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Muse Wonder, Meta sort « les meilleurs modèles du monde »… d’après lui-même

16 octobre 2026

Par Sofian Nouira

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Quatorze mois après avoir remis à plat ses efforts en intelligence artificielle, Meta passe à l’offensive avec Muse Wonder et Muse Wonder Full, deux modèles taillés pour les agents autonomes. Les Européens, eux, attendront.

Introduction

Meta a officialisé il y a quelques jours l’arrivée de deux nouveaux modèles de langage, Muse Wonder et Muse Wonder Full. Tous deux prolongent les fondations posées par Muse Spark en matière d’intelligence artificielle et poursuivent un objectif clair, celui de motoriser des agents capables d’accomplir des tâches personnelles et professionnelles de bout en bout. Alexandr Wang, le patron de l’IA chez Meta, n’y va pas par quatre chemins et présente Muse Wonder comme le meilleur modèle au monde pour les agents personnels et professionnels. Une affirmation qui mérite d’être passée au crible, nous y reviendrons.

De la mémoire et de la suite dans les idées

Les deux modèles, entraînés dans le centre de données Prometheus de Meta, une installation à l’échelle du gigawatt, embarquent une fenêtre de contexte d’un million de tokens. Mais leurs deux arguments maison s’appellent Active Memory et Active Focus. Le premier permet de retenir les informations pertinentes d’une conversation à l’autre. Le second maintient le cap sur les tâches ardues, en essayant d’autres pistes en cas de blocage et en demandant confirmation avant les étapes sensibles.

« Quand vous accomplissez des tâches dans le monde réel, vous rencontrez des obstacles, des imprévus et toutes sortes de revers. Nous avons spécifiquement entraîné le modèle à tenter d’autres approches plutôt que de caler, puis à revenir vers l’utilisateur à tout moment », détaille Alexandr Wang. Pour appuyer la démonstration, Meta a montré Muse Wonder en train de créer un jeu de cuisine en 3D jouable à partir d’images, ou encore de bâtir un plan d’entraînement de course à pied personnalisé en naviguant entre navigateur et applications.

Meilleur modèle du monde, vraiment ?

Sur son index maison, le Personal Superintelligence Index, Muse Wonder Full décroche un score de 59,1, devant Claude Opus 5.5 (55,2) et GPT-6 Astra (54,5). Notez toutefois que Meta n’a pas publié la méthode de calcul de cet indicateur, ce qui invite à la prudence. De fait, la comparaison mise en avant sur le benchmark de code SWE-Marathon n’était pas réalisée dans des conditions contrôlées, et le modèle de Meta y tournait à effort maximal.

Le tableau se nuance par ailleurs dès que l’on regarde ailleurs. Sur l’Artificial Analysis Intelligence Index, une moyenne pondérée de dix évaluations, Claude Opus 5.5 reste en tête avec 58 points, quand Muse Wonder Full plafonne à 56, à égalité avec Claude Sonnet 5.5. La version standard de Muse Wonder, elle, s’arrête à 52. Le « meilleur modèle du monde » tient donc pour le moment davantage de l’argument commercial que du fait établi.

Une disponibilité à deux vitesses, et sans l’Europe

Côté sécurité, Meta assure avoir entraîné ses modèles à ne pas partager d’informations privées sans permission et à résister aux instructions malveillantes. Dommage que, de l’aveu même de l’entreprise, les garde-fous les plus robustes contre les détournements à des fins de cyberattaques soient réservés au modèle payant. Un rapport de sécurité complet est promis prochainement, sans date.

Qui de l’accès aux modèles ? Muse Wonder, dont le nom de code interne est Watermelon, est disponible dès maintenant pour les développeurs via la Meta Model API et l’outil Muse Code. Muse Wonder Full, lui, est réservé aux abonnés de Muse Code. Le grand public devra patienter un peu, Meta indiquant que le modèle alimentera bientôt l’application Muse, d’abord pour les abonnés, sans calendrier pour les utilisateurs gratuits.

Rappelons toutefois que cette application, qui s’est hissée en tête de l’App Store d’Apple après son lancement, reste cantonnée à l’Amérique du Nord, avec des débuts aux États-Unis en septembre 2026 puis au Canada à la mi-septembre. Aucune date n’est annoncée pour l’Europe, et Meta n’est pas un cas isolé, l’agent Gemini Spark de Google excluant lui aussi l’Espace économique européen, la Suisse, le Royaume-Uni et le Nigeria. Seule consolation pour les utilisateurs européens, la possibilité de refuser que leurs publications publiques Facebook et Instagram servent à l’entraînement des modèles.

Côté tarifs, l’accès à Muse Wonder dans l’application passe par un abonnement à 20 ou 100 dollars par mois (environ 18 et 92 €), tandis que Muse Code est facturé 50 ou 200 dollars mensuels (environ 46 et 184 €). Via l’API, Muse Wonder coûte 4 dollars par million de tokens en entrée et 20 dollars en sortie (environ 3,70 et 18,50 €), soit exactement le même tarif que Claude Opus 5.5, quand OpenAI facture GPT-6 Astra 10 et 50 dollars (environ 9,20 et 46 €).

Article rédigé par

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