Ce 16 juillet, la nouvelle série de Netflix ravira les fans de l’acteur américain qui incarne ici une ancienne gloire du golf tentant de revenir au haut niveau et de renouer les liens avec sa famille. Les autres, malgré l’humour trash, suivront les épisodes sans déplaisir.
Introduction
Il fait partie de ces acteurs qui ont leurs fans inconditionnels. Affichant une filmographie riche en longs-métrages cultes, comme Les rois du patin (2007) de Josh Gordon et Will Speck, et Frangins malgré eux (2008) d’Adam McKay, Will Ferrell a acquis au fil des années une notoriété auprès d’un public amateur de comédies US qui assument leur humour régressif et trash. Le comédien américain, qui s’est aussi illustré dans des films plus grand public, comme Ma sorcière bien-aimée (2005) de Nora Ephron ou Barbie (2023) de Greta Gerwig, est de retour dans une nouvelle série, proposée sur Netflix à partir de ce 16 juillet (jour où il fête ses 59 ans), et intitulée The Hawk.
Un champion qui a encore la gagne
Créée par ce dernier, Harper Steele et Chris Henchy, The Hawk, composée de dix épisodes d’environ 25 minutes chacun, a pour héros Lonnie Hawkins, qui se surnomme « The Hawk » (le faucon en français). Interprété par Will Ferrell, Lonnie est une ancienne gloire du golf – « le plus grand golfeur du monde ! », chante le générique – qui ne s’est jamais remis d’un échec lors d’une compétition majeure.
Lonnie vit aujourd’hui dans son bus, installé sur le parking d’un magasin Walmart. Obsédé par son sport et surtout par lui-même, il a tout raté dans sa vie personnelle. Il est séparé depuis des années de sa femme, Stacy, qui le méprise et lui demande de signer, une bonne fois pour toutes, les papiers du divorce.

Les relations sont aussi très tendues avec leur fils, Lance, joueur de golf professionnel et véritable star dans son domaine, dont il ignore quasiment tout. Malgré sa situation, Lonnie refuse de se dire qu’il est fini. L’idée de se mesurer à son fils sur le terrain le motive à revenir plus fort que jamais, tout comme le fait qu’on ne cesse de lui répéter qu’il devrait mettre un terme à sa carrière.
Alors, Lonnie se lance, accompagné de Sam, une femme qui vit également sur le parking de Walmart et qui accepte d’endosser le rôle de caddie (l’assistant du joueur) à ses côtés. Et, contre toute attente, il prouve qu’il peut encore être un vrai champion, ce qui ne manque pas de déstabiliser Lance.
Une série qui a peur de l’émotion
Will Ferrell et ses cocréateurs reprennent des thématiques universelles et maintes fois traitées au cinéma et dans les séries – celles du come-back, de la rédemption, et des liens familiaux – et les mêlent à l’humour régressif et trash dans lequel le comédien excelle. Mais la mayonnaise prend-elle pour autant ? Disons que tout est question de sensibilité.
Les fans d’un film comme Frangins malgré eux y trouveront leur compte : Will Ferrell fait un véritable show, nourri d’un langage outrancier et d’effets comiques cherchant en permanence la surenchère. Les autres resteront de marbre face à ce qui leur apparaîtra comme un déluge de vulgarité, qui fatigue vite et ne fait (presque) jamais rire.

Au-delà de cette question de sensibilité, il est difficile de s’attacher aux personnages principaux. Lonnie est, la plupart du temps, assez insupportable. Lance est loin d’être le jeune homme parfait qu’il fait mine d’être, et il n’hésite pas à manipuler son père. On perçoit toutefois la volonté des auteurs de nous montrer que ces derniers ont des failles et qu’ils peuvent être, malgré tout, attendrissants.
Mais rien n’y fait : on peine à s’attacher. Seules Stacy et Sam suscitent l’empathie. Et quand The Hawk, dont le sujet principal est finalement la relation entre un père et son fils essayant de se dire qu’ils s’aiment malgré les rancœurs, veut s’aventurer du côté de l’émotion, elle se montre assez frileuse.

Les rares séquences aspirant à être touchantes peuvent être teintées d’une forme de parodie, faire douter de leur sincérité ou, tout simplement, ne pas atteindre leur but. L’émotion n’est pas autorisée à advenir pleinement. Et c’est dommage. Reste que The Hawk se regarde sans déplaisir. Le récit est bien mené, rythmé, même s’il s’égare dans des intrigues dispensables, et verse parfois dans une dimension « sketch » un peu facile. La série est réalisée de manière efficace, et, au passage, permet de s’immerger dans l’univers du golf et de la compétition. Pas besoin, d’ailleurs, d’être un spécialiste pour saisir les enjeux.
Un excellent casting
Dans The Hawk, Will Ferrell s’est entouré de comédiennes et comédiens peu connus par chez nous : Jimmy Tatro, Molly Shannon et Fortune Feimster, qui incarnent respectivement Lance, Stacy et Sam. Au casting, on compte également Luke Wilson, dont le visage nous est davantage familier, car on a pu le voir dans La famille Tenenbaum (2002) de Wes Anderson ou, plus récemment, dans Horizon : une saga américaine (2024) de Kevin Costner.

Dans la série, il est « Golden Fisk », l’ennemi juré de Lonnie. Jimmy Tatro, Molly Shannon, Fortune Feimster et Luke Wilson sont tous excellents, même si, eux aussi, s’inscrivant dans la tonalité de la série, ne lésinent pas sur la surenchère. En bref, The Hawk ravira les fans de Will Ferrell et parvient à ne pas mettre totalement à distance celles et ceux qui pourraient être allergiques à son humour. Elle fait passer un bon moment, mais son ambition aurait pu être plus grande.