Critique

[Festival de Cannes 2026] Hope : on a vu le film le plus surprenant de la compétition officielle

19 mai 2026

Par Lisa Muratore

Illustration
“Hope“, présenté en compétition au Festival de Cannes 2026. ©Forged Films

Avec Hope, Na Hong-jin signe un film protéiforme amusant. Une proposition de cinéma complètement assumée de la part du réalisateur sud-coréen, malgré une seconde partie plus faible. Critique.

Introduction

Cela faisait plusieurs jours qu’il se murmurait qu’Hope était le film le plus étonnant présenté jusqu’ici au Festival de Cannes en Compétition. Et pour cause, Na Hong-jin (The Chaser, The Strangers…) offre avec son nouveau long-métrage un blockbuster sud-coréen aussi imparfait qu’inédit.

Tout commence lorsque le chef de la police d’une bourgade rurale découvre un bœuf éventré au milieu de la route. Rapidement, les recherches vont s’organiser afin de trouver la bête responsable d’un tel carnage. Alors qu’une équipe est envoyée dans les montagnes, les réseaux de communications sont coupés à travers toute la ville. Et ce que sont sur le point de découvrir l’officier et les habitants de la ville risque de les entraîner dans une spirale incontrôlable.

La bande-annonce de Hope présenté en Compétition au Festival de Cannes 2026.

La maîtrise Na Hong-jin

Si la bande-annonce dévoilée quelques heures seulement après sa projection cannoise livre l’intrigue du long-métrage, Hope n’en reste pas moins une véritable expérience de cinéma ; un OVNI cinématographique à mi-chemin entre le film d’horreur et le long-métrage de science-fiction. Pour autant, Na Hong-jin n’oublie pas de s’amuser à travers des dialogues aussi nanaresques que pinçants, une absurdité dans l’action bienvenue et un jusqu’au boutisme scénaristique assumé.

Ceci grâce à une première partie absolument impeccable mélangeant tension horrifique et humour dans une mise en scène et des décors chaotiques mais léchés. Immersif, tortueux… Le réalisateur est un artiste virtuose, capable de nous embarquer dans une histoire inédite et encore jamais vue en Compétition officielle au Festival de Cannes.

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Un penchant série B

Le film parvient également à convaincre grâce à son casting d’ensemble, des personnages loin de tout héroïsme, humains avant tout. Un commandant de police qui échappe par chance à la moindre menace, une franc tireuse excessive, l’action-hero impulsif… Chaque protagoniste apporte énergie et humour à un long-métrage qui dans sa seconde partie apparaît plus expérimental que convaincant. Sans trop en dévoiler, Hope se transforme en une œuvre de série B assumée, parfois trop répétitive, mais toujours aussi prenante.

On embarque avec envie dans la démonstration du réalisateur. Saluons ainsi le Festival de Cannes. En proposant un film protéiforme, la Sélection souligne l’importance d’un cinéma pluriel, aux multiples références — difficile de ne pas penser à Prometheus ou à Alien, surtout quand on sait que Michael Fassbender apparaît dans la distribution !

Si le long-métrage est sauvé grâce à une première partie millimétrée, c’est aussi et surtout l’affirmation d’un 7e art coréen divers qui grâce au jusqu’au boutisme de Na Hong-jin ose s’aventurer au-delà des drames et thriller poisseux pour aller explorer des contrées cinématographiques inédites. Le Coréen Park Chan-wook, président du jury du Festival de Cannes, se laissera-t-il convaincre par la proposition de son comparse ? Réponse ce samedi 23 mai durant la cérémonie de clôture.

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