Entretien

Prix Joséphine 2026 : Chassol dévoile ses inspirations, de Lil Wayne à Jordan Peele

27 juillet 2026

Par Joséphine B.

Illustration
©Prix Joséphine

Décerné par un jury d’artistes, le Prix Joséphine s’est donné une mission claire : décloisonner les genres musicaux, faire émerger de nouveaux talents et célébrer les artistes déjà installé·es. Présidée cette année par Pomme, l’édition 2026 a retenu dix albums, jugés sur leur exigence, leur originalité et leur audace. Parmi eux, Chassol, compositeur et arrangeur inclassable, sélectionné pour « Funny How? », paru en mai.

Introduction

Depuis vingt ans, Chassol relève les mélodies du quotidien pour en faire de la musique. Avec Funny How?, fruit de deux ans de travail collectif, le claviériste de 50 ans voit dans sa sélection sélection au prix Joséphine 2026 une satisfaction avant tout : que ce travail soit « entendu et vu ».

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Comment définirais-tu ta musique à quelqu’un qui ne te connaît pas encore ? 

Je lui dirais que je suis un pianiste, que j’aime beaucoup la musique de film, le jazz, la musique classique, russe et française. Je fais surtout beaucoup de musique de film. J’ai par exemple beaucoup écouté Ennio Morricone et Miles Davis.

Je me suis mis, depuis 20 ans, à relever les mélodies du quotidien. Je me sers de la parole pour fabriquer de la musique, en filmant tout ça. Voilà comment je peux le définir. 

Quel a été le déclic pour te lancer dans la musique ? 

Je voulais vraiment m’approprier les choses autour de moi, parce qu’en relevant les mélodies, les hauteurs de sons, les choses qui nous entourent, on a l’impression de les avoir avec nous comme des compagnons. On a l’impression de se les approprier, et ce sont de bons outils pour traverser l’existence.

Tu citais l’heure Miles Davis comme l’une de tes inspirations. En as-tu d’autres, dans le domaine de la musique ou ailleurs ?

Dans la musique, il y a Lil Wayne, Ennio Morricone, Miles Davis, Chick Chorea, Igor StravinskySteve ReichD’AngeloMinnie Riperton. Il y en a plein. 

Et puis, hors de la musique, il y a les documentaristes, comme Chris Marker ou Johan Van der Keuken, les producteurs comme Brian De Palma – qui m’a beaucoup influencé –, et les compositeurs qui faisaient de la musique de De Palma aussi.

Quelle serait la collaboration dont tu rêverais ? 

Il y a par exemple le réalisateur Jordan Peele (Get Out, Us, Nope). J’aimerais beaucoup travailler avec lui sur ses prochains films.

Avec ta musique, y’a-t-il un message que tu souhaiterais faire passer ? Quelle est ta ligne directrice ?

Il y a une espèce de désir profond, une mission pour servir la musique qui est cet endroit invisible, hyperpuissant. Mon but, c’est d’essayer de comprendre pourquoi ça me hérisse le poil, pourquoi les accords – surtout l’harmonie – me font dresser les poils. 

Enfin, que représente ta sélection au Prix Joséphine 2026 ?

Je ne peux pas te dire que ça m’a fait plaisir et que je me sens honoré, flatté. Je suis content pour tous les gens qui ont travaillé sur l’album, parce que ces deux ans ont vraiment été de l’huile de coude. Je suis content que ce soit entendu et que tous les gens avec qui j’ai travaillé dessus sentent qu’ils n’ont pas travaillé pour rien.

J’ai une réflexion sur les prix en général. Je comprends qu’on délivre des prix, mais on nous a toujours dit que la compétition en art était quelque chose d’étrange dans un monde tellement subjectif. Comment objectiver la qualité ? Finalement, ce que ce prix représente pour moi, c’est une satisfaction de voir que le travail collectif est entendu et vu. 

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Article rédigé par

Rédactrice fnac.com

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