Critique

Morsures : que vaut le thriller de Maxime Chattam ?

28 octobre 2026

Par Robin Negre

Illustration
“Morsures” de Maxime Chattam, le 26 octobre 2026 en librairie. ©Albin Michel

Le romancier propose un thriller prenant, à découvrir en librairie dès le 28 octobre 2026 et publié aux éditions Albin Michel.

Introduction

Après Prime Time (Albin Michel) en 2024 et 8,2 secondes (Albin Michel) en 2025, Maxime Chattam est de retour en librairie ce 28 octobre avec le roman Morsures (Albin Michel). Polar exaltant aux références évidentes, le livre ne manque pas de surprendre et parvient à ajouter une touche de mystère ésotérique et de macabre à son enquête principale.

Dans une paisible station balnéaire bretonne, plusieurs corps déchiquetés sont retrouvés, proche du large. L’enquêteur dépêché sur place, Lucas Romy, est contraint d’accepter l’évidence : contre toute attente, un grand requin blanc menace la Bretagne et ses baigneurs. Tout en remontant le fil de l’enquête, il ne peut s’ôter une idée de la tête : et si l’affaire allait plus loin que la simple attaque d’un animal sauvage ? Dans le même temps, un groupe d’adolescent est obsédé par la mort et tente une expérience intense.

Les dents de la mer… en Bretagne 

Le postulat du roman est improbable et les protagonistes ne manquent pas de le relever. Un grand requin blanc en Bretagne, plusieurs corps retrouvés et la certitude des conclusions scientifiques pour étayer la thèse du requin ? Maxime Chattam joue avec ce point de départ fou tout en utilisant le scepticisme du lecteur et des personnages. Un requin blanc en Bretagne, c’est impossible, affirme l’inspecteur. Il doit y avoir une autre cause à ces morts successives. Le lecteur attend la révélation à venir, tout comme l’inspecteur chargé de l’enquête.

Cette attente d’un twist offre à Morsures ses meilleurs passages. Si l’improbable ne peut être accepté, malgré la certitude des éléments et des preuves, c’est que la vérité doit être encore plus extraordinaire. La promesse d’une montée progressive en tension fonctionne à merveille. Morsures est autant un polar qu’un bon thriller.

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Récit de jeunesse

En parallèle de cette enquête, le livre suit le quotidien d’une bande d’adolescents à travers le regard de Mathis, nouvellement arrivé dans la région. Entre le besoin d’être accepté et les romances adolescentes, le quotidien de Mathis est surtout rythmé par les amis qu’il a pu se faire en arrivant. Un groupe d’amis hétéroclites qui décide, un beau jour, de trouver un moyen de communiquer avec les morts. Morsures prend alors une autre tournure.

Maxime Chattam alterne entre les deux intrigues, tout en développant les personnages secondaires de l’histoire qui habitent les alentours. L’ambiance anxiogène arrive à naitre de cette multitude d’éléments. Le roman mélange les inspirations, des Goonies aux Dents de la mer en passant par True Detective, tout en conservant les particularités de la Bretagne. Le froid des profondeurs et l’effroi des abysses s’installent progressivement, et le prédateur – qu’il existe ou pas – devient une menace invisible capable de frapper à tout moment.

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Réseaux et liens sociaux

Thriller, récit initiatique, histoire de requins… Morsures est également ancré dans sa région, dans la commune de Saint-Cast-le-Guildo. Entre les personnes isolées, les rêves brisés et les ambitions touristiques, tout un propos autour des villes balnéaires vient enrichir son intrigue.

Cette place précise accordée aux réseaux sociaux, à la communication entre les habitants et au regard porté sur les étrangers est une nouvelle façon pour Maxime Chattam de se démarquer. Son polar est intimement lié aux décors qu’il décrit, offrant tout un imaginaire folklorique foisonnant. Une réussite.

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