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Comment proposer officiellement vos idées d’emoji

14 mai 2022
Comment proposer officiellement vos idées d’emoji
©Stas 11/Shutterstock

Une idée d’emoji vous trotte dans la tête ? Voici comment la proposer à l’autorité officielle, l’Unicode Standard, qui s’occupe de les valider chaque année.

Dans les SMS, les messages privés, les posts sur les réseaux sociaux et même dans les mails… Les emojis sont partout. Il en existe à l’heure actuelle 3 633 différents dans l’Unicode Standard, le registre officiel de ces petites icônes visuelles. Cet annuaire garantit que ces emojis sont lisibles à la fois sur iOS, Android, Windows et macOS. Bref, sur quasi l’ensemble des ordinateurs et smartphones et ce, quels que soient le logiciel ou l’application utilisés.

Pour s’adapter à notre temps et pour suivre l’appétence croissante pour ce nouveau type de communication visuelle, l’Unicode Standard s’enrichit chaque année de nouveaux emojis, un peu comme les nouveaux mots qui entrent au dictionnaire. Ainsi, le 14 septembre 2021, quelque 112 nouveaux emojis avaient été ajoutés à la liste officielle. Mais saviez-vous qu’il existe une fenêtre précise de soumission de nouveaux emoticons chaque année ? Et elle est actuellement ouverte. Depuis début avril jusque fin juillet, il est possible de proposer l’emoji de votre choix.

Les bons réflexes avant de créer son emoji

Premier réflexe : s’assurer que son emoji n’existe pas déjà. Pour cela, il suffit de jeter un coup d’œil à tous ceux qui existent, répertoriés sur Emojipedia. Il faut aussi regarder dans la liste Unicode pour voir les emojis en attente et ceux qui ont déjà été refusés. Si un emoji similaire a déjà été écarté, il y a de fortes chances pour qu’une nouvelle proposition connaisse le même sort. Quoi qu’il arrive, avant de pouvoir proposer à nouveau une icône refusée, il faut attendre deux ans entre chaque requête. Ainsi, l’emoticon barbecue a été proposé en 2017, 2018 et 2020 sans jamais connaître de sort heureux jusque-là. Les drapeaux breton et basque, proposés en 2017, ont tous les deux été écartés.

©Vilmos Varga/Shutterstock

Il faut ensuite s’assurer que votre emoji suit les lignes directrices de candidature. Un potentiel d’utilisation suffisant : votre emoji doit être assez populaire de par le monde pour être inclus fréquemment dans des messages. Dans le dossier de candidature, il faut donc en apporter la preuve (nombre de recherches par an dans Google, par exemple). Une forme bien distinctive : il ne faut pas que le dessin soit trop ressemblant avec un emoji proposé ou existant. Par exemple, la proposition d’un emoji « crêpe » a été refusée. Sans doute parce que l’emoji pancake fait déjà l’affaire. Une icône qui s’inscrit dans la durée : oubliez les tendances du moment qui seront oubliées dans six mois ou un an, l’Unicode Standard veut des emojis intemporels. Rien de commercial : le logo d’une marque, le sigle d’un événement, un signe distinctif d’une entreprise… tout cela est interdit par l’Unicode Standard. Un message unique : si la combinaison de deux emojis peut exprimer la même chose que la nouvelle icône que vous proposez, il y a de fortes chances que votre dossier soit écarté. A contrario, il peut être intéressant de signaler que la combinaison de votre emoji avec un autre permet de créer d’autres significations. Il aura d’autant plus de chances d’être utilisé. Un dessin original : visuellement, il faut soumettre votre propre création et non un dessin copié ou même adapté. Une exception : un dessin qui est tombé dans le domaine public (à condition d’en apporter la preuve). Outre la version couleur, il faudra aussi soumettre une version en noir et blanc.

Proposer son emoji officiellement

Il faut se rendre à cette adresse : https://unicode.org/emoji/proposals.html. L’Unicode Standard y précise en détail les conditions et caractéristiques techniques du nouvel emoji soumis (dimensions, poids, etc.) ainsi que les informations nécessaires à fournir dans le dossier pour défendre votre proposition.

La page intègre aussi des liens vers des exemples de candidatures réussies pour se faire une idée de la somme d’infos et des arguments à faire valoir pour espérer que l’opération soit un succès. Une fois toutes les infos et tous les éléments réunis, il ne reste plus qu’à remplir un Google Form et à transmettre les fichiers nécessaires.

©Vilmos Varga/Shutterstock

Mission impossible ? Jay Peters, journaliste américain pour le site The Verge, a détaillé dans un article en 2019 comment il a réussi à faire rentrer l’emoji du petit personnage qui baille dans l’Unicode Standard. De quoi trouver l’inspiration.

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