Quelles sont les meilleures séries de 2026 depuis le début de l’année ? Entre conte horrifique décalé, dramédie mélancolique, explorations des masculinités ou chronique hospitalière sous tension, ce nouveau cru propose de belles surprises. Sélection (non-exhaustive) de nos coups de cœur sériels.
Introduction
À défaut de rivaliser (pour le moment) avec l’excellente cuvée de 2025, l’année séries 2026 révèle d’ores et déjà de jolies pépites. Du retour très attendu de The Pitt aux thrillers sous haute tension, des fictions engagées aux récits intimes, les plateformes misent sur les créations orginales — et cela fait du bien. Voici notre sélection des meilleures séries jusqu’à maintenant.
Widow’s Bay (Apple TV)
Sur une île isolée de Nouvelle-Angleterre réputée maudite, un maire déterminé à relancer le tourisme (Matthew Rhys) voit son plan tourner au cauchemar lorsque d’anciennes légendes ressurgissent.
Entre phénomènes surnaturels, humour noir et secrets bien gardés, Widow’s Bay joue avec les codes du folk horror dans une série aussi étrange que réjouissante. Clins d’œil cinéphiles, personnages perchés et fantaisie horrifique s’entrechoquent au fil de ces dix épisodes, portés par le charisme et le talent de Matthew Rhys (The Americans), irrésistible en maire dépassé par les événements.
The Pitt – saison 2 (HBO Max)
Neuf mois après les événements de la première saison, le Dr Michael « Robby » Robinavitch (Noah Wyle) reprend son service aux urgences du Pittsburgh Trauma Medical Center lors du très mouvementé week-end du 4 juillet. Et cette nouvelle garde va mettre une nouvelle fois les soignant.e.s à rude épreuve, heure après heure.
Rarement une série médicale aura semblé aussi immersive. Logique : elle a été créée par R. Scott Gemmill, ancien scénariste et producteur d’Urgences, et produite par John Wells et co-produite par Noah Wyle, l’inoubliable Dr Carter. Fidèle à son dispositif en temps réel, The Pitt rempile pour une deuxième saison à la fois politique et saisissante, qui encapsule un écosystème à bout de souffle. Une confirmation éclatante après l’Emmy de la meilleure série dramatique engrangé par la saison 1.
L’Affaire Laura Stern (France TV/HBO Max)
Laura Stern (Valérie Bonneton), pharmacienne et mère de famille, consacre son temps libre à aider les femmes victimes de violences conjugales au sein de son association. Lorsqu’elle assiste, impuissante, au meurtre d’une des adhérentes, elle perd foi en la justice et décide de répondre à ce féminicide par la violence, quitte à franchir toutes les lignes rouges.
Bien plus qu’un thriller, L’Affaire Laura Stern est une fiction percutante sur les violences faites aux femmes et les failles de l’institution judiciaire. Sans céder au manichéisme, la série interroge la frontière entre justice et vengeance. Et captive autant par la force de son propos que par la complexité morale de son héroïne (remarquable Valérie Bonneton), jusqu’à un final aussi puissant que dérangeant.
Bait (Coupez !) (Prime Video)
Et si le futur James Bond était d’origine pakistanaise ? Shah Latif (Riz Ahmed) est un acteur londonien en galère qui voit enfin se présenter le rôle de sa vie. Mais, en l’espace de quatre jours, une audition décisive fait basculer son existence dans une spirale aussi absurde que vertigineuse, où se mêlent crise existentielle, complot et chaos familial.
Créée par Riz Ahmed (The Night Of, Sound of Metal), Bait est une mini-série atypique qui navigue entre comédie noire, drame et science-fiction. Dopée par une mise en scène inventive, elle brouille les frontières entre réalité et paranoïa dans un récit aussi drôle que déroutant, tout en déployant un sous-texte politique sur la place des descendant.e.s d’immigré.e.s au Royaume-Uni.
Half Man (HBO Max)
Trente ans après avoir grandi comme des frères sans avoir le moindre lien de sang, Niall (Jamie Bell) et Ruben (Richard Gadd) se retrouvent lors du mariage de Niall. L’irruption de Ruben déclenche un acte de violence qui fait ressurgir leur passé commun.
Après le phénomène Mon petit renne (2024), Richard Gadd livre une nouvelle œuvre aussi dérangeante que bouleversante. Half Man dissèque les mécanismes de la masculinité toxique et la relation destructrice qui s’est construite année après année entre ces deux « faux frères ». Une plongée suffocante au cœur des non-dits et des traumas de l’enfance.
DTF St. Louis (HBO Max)
Dans la banlieue de Saint-Louis, deux amis de longue date (Jason Bateman et David Harbour) voient leur quotidien bouleversé lorsqu’ils découvrent une application de rencontres clandestines destinée aux personnes mariées. Quand l’un d’eux est retrouvé mort, l’enquête dévoile un enchevêtrement de mensonges et de frustrations qui rongent la vie de banlieue américaine.
Sous ses allures de polar, DTF St. Louis est avant tout une étude de la crise de la quarantaine, de la solitude et de la masculinité contemporaine. Entre humour absurde, mélancolie et mystère, cette mini-série signée Steven Conrad (Patriot) déjoue constamment les codes. Servie par un magnifique trio d’acteurs, DTF St. Louis est bien plus qu’une série sur le libertinage : une œuvre sensible, originale et profondément humaine.
Proud (HBO Max)
Filip (Ignacy Liss), jeune mannequin gay insouciant, mène une existence faite de fêtes et de liberté. Mais après une tragédie familiale, il se retrouve brutalement confronté à une responsabilité inattendue : prendre soin d’un enfant.
Récompensée du Grand Prix de la compétition internationale et du prix du meilleur acteur à Séries Mania 2026, Proud évite les clichés du récit d’apprentissage pour proposer en huit épisodes le portrait sensible d’un jeune homme poussé à mûrir malgré lui. Cette série polonaise mêle énergie pop, humour et émotion pour raconter la parentalité, l’identité et la difficulté à abandonner son insouciance. Une chronique intime illuminée par l’interprétation d’Ignacy Liss.
Cape Fear – Les nerfs à vif (Apple TV)
Anna (Amy Adams) et Tom Bowden (Patrick Wilson) semblent former un couple parfait et sans histoire. Mais leur quotidien bascule lorsque Max Cady (Jarvier Bardem), un homme tout juste sorti de prison, refait surface avec une idée fixe : se venger de l’avocat qu’il juge responsable de son incarcération.
Adaptée du roman The Executioners de John D. MacDonald, déjà porté à l’écran en 1962 puis par Martin Scorsese en 1991 avec Robert de Niro, Cape Fear revisite ce grand classique du thriller psychologique sous la forme d’une série. Produite par Martin Scorsese et Steven Spielberg, elle mise sur une tension galopante et un casting de prestige pour explorer les mécanismes de la peur, de la culpabilité et de l’obsession. Toxique à souhait, à l’image de Javier Bardem, impeccable en psychopathe charismatique.