Entretien

Sauver des chefs-d’œuvre face aux nazis : Kad Merad et Marie Gillain racontent « Les Héros du Louvre »

08 septembre 2026

Par Catherine Rochon

Illustration
©Paradis Films

Protéger les trésors du Louvre face à l’avancée nazie : c’est l’histoire vraie du grand-père d’Élie Chouraqui, portée à l’écran dans « Les Héros du Louvre ». À l’occasion de la sortie du film ce 9 septembre 2026, Kad Merad et Marie Gillain reviennent sur la responsabilité d’incarner ces héros de l’ombre.

Introduction

Babi Maklouf Benhamou (Kad Merad) exerce le métier de ses rêves. Amoureux des arts, il passe ses journées parmi les plus grands chefs-d’œuvre du monde. Car Babi est gardien au musée du Louvre. Alors que la Seconde Guerre mondiale menace en 1939, il va être chargé, avec d’autres gardiens et agents du musée, de l’évacuation de plusieurs milliers d’œuvres. Accompagné de sa femme (Marie Gillain) et de leurs enfants, il va tout faire pour mettre à l’abri des trésors comme la Joconde ou encore la Victoire de Samothrace.

C’est cet exploit méconnu que met en lumière Les Héros du Louvre, le nouveau film d’Élie Chouraqui. Une histoire directement inspirée du propre grand-père du réalisateur, dont il avait déjà tiré une bande dessinée.

Kad Merad et Marie Gillain reviennent sur la responsabilité d’incarner ces figures de l’ombre, sur la force de la culture comme ultime rempart et ce besoin de se raccrocher à de vraies valeurs humanistes.

N’était-ce pas un peu intimidant d’incarner des personnages si proches du réalisateur et si réels ?

Kad Merad : Disons que ce qui était très émouvant, c’était de jouer le grand-père d’Élie Chouraqui devant lui. Ce qui met la pression, c’est d’incarner ces héros de l’ombre qui ont sauvé ces œuvres d’art et de rendre justice à ces magnifiques histoires qu’on a envie de raconter aux enfants.

Marie Gillain : C’est un peu comme lorsqu’on vous confie un bijou de famille à valeur sentimentale : il faut en prendre soin. On essaie de s’appliquer à rendre hommage à ces héros ordinaires avec le plus de sincérité possible.

Marie, le rôle des femmes pendant la Résistance et l’exode de 1940 est souvent méconnu. En quoi votre personnage met-il en valeur le courage de ces héroïnes du quotidien ?

Marie Gillain : Ce n’est pas seulement mon personnage, mais tous les personnages féminins et la famille entière dans le film. De la figure de la matriarche aux deux jeunes filles qui font preuve de courage, d’abnégation et prennent des risques considérables, ces femmes incarnent la liberté de penser et la détermination.Héros-du-louvre

Quelle résonance la thématique de la protection du patrimoine et de la culture en temps de guerre a-t-elle eue pour vous ?

Kad Merad : On ne doit pas menacer la culture, la mettre en cause ou la sacrifier. Heureusement qu’il y a eu des gens comme cette famille pour sauver ces œuvres — sans eux, il n’y aurait pas autant de monde au Louvre aujourd’hui.

Marie Gillain : Il faut garder en tête que l’Art est l’une des dernières grandes formes de résistance.

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Kad, le personnage de Babi est un héros français régulièrement ramené à ses origines de juif algérien. Est-ce que cela résonne avec votre propre vécu ?

Kad Merad : Bien sûr. Je suis né en Algérie et j’ai grandi dans une double culture algérienne et française. On nous renvoie cela en permanence. Mais il faut en faire une force en prouvant qu’on est bien plus qu’une origine ou un physique : on est des êtres humains.

Bande-annonce des Héros du Louvre

Les héros du Louvre, Moulin, Notre salut, La Bataille de Gaulle… On compte de nombreuses sorties de films sur la Seconde Guerre mondiale cette année. Pourquoi notre époque a-t-elle ce besoin de se tourner vers des figures de cette période, qu’il s’agisse de grands noms de l’Histoire ou de héros de l’ombre ?

Kad Merad : On a peut-être besoin de se raccrocher à de vrais héros et à des valeurs plus simples dans un monde où l’on prend moins le temps de se regarder et de s’entendre.

Marie Gillain : Ce sont des héros de l’invisible. On a besoin de retrouver du sens et de se rappeler ce qu’est un peuple soudé — le courage, le sens de la patrie sans le côté péjoratif du terme, et la solidarité.

En parlant de patrie et de solidarité, à l’orée de l’élection présidentielle 2027, comment vous appréhendez la séquence politique qui s’annonce ?

Marie Gillain : Je pense que le public a besoin aujourd’hui de retrouver le sens de l’héroïsme. Mais l’héroïsme, le vrai, l’authentique, le profond, n’est pas un héroïsme en carton pâte, juste pour un effet d’annonce. L’humanisme existe encore et on a besoin de s’en rappeler.

Les Héros du Louvre

Un film d’Elie Chouraqui 

Avec Kad Merad, Marie Gillain, Julia de Nunez…

Au cinéma le 9 septembre 2026

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