, Fleshtones, Sonics, Stooges, la scène de Boston dans les 80’s, celle de Détroit dans les années 90’s… C’est quoi ce microclimat du côté de votre Vendée natale pour que des vingtenaires s’entichent de ce rock « de vieux » à leur manière et avec brio ?

Dynamite Shakers : Pour la plupart d’entre nous, les influences viennent des parents. Par exemple, Calvin a découvert les Rolling Stones grâce à son grand-père et le père d’Elouan est un très grand fan de garage 60s.

Quand le groupe s’est formé, on voulait reprendre des morceaux qu’on entendait rarement. À ce moment-là, on n’écoutait que du garage. On a donc repris plein de morceaux de ce style qui regorge de pépites obscures. Quand on s’est mis à la composition, elles étaient donc teintées de tous ces groupes des années soixante jusqu’aux années 2000 qu’on écoutait vraiment en boucle.

Le choix de passer — en partie — à des textes en français est-il personnel, artistique, ou est-ce qu’en signant avec la prestigieuse maison de disque Barclay, historiquement liée au patrimoine francophone, vous vous êtes dit que c’était le bon moment ?

Dynamite Shakers : Après 4 ans à écrire en anglais, on commençait à tourner en rond. On n’est pas bilingues, donc toutes nos rimes commençaient à se ressembler. On avait le sentiment d’être bridés pour s’exprimer correctement à l’écrit. On en avait aussi marre d’entendre notre accent français.

Du coup, le constat était clair : chanter en français s’est donc imposé. C’est vrai que ça demande une plus grande vigilance sur les textes, mais on apprécie cette exigence. On sait tout de suite si la phrase est bonne ou non. Il n’y a plus l’incertitude qu’on avait avec l’écriture en anglais.

Vous avez plus de 400 dates dans les jambes. Avez-vous réussi à concilier études, vie perso et rock’n’roll ou les choix ont été beaucoup plus radicaux ?

Dynamite Shakers : Nos débuts sur scène se sont faits dans des campings et des petits bars de notre coin. Pour nous, c’était l’excitation totale. On enchaînait les concerts tout l’été, c’était notre job saisonnier. Ensuite, on a commencé à goûter aux salles de concert et aux festivals. Ça nous a fait passer un cap, c’était encore plus excitant.

On a concilié les études et la musique pendant quelques années, mais le choix s’est quand même imposé fin 2023 lorsque la période des partiels approchait. Il fallait se décider entre : jouer aux Trans Musicales (festival historique de Rennes, ndlr) ou aller à la fac pour passer un examen d’anglais. Et on a finalement rapidement fait le choix de mettre toute notre énergie dans le groupe.

Le live est-il votre moteur, plus que le studio ? 

Le moteur du groupe en effet c’est plutôt le live, car à peine formé, on jouait devant un public. On pensait nos répétitions et nos compos exclusivement pour les jouer en live. Maintenant, avec ce deuxième album, on a encore pensé à composer certains morceaux pour le live mais pour d’autres, on a complètement laissé de côté ce point-là. Ça nous a permis d’avoir moins de barrières et d’explorer d’autres sons, d’utiliser d’autres instruments. C’est Lionel Limiñana (membre de The Limiñanas) qui est le réalisateur de ce nouvel album et lui était carrément dans cette optique. Il nous a vraiment poussés à aller dans cette direction.

Une question un brin corporate pour finir. Avez-vous un souvenir particulier qui serait lié à la Fnac ?

Lors de la sortie de Don’t Be Boring, notre premier album, on s’est baladé dans une Fnac à Paris en espérant tomber dessus dans les rayons. Et quand on est tombés sur nos vinyles et nos CD, ça nous a fait bizarre de voir nos quatre têtes parmi tous ces autres disques. On était trop contents !

(Propos recueillis en août 2026 par Julien D., disquaire à la Fnac Montparnasse)

Retrouvez Marilyn des Dynamite Shakers dans la sélection des 10 albums du mois de septembre 2026

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Article rédigé par

Disquaire à la Fnac Montparnasse

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