Entretien

Comment le collectif 15 15 a inventé la musique d’une île imaginaire

03 septembre 2026

Par Joséphine B.

Illustration
©Prix Joséphine

Décerné par un jury d’artistes, le Prix Joséphine s’est donné une mission claire : décloisonner les genres musicaux, faire émerger de nouveaux talents et célébrer les artistes déjà installé·es. Présidée cette année par Pomme, l’édition 2026 a retenu dix albums, jugés sur leur exigence, leur originalité et leur audace. Parmi eux, le collectif 15 15, sélectionné pour son album « Mārara ».

Introduction

Une île imaginaire, ses fables et ses proverbes inventés : c’est le monde que le collectif 15 15, finaliste du prix Joséphine 2026, a bâti sur Mārara. Une manière, disent-ils, d’en devenir les ambassadeurs, sans jamais s’enfermer dans un genre.

Comment définiriez-votre musique à quelqu’un qui ne vous connaît pas encore ? 

Nous, on se dit généralement « climatique ». Notre musique n’a pas de genre particulier. Elle est dictée par les humeurs de chacun. Sinon, plus concrètement, c’est de la musique traditionnelle d’une île qui s’appelle Mārara. 

Quel a été le déclic pour vous lancer dans la musique ? 

On est beaucoup à venir du visuel. Grâce à l’image, on a été amenés à illustrer la musique. En sortie d’école, on a donc créé notre collectif. On avait besoin d’une sorte de rythme de travail.

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C’est pour ça aussi qu’on s’appelle 15 15. Tous les quinze jours, on postait un nouveau morceau accompagné d’un visuel. Mais c’était aussi surtout pour nous. L’objectif, c’était d’explorer la musique pour savoir quel était notre langage, notre ADN. On a exploré pas mal de choses. À part le temps, on n’a pas trop de pression sur l’esthétique, sur le genre, etc. 

Est-ce que vous avez des inspirations, dans le domaine de la musique ou ailleurs ?

On en a tellement ! Il y a par exemple le deck – de la musique électronique qui mélange moombahton et reggaeton. On utilise souvent les codes de cette musique qui est endémique à Tahiti.

En termes d’artistes, je pense à Metronomy – à l’ancienne, quand ils n’étaient que trois – et G Paul. En fait, tous ceux qui proposent des choses un peu originales, qui sortent de l’ordinaire, qui ne sont pas trop lisses.

Quelle serait la collaboration dont vous rêveriez ? 

On va peut-être travailler avec le duo Sarāb, qui est aussi sélectionné au Prix Joséphine. Sinon, il y a aussi des producteurs et productrices de musique, comme Le Kaiju. Il y aussi le groupe Lechuga Zafiro qui vient d’Amérique du Sud et qui envoie du lourd. C’est plutôt du club très rythmique, très dark.

Avec votre musique, y’a-t-il un message que vous souhaiteriez faire passer ? Quelle est votre ligne directrice ?

Sur Mārara, on a essayé de construire une sorte d’utopie. On a glissé comme des petites fables, des espèces de petits proverbes qui, lorsqu’on s’en souvient, peuvent nous aider à faire des choix. Ce ne sont pas du tout des questions morales, mais plutôt des histoires semblables à celles pour enfants.

Enfin, que représente votre sélection au Prix Joséphine 2026 ?

Déjà, je trouve que ce projet nous ressemble, parce qu’on l’a vraiment pensé comme quelque chose de fini. C’est comme un chapitre. Sur cet album, l’idée, c’est d’être ambassadeur de cette île de Mārara. On a autant voulu raconter le folklore de ce lieu que des petites histoires. Notre but, c’était de représenter, de faire ressentir ce que c’est que de vivre là-bas. Et ça fait plaisir de faire partie d’un projet complet sur un album.

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Article rédigé par

Rédactrice fnac.com

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