Christine Angot publie, ce mercredi 30 septembre, un roman dans lequel elle se réapproprie le nom de famille de sa mère, Schwartz et interroge notre rapport social au patronyme.
Introduction
Chaque roman de Christine Angot apparaît comme un geste littéraire percutant. Depuis L’inceste écrit en 1999 dans lequel elle racontait les sévices sexuels infligés par son père alors qu’elle était enfant, la romancière raconte l’intime, son intime. Elle réitère ce 30 septembre 2026 avec Je change de nom, publié aux éditions Flammarion, court texte d’une intelligence folle où elle explique pourquoi elle abandonne le nom du père.
« Je ne pouvais pas continuer à trahir Christine Schwartz plus longtemps, ça suffisait, et à vivre soi-disant protégée par ce nom de Angot » écrit-elle en quatrième de couverture. À travers ce nouveau récit, l’écrivaine renoue ainsi avec le patronyme juif de sa mère tout en liant son destin à celui des femmes dans sa famille qui l’on précédée.
Car outre le changement de nom auprès de l’État civil — véritable point de départ du roman –, le livre est aussi un formidable récit sociétal sur l’identité. À travers ce texte, Christine (nouvellement) Schwartz interroge le rapport de notre société au patronyme examinant le destin des femmes de son arbre généalogique et revenant sur la judéité à laquelle le nom de sa mère la ramène à l’heure où les relents antisémites secouent notre pays aujourd’hui.
Que pense la presse de Je change de nom ?
La presse apparaît convaincue par le nouvel exercice littéraire de Christine Angot, membre du Goncourt. Le Monde dans un entretien avec l’autrice salue « un texte tendu, bagarreur et charge, entre autres, contre l’ordre patriarcal et l’antisémitisme ». Télérama, pour sa part, évoque « une puissante réflexion sur la place des femmes » ainsi qu’un « récit aussi intime que politique ». Enfin, Madame Figaro parle « d’un livre d’une implacablement intelligence sur ce que signifie le nom, tant intimement que socialement ».
Si Christine Angot avouait travailler depuis un et demi sur un autre projet littéraire, sa démarche auprès de l’État civil français pour changer de nom aura été le point de départ de ce nouveau livre. Toujours auprès du Monde, l’autrice évoque son processus d’écriture : « La phrase ‘Je change de nom‘ est venue dans ma tête. Ce qui me vient, ce sont des phrases, pas des idées. »
Angot ou Schwartz ?
Pour autant, elle confie également au Nouvel Obs rester Christine Angot pour ses lecteurs et lectrices expliquant le paradoxe : « Christine Angot, je l’aime toujours. Il n’y a pas de raison de la virer. Elle n’a rien fait de mal. C’est celle des livres. Les livres ont toujours été portés par elle. Donc il n’y a pas à annuler les choses dans un autre sens. En revanche, ce qui est clair, ce nom, Christine Angot, n’a jamais été mon nom. Il a été, et il est, mon nom d’écrivain, mais je ne l’ai jamais ressenti ni à 13 ans, ni à 14, ni à 18, ni jamais, comme étant mon nom. Jamais »
Avec Je change de nom, Christine Angot offre un récit intime et engagé à l’image de son œuvre. Une proposition aussi lucide que radicale dans laquelle elle se reconstruit et interroge à nouveau les constructions sociales et familiales. En librairie depuis le 30 septembre, ce nouveau roman permet à la lauréate du prix Médicis en 2021 pour Voyage dans l’est (Flammarion), de se défaire, encore un peu plus, du pouvoir de son agresseur.