La solitude des professeurs est infinie de Yannick Haenel vient de remporter le prix Femina 2026.
Introduction
Il faisait partie de la deuxième sélection du Goncourt annoncée le 6 octobre 2026, aux côtés de Sonia Devillers (Le fabuleux piano), Anne Godard (Nous aussi) ou encore Philippe Jaenada (L’inconnue du Quai de Javel), finalement Yannick Haenel aura remporté le Prix Femina 2026 pour La solitude des professeurs est infinie (Gallimard).
Dans ce nouveau livre, l’écrivain français suit Jean Deichel, jeune professeur de banlieue au bord de la crise de nerfs. Un double du passé à travers lequel Yannick Haenel replonge dans sa carrière d’enseignant. Pendant 15 ans et avant de devenir essayiste et chroniqueur chez Charlie Hebdo, le journaliste a enseigné le français. Aujourd’hui, l’auteur est de retour sur les bancs du lycée afin de mettre en lumière la condition des professeurs ; une solitude qui à l’image de son personnage, les ronge au point de les faire sombrer dans la dépression.
Malgré la rage qui va peu à peu envahir Jean, Yannick Haenel ne désigne pas forcément de coupable. Il dresse plutôt le portrait d’un schéma alarmant : la violence des lycées, la lâcheté de l’administration, le silence de la hiérarchie… Malgré l’optimisme certain de Jean, bien déterminé à enseigner à ses élèves Duras, Kafka et Flaubert, le professeur va se heurter à un système broyeur manquant cruellement de moyens économiques ou psychologiques.
Un roman contemporain
Avec ce roman, Yannick Haenel lance un cri d’alarme, celui d’une profession en proie au chaos et à la peur. Malgré une certaine poésie et un livre en forme de récit initiatique, La solitude des professeurs est infinie est également un récit sombre qui fait peser sur ses pages l’ombre de Samuel Paty et de Dominique Bernard. Ce sont d’ailleurs les meurtres de ces deux professeurs qui ont poussé Yannick Haenel à s’emparer de cette histoire.
L’auteur raconte dans les colonnes de France Info : « Avec toutes les agressions contre les profs qui se sont multipliées ces trois dernières années, j’ai plongé dans l’obsession. » Malgré cela, il se dégage du livre une émotion sidérante. Grâce à son écriture, Yannick Haenel offre une fiction d’une actualité redoutable, posant le regard sur 30 années de « gâchis » éducatifs.
Un roman d’actualité
Par ailleurs, à l’heure où les lycéens et étudiants descendent dans la rue, aux côtés de leurs enseignants, pour dénoncer des conditions d’éducation parfois misérables, La solitude des professeurs est infinie apparaît, encore une fois, terriblement lucide et redoutable.