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ChatGPT affirme déjà peser 20 % du volume de recherche de Google

04 novembre 2026

Par Sofian Nouira

Illustration
©Robert Way / Shutterstock.com

OpenAI affirme que les requêtes de recherche passant par son chatbot pèsent l’équivalent d’un cinquième de celles de Google. Un chiffre aussi spectaculaire… que difficile à vérifier.

Introduction

Voilà un chiffre qui ne devrait pas manquer de faire grincer des dents chez Google. Lors d’un récent événement presse, Adam Fry, responsable produit grand public de ChatGPT chez OpenAI, a assuré que le volume de requêtes de recherche transitant par le chatbot d’intelligence artificielle équivalait à 20 % de celui du géant de Mountain View. Il avait déjà avancé cette proportion dans un entretien accordé quelques jours plus tôt.

L’annonce s’ajoute à une série de statistiques d’usage que l’entreprise distille volontiers. ChatGPT compte 1,2 milliard d’utilisateurs actifs chaque semaine, dont environ 200 millions gagnés en l’espace de deux mois. Ses modèles produiraient près de 1,5 milliard d’images par semaine pour le compte des utilisateurs. La fonction ChatGPT Voice, qui permet de converser à l’oral avec l’assistant, toucherait environ 250 millions de personnes.

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Ce qu’OpenAI range sous le mot « recherche »

Tout dépend évidemment de ce que l’on compte. OpenAI retient comme recherche toute requête qui déclenche une consultation du web. Les demandes de définition d’un terme ou d’explication pratique simple sont donc exclues du calcul. Adam Fry parle de « tout ce pour quoi un utilisateur serait autrefois allé sur un moteur de recherche classique, mais pour quoi il choisit désormais ChatGPT ». Il a été plus direct encore. « Chaque fois que vous posez une question et que l’outil va chercher sur le web, c’est une recherche. »

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la définition est large. Elle peut englober à peu près toutes les interactions au cours desquelles ChatGPT va puiser une information en ligne. Le flou ne s’arrête pas là. Adam Fry n’a indiqué ni le nombre absolu de requêtes concernées ni l’origine du chiffre de volume de Google qui sert de base à la comparaison. Nous sommes donc face à un ratio dont on ignore aussi bien le numérateur que le dénominateur.

Homme utilisant ChatGPT sur son smartphone
©Yarrrrrbright/Shutterstock

Un ordre de grandeur que Bing n’a jamais approché

Pour donner une idée de l’échelle, faisons le calcul. Si Google traite 16 milliards de recherches par jour, 20 % de ce volume représenteraient environ 3,2 milliards de requêtes quotidiennes du côté de ChatGPT. Il s’agit évidemment d’une simple extrapolation, OpenAI n’ayant avancé aucun chiffre de ce type. Rappelons que Google détiendrait plus de 90 % des parts du marché mondial des moteurs de recherche, outils d’IA mis à part.

La comparaison avec Microsoft éclaire toutefois la portée de l’annonce. En 2023, lors du procès antitrust visant Google, Satya Nadella, PDG de Microsoft, avait reconnu que Bing plafonnait à environ 3 % de parts de marché, et ce après plus de dix ans d’efforts. Notez au passage qu’OpenAI s’appuie vraisemblablement sur Bing pour une bonne partie de ses recherches, en complément de son propre index.

Le parcours d’OpenAI dans ce domaine n’a pourtant rien d’une ligne droite. SearchGPT, présenté à l’origine comme un moteur de recherche autonome, a fini par être fondu dans ChatGPT. ChatGPT Atlas, le navigateur maison pensé pour concurrencer Chrome, a été abandonné sans tambour ni trompette plus tôt cette année, faute d’avoir su séduire les utilisateurs.

La publicité en ligne de mire

OpenAI mise désormais sur une interface visuelle et interactive intégrée directement aux réponses du chatbot, baptisée « Intelligent UI ». « C’est dans cette direction que va l’avenir de cette technologie. Vous parlez à un canevas », résume Adam Fry.

Ce volume de recherche a aussi une valeur commerciale évidente. L’entreprise voit dans la publicité une piste possible vers la rentabilité, alors qu’une introduction en Bourse pourrait intervenir dès le début de l’année prochaine. Le mois dernier, elle a annoncé que ChatGPT afficherait des images de produits et de services sponsorisés. Jusqu’ici, les annonceurs devaient se contenter de leur nom, de leur logo et d’un lien. Adam Fry se veut rassurant sur ce point. Selon lui, « la publicité n’a eu aucun effet négatif sur le produit ni sur son utilisation » et « la plupart des gens ne semblent pas gênés par la présence de publicités ».

Les abonnements restent l’autre levier, bien qu’OpenAI semble peiner à l’activer. Car même en ajoutant 10 millions d’abonnés au dernier chiffre public, la part d’utilisateurs payants plafonnerait autour de 5 %. Interrogé sur ce point, Adam Fry s’est contenté de rappeler le cap des 50 millions d’abonnés payants. Il a assuré que ce chiffre avait progressé depuis, sans préciser de combien.

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