Des artistes de renoms aux talents émergents de la scène photographique, L’Éclaireur a sélectionné plusieurs expositions à découvrir à Paris durant l’été.
1 Simone Veil – Mes sœurs et moi, au Mémorial de la Shoah
Loin des représentations figées de la femme d’État, l’exposition photographique Simone Veil – Mes sœurs et moi nous plonge dans l’intimité de la famille Jacob et Vernay. Imaginé par David Teboul, ce rendez-vous photographique retrace l’histoire de cette sororité séparée par l’Occupation, les camps et la guerre, après une enfance heureuse sur la Côte d’Azur.
Portée par les voix de Marina Foïs, Dominique Reymond et Isabelle Huppert, l’exposition Simone Veil – Mes sœurs et moi s’appuie sur des archives personnelles, des correspondances, ainsi que des journaux intimes. Surtout, elle donne à voir une nouvelle facette de la ministre de la Santé et ancienne députée européenne.
Simone Veil – Mes sœurs et moi, du 10 février au 15 octobre 2026, au Mémorial de la Shoah, à Paris.
2 Robert Capa – Photographe de guerre, au musée de la Libération de Paris
Le musée de la Libération, à Paris, propose jusqu’au 20 décembre 2026 de revenir sur l’œuvre de Robert Capa et plus spécialement sur son travail en tant que photographe de guerre. Pionnier du photojournalisme, Robert Capa a durablement marqué l’histoire de la photographie. Dans cette optique, l’exposition a choisi 60 tirages issus de la presse de l’époque afin de les recontextualiser. Accompagnée d’objets, de documents personnels et d’ouvrages, Robert Capa – Photographie de guerre retrace le parcours de ce jeune photographe hongrois devenu une icône de la photographie moderne.
Robert Capa – Photographe de guerre, du 18 février au 20 décembre 2026, au musée de la Libération de Paris.
3 Gianni Versace, au musée Maillol
Le musée Maillol célèbre l’exubérance de Gianni Versace à travers la première grande rétrospective française consacrée au couturier depuis 1986. Près de 450 pièces retracent l’ascension du créateur italien, de l’atelier familial calabrais aux podiums internationaux.
Dans une scénographie pop conçue par Nathalie Crinière, le parcours restitue une mode faite de sensualité, de couleurs et d’opulence. Les références à la Grèce antique, à l’iconographie catholique, à l’opéra italien et au baroque éclairent un vocabulaire visuel immédiatement reconnaissable, avec lequel Versace a contribué à redéfinir le glamour des années 1980 et 1990.
Gianni Versace Retrospective, à partir du 5 juin 2026, au musée Maillol, à Paris.
4 Fragile Beauté et Madeleine de Sinéty, au Jeu de paume
Le musée dévoile plus de 300 tirages réunis par Elton John et David Furnish au fil de trois décennies. Désir, célébrité, mode, reportage et affirmation de soi structurent un parcours où se côtoient Nan Goldin, Diane Arbus, Robert Mapplethorpe, Irving Penn, Richard Avedon ou encore Ai Weiwei.
Présentée simultanément, la première rétrospective parisienne de Madeleine de Sinéty remet en lumière une œuvre longtemps restée confidentielle. La photographe a documenté Paris et New York, mais aussi la vie rurale en Bretagne et le quotidien d’habitants du Maine, aux États-Unis. Ses images, accompagnées d’extraits de journaux intimes, composent une traversée des lieux, des liens humains et des souvenirs accumulés.
Fragile Beauté. Photographies de la collection de Sir Elton John et David Furnish, et Madeleine de Sinéty. Une vie, du 12 juin au 27 septembre 2026, au Jeu de paume, à Paris.
5 Daido Moriyama – Lettres d’amour à la photographie, à la Fondation Henri Cartier-Bresson
La Fondation explore la relation obsessionnelle entre Moriyama et la photographie à travers ses images, ses livres et ses textes, conçus depuis les années 1960 comme autant de déclarations adressées à cet art.
Plutôt qu’une rétrospective chronologique, l’exposition suit les expérimentations de l’artiste, qui n’a cessé de bousculer les conventions. Son livre Adieu photographie, publié en 1972, déconstruisait déjà les critères techniques de la « bonne » image. Images de rue, mises en abyme et hommages à Nicéphore Niépce révèlent une œuvre directe, granuleuse et mouvante.
Daido Moriyama – Lettres d’amour à la photographie, du 20 mai au 4 octobre 2026, à la Fondation Henri Cartier-Bresson, à Paris.
6 L’espace entre nous, au BAL
Un portrait ne repose jamais uniquement sur la personne placée devant l’objectif : il naît aussi de la distance, de la confiance ou de la confrontation. À l’occasion du bicentenaire de la naissance de la photographie, le BAL consacre pour la première fois une exposition à une collection privée, celle constituée par Michael et Jane Wilson.
Réunissant 120 tirages, pour la plupart d’époque, L’espace entre nous examine ce face-à-face, de la photographie prise sur le vif à la pose minutieusement construite. Dorothea Lange, August Sander, Francesca Woodman, Robert Mapplethorpe, Susan Meiselas, Daido Moriyama ou Rineke Dijkstra jalonnent un parcours couvrant près d’un siècle.
L’espace entre nous. Dans la collection du Wilson Centre for Photography, du 19 juin 2026 au 3 janvier 2027, au BAL, à Paris.