Endommagée avant son inauguration, l’installation monumentale de l’artiste a finalement révélé son parcours intérieur. La presse salue surtout son expérience sensorielle, malgré quelques nuances sur son apparence extérieure.
Introduction
Jusqu’alors observée de l’extérieur et commentée avant même d’être traversée, La caverne du Pont-Neuf a finalement ouvert au public le 15 juin. Imaginée par JR en hommage au Pont-Neuf empaqueté par Christo et Jeanne-Claude en 1985, cette œuvre monumentale transforme le plus ancien pont de Paris en grotte artificielle, accessible gratuitement, jour et nuit, jusqu’au 28 juin.
Visible depuis la fin mai, l’installation devait d’abord accueillir le public le 6 juin. Mais de fortes rafales de vent, accompagnées d’averses, ont provoqué plusieurs déchirures dans l’enveloppe gonflable. Une partie de la toile a dû être démontée, recousue et renforcée.
Que saluent les premiers avis ?
Les retours les plus favorables insistent sur l’expérience intérieure. Le Monde écrit qu’il « happe immédiatement vers un ailleurs », décrivant des parois rocheuses composées de photographies prises dans des grottes en France, en Italie et en Grèce. À cette illusion visuelle s’ajoutent une création sonore de Thomas Bangalter, ancien membre de Daft Punk, des odeurs inspirées de la terre humide et quelques effets de réalité augmentée.
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Franceinfo relève également le « travail impressionnant réalisé sur la toile ». L’absence de structures visibles renforcerait, selon le média, l’impression de marcher dans une véritable cavité, malgré les pavés du Pont-Neuf encore perceptibles sous les pas. Un visiteur interrogé résume : « Le travail d’impression du trompe-l’œil à 360 degrés est incroyable. Une sacrée expérience, très immersive. »
Beaux Arts parle de son côté d’une « véritable expérience immersive », où « tous nos sens s’éveillent petit à petit ». Le média souligne le rôle de l’univers sonore et olfactif, qui prolonge l’illusion minérale.
L’hommage à Christo est-il convaincant ?
Plusieurs critiques replacent aussi la Caverne dans l’histoire artistique du Pont-Neuf. Pour Télérama, JR prolonge la longue série de métamorphoses du monument, des peintres aux cinéastes jusqu’aux interventions contemporaines. Le média rappelle que la transformation par Christo et Jeanne-Claude en 1985, puis par Kenzo en 1994.

Dans Le Monde, Vladimir Yavachev, neveu de Christo, voit dans cette œuvre une filiation directe avec l’esprit du couple d’artistes. Il décrit JR comme « le seul artiste (…) qui conçoit ses projets à une telle échelle dans l’espace public à la manière de Christo ».
Quelles sont les réserves ?
Les nuances portent surtout sur l’apparence extérieure et certains effets numériques. Le Monde rapporte ainsi les propos de deux visiteuses séduites par le « joli travail des motifs intérieurs » mais plus réservées sur l’enveloppe, qui « peut un peu faire penser à une bâche publicitaire ». « C’est clairement plus joli à l’intérieur qu’à l’extérieur », cite un autre visiteur dans Franceinfo.
Libération se montre plus sceptique. Le journal cite deux jeunes femmes qui lâchent : « On s’attendait à un truc plus impressionnant. » Le quotidien pointe notamment une promesse immersive parfois réduite à un filtre Snapchat, via les QR codes placés dans le parcours.Beaux Arts partage partiellement cette réserve, qualifiant l’expérience de réalité augmentée « moins convaincante ».