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Boris Bergmann, Minautore : de quoi parle le livre sélectionné pour le prix Goncourt 2026 ?

15 octobre 2026

Par Lisa Muratore

Illustration
“Minautore”, de Boris Bergmann. ©Albin Michel

Dans Minautore, Boris Bergmann déploie un style d’écriture aussi direct que poétique pour parler du refus de filiation. L’auteur fait encore partie des finalistes pour le prix Goncourt 2026.

Introduction

Sélectionné pour le prix Goncourt, le Renaudot, le Médicis ou encore le prix Castel, Minautore (Albin Michel) de Boris Bergmann fait, cette année, office de favori. En racontant dans un livre autobiographique sa quête paternelle l’auteur déploie un livre épatant à cheval entre l’autofiction et le mythe grec. En utilisant la légende du minautore, l’écrivain de 34 ans s’empare de son histoire personnelle, celle d’un père qui l’a toujours renié. L’auteur se lance ainsi à la poursuite de cet inconnu qui après une passion adultérine avec sa mère n’a jamais voulu reconnaitre son enfant.

Aujourd’hui, Boris Bergmann s’empare de cette histoire, son histoire. D’abord épargné par cette absence, l’auteur à partir de 22 ans va commencer à monter un dossier, à questionner sa mère, et à enquêter sur cet homme qu’il n’a jamais connu. Viendront alors un nom, une adresse, une confrontation dans un cabinet de psychiatre et des retrouvailles.

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Un récit autobiographique en miroir

Dans ce livre, présent dans la sélection prix Goncourt des lycéens organisé par la Fnac et le Ministère de l’Éducation Nationale, Boris Bergmann réussit subtilement à laisser de « côté l’amer dans cette autobiographie qui déborde d’amour, à l’écriture nerveuse, exaltée, parfaitement maîtrisée et dont l’enjeu ne repose pas entièrement sur la résolution d’un questionnaire intime » comme en témoigne la critique de France Info.

Après la fiction avec Nage libre (Calmann-Levy) et Les corps insurgés (Calmann-Levy), l’auteur français bascule dans le réel à travers une écriture directe, intime et sans fard. Il y raconte d’abord sa jeunesse aux côtés de sa mère, mais dresse aussi un portrait en miroir en prenant comme reflet celui du Minautore coincé dans son labyrinthe, métaphore de l’auteur lui-même enfermé dans sa cellule psychologique.

Avec ce nouveau roman, Boris Bergmann étudie ainsi le refus de filiation dans un texte brut et poétique. Il interroge également le pouvoir de l’écriture comme méthode cathartique.

Reste à savoir si cet exercice d’écriture sera distingué dans les prochaines semaines à l’occasion de la remise des prix littéraires. En lice pour diverses récompenses le verdict sera connu dès le début du mois de novembre, avec le premier prix remis, le Médicis, le 2 novembre 2026.

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